Abstract Collected Works

Les abstracts des collected works

0. Les abstracts

Les abstracts sont les résumés, chapitre par chapitre, des dix huit volumes des Collected works, publiés en 1978 par le National institut of mental health. Ils ont été écrits par des rédacteurs professionnels, et revus par un analyste jungien. Distribués gratuitement sous forme ronéotée, ils furent ensuite édités par Karnac en 1992.

Nous avons voulu en faire un véritable outil de travail en français : quatorze des dix-huit volumes ont été traduits. Les autres sont en cours de traduction.

De plus, nous avons ajouté à la version anglaise les dates, les numéros de paragraphes et les correspondances avec les traductions françaises, grace au Catalogue des écrits de Carl Gustav Jung, établi par Juliette Vieljeux. se procurer ce livre

01. Études psychiatriques

Volume 1

01-001- Psychologie et la pathologie des phénomènes dits occultes : 1 – Introduction (1902)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 3-17), (§1-35) ) & Jung, L’ENERGETIQUE PSYCHIQUE, Georg, Genève 1973, (p.118-134).
Sur la psychologie et la pathologie des phénomènes dits occultes :1 Introduction. In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 3-17).

Discussions à propos de certains états d’infériorité psychopathologiques et d’états de conscience altérés -supposés jadis relever de phénomènes occultes- en vue d’une classification et pour résoudre des divergences antérieures entre les autorités scientifiques. Il s’agit de cas de narcolepsie, de léthargie, d’automatisme ambulatoire, d’amnésie périodique, de somnambulisme, de mythomanie, qui sont parfois attribués à l’épilepsie, l’hystérie ou la neurasthénie, parfois considérés comme des maladies en elles-mêmes. On pointe la difficulté extrême à définir ces états et un cas de somnambulisme est présenté pour illustrer le problème de la classification. Une femme célibataire de 4O ans, comptable dans une grande entreprise, a été particulièrement nerveuse pendant un certain temps et s’est mise en congé. Tandis qu’elle se promenait dans un cimetière, elle s’est mise à arracher les fleurs et rayer les tombes sans en garder de souvenir. En asile à Zurich, elle dit avoir vu des morts dans sa chambre et dans son lit et avoir entendu des voix qui venaient du cimetière. On conclut que la patiente souffrait d’une infériorité psychopathologique à tendance hystérique. Lors de son état de fatigue nerveuse, elle avait des périodes de stupeur épileptoïde. Suite à une absorption massive et inhabituelle d’alcool, ses attaques se sont transformées en somnambulisme avec hallucinations liées à des perceptions fortuites et extérieures comme cela se produit dans un rêve. Lorsqu’elle guérit de sa nervosité, les symptômes hystériques disparurent. D’autres cas de somnambulisme et les résultats d’autres recherches sont brièvement rapportés. (17 références).

01-002- Sur la psychologie et la pathologie des phénomènes dits occultes : 2 Un cas de somnambulisme chez une femme d’hérédité chargée (médium spirite)

Anamnèse. Etats somnambuliques. Rapports des séances. (1902) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970. 260 p. (p. 17-30), (§36-53), & Jung, LA VIE SYMBOLIQUE, Albin Michel Paris 1989, (p. 135-150 )

Compte-rendus détaillés d’un cas de somnambulisme chez une jeune fille de 15 ans, présentant des pouvoirs de médium spirite et dont la famille avait présenté des symptômes d’excentricité et des désordres de la personnalité. Les membres de la famille rapportent des hallucinations, un comportement excentrique et bizarre, des inconséquences de la personnalité, des états persistants de transes, divers comportements névrotiques et psychopathologiques. La propre attitude de la jeune fille était réservée bien qu’elle fut sujette à des variations d’humeur subites. D’intelligence moyenne son éducation avait été déficiente. Sa mère était une éducatrice tyrannique et inconséquente et son père était mort au début de l’adolescence du sujet. Lorsqu’elle s’amusa à des séances de table tournante, ses capacités de médium se révélèrent et progressèrent rapidement de façon spectaculaire : elle finit par communiquer avec des proches et des relations décédées et imitait des personnes qu’elles ne connaissait que par ouïe-dire. Peu à peu elle joignit le geste à la parole et réussit finalement à jouer de véritables scènes, exprimer toute une gamme d’émotions et parler couramment l’allemand littéraire alors qu’en état de veille elle ne connaissait que le dialecte de son village. Au début, les transes étaient spontanées et commençaient comme des attaques de somnambulisme qu’elle pouvait prévoir ; plus tard, elle les programmait volontairement. Au cours de son réveil progressif, un état extatique était en général suivi de catalepsie accompagnée de « flexibilitas cerea ».Le sujet présentait, en même temps ou à tour de rôle, deux personnalités différentes qui se disputaient la prérogative. Des extraits significatifs de dialogues en cours de séances sont présentés où apparaissent des phénomènes psychiques et occultes variés (automatismes, voyances, prémonitions, pressentiments et description de visions). Certains de ces phénomènes se manifestent sous forme d’écriture automatique d’autres par les voix de diverses personnes appartenant pour la plupart à des parents décédés du sujet, plus particulièrement son grand-père. (Une référence).

01-003- Sur la psychologie et la pathologie des phénomènes dits occultes :2. Un cas de somnambulisme chez une jeune fille à l’hérédité déficiente (médium spirite). Développement de la personalité somnambuliques. Histoires imaginaires. Science mystique.

(1902) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 30-43), (§54-72), & Jung, L’ENERGETIQUE PSYCHIQUE, Georg, Genève 1973, (p.151-166).In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 30-43).

Discussion détaillée de phénomènes survenus lors d’épisodes de somnambulisme chez une jeune fille de 15 ans. Les noms d’inconnus ou parfois de notables connus décédés étaient rapportés à la demande des spirites qui assistaient aux séances du sujet. L’esprit en chef était le grand-père mais contrairement au caractère du vrai grand-père, il citait des maximes bibliques, faisait des observations édifiantes et chantait des vers sans doute de sa composition. Puis une autre personnalité, frivole et superficielle, s’exprima avec un accent différent, et lorsqu’elle commença à dominer la séance, le sérieux de la réunion ne put être maintenu et les séances furent suspendues un certain temps. Toutes ces personnalités entraient dans la mémoire du médium, y compris celle de son inconscient. Au cours de ces transes, le conscient du sujet faisait preuve d’une imagination extraordinairement riche. Elle oubliait quasi complètement les phénomènes automatiques survenus lors de ses transes, mais se souvenait parfaitement des phénomènes en relation avec le moi, comme par exemple la glossolalie. Après chaque transe, elle souffrait d’une amnésie qui, peu à peu, laissait place à des souvenirs fragmentaires. Lors de séances ultérieures, le sujet décrivit quelques unes de ses expériences dans le monde des esprits où elle portait un nom particulier, Ivenes. Comme telle, elle comprenait et parlait leur langage. Elle décrivait les demeures des étoiles, le système de canalisations de Mars et ses habitants. Ivenes qui, contrairement à d’autres personnalités, parlait comme quelqu’un d’adulte et de sérieux, contrôlait directement l’état semi-somnambulique du sujet. Elle racontait quelques unes de ses nombreuses incarnations au cours des siècles et ses aventures romanesques. Plus tard, le sujet dessina un système mystique complet du cosmos, transmis par les esprits. C’est alors que les séances intéressantes et significatives prirent fin. Après que Jung eut cessé d’assister aux séances, le sujet fut surprise en train de tricher. Elle cessa sa participation et prit un travail qui sembla lui réussir. Son caractère s’améliora, elle devint plus calme, plus régulière, plus agréable et ne présenta plus d’anomalies. (2 références).

01-004- Sur la psychologie et la pathologie des phénomènes dits occultes :3. Discussion du cas. L’état de veille. Semi-somnambulisme. Automatismes.

(1902) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970. 260 p. (p. 44-61), (§73-106), & Jung, L’ENERGETIQUE PSYCHIQUE, Georg, Genève 1973, (p. 167 -186). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 44-61).

Différents aspects de somnambulisme sont abordés à travers le cas d’une jeune fille de 15 ans. Elle était distraite, soumise à des variations d’humeur, d’intelligence moyenne mais d’esprit relativement borné. Bonne mémoire mais alliée à de l’inattention. Ses fréquentes erreurs de lecture trahissaient une distraction hystérique et elle présentait un état rêveur pathologique survenant spontanément et généralement considéré comme hystérique. Dans son cas, ses erreurs de lectures, psychologiquement typiques du mécanisme des rêves somnambuliques, étaient un symptôme précurseur de ce qui allait suivre. Pendant un certain temps, avant et après ses crises de somnambulisme elle était préoccupée. Dans ses états de semi-somnambulisme, elle était digne et sérieuse, ce qui contrastait avec sa personnalité ordinaire. Elle donnait l’impression de jouer avec un talent réel le rôle d’une femme mûre. Sa conversation comportait indifféremment des réponses à des questions objectives ou hallucinées. Des phénomènes de tables tournantes, d’écriture automatique et autres automatismes étaient observés. Le mouvement des tables apparaissait dans sa forme la plus évidente lors de l’état de veille qui se transformait en général en semi-somnambulisme annoncé par des hallucinations. L’écriture automatique &endash; autre phénomène survenant sous hypnose partielle &endash, répond à un stimulus adressé au conscient lorsqu’il est capable de réaction ou à l’inconscient lorsque la réaction fait défaut. Au cours de la 2ème séance, la coïncidence entre la perte de conscience et une brusque interruption du grand-père défunt a semblé causer une rapide aggravation de l’hypnose favorisant les hallucinations.. Une toute nouvelle personnalité apparut: le grand-père de Jung. Il s’agissait sans doute de la dissociation d’une personnalité déjà existante pour servir de support expressif le plus immédiatement disponible. (32 références) .

01-005- Sur la psychologie et la pathologie des phénomènes dits occultes :3. Discussion du cas. Changement de caractère. Nature des crises de somnambulisme. Origine des personnalités inconscientes

(1902) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 61-78), (§107-133), & Jung, L’ENERGETIQUE PSYCHIQUE, Georg, Genève 1973, (p.187 -206). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 61-78).

Discussion sur l’alternance de personnalités dans le somnambulisme à propos du cas d’une jeune fille. Les écrits à propos de différents cas rapportent que chaque étape est en général séparée de la première par une perte de mémoire avec rupture de l’état de conscience et modification du caractère. Or, pas de problème de mémoire dans le cas présent. La transition était graduelle avec persistance de l’état de conscience. Compte tenu de l’âge du sujet, on suppose un lien entre ses troubles et les modifications physiologiques du caractère lors de la puberté: hypothèse qui semble se confirmer en examinant sa seconde personnalité, Ivenes. Celle-ci prolongeait le moi du sujet et faisait partie intégrante de tout son conscient: le calme d’Ivenes, sa réserve et sa modestie, son intelligence et sa confiance en soi plus stables représentaient un progrès dans le caractère du sujet. Mais Ivenes donnait l’impression d’être artificielle et rappelait le prototype de la « Clairvoyance de Prevost » ; elle était celle que le sujet souhaitait être dans 20 ans: une dame sûre d’elle, influente, sage, aimable et pieuse. Ce cas se distinguait des autres cas de rêveurs pathologiques en ce qu’il n’était pas prouvé que ses rêveries faisaient l’objet de ses préoccupations diurnes. Ses « aventures sentimentales » prouvaient l’origine subjective de ses rêveries: c’était des histoires d’amour plus ou moins officielles avec naissances illégitimes et autres allusions sexuelles tendancieuses. Autre caractéristique de la puberté: la prétendue réincarnation du sujet qui aurait été une ancêtre féconde. L’origine majeure de ce tableau clinique tenait à une sexualité bourgeonnante, un rêve d’accomplissement sexuel. Lors de la 2ème séance, le sujet a eu un malaise dont elle est sortie avec le souvenir d’hallucinations, mais elle a prétendu qu’elle n’avait pas perdu connaissance. Etiologiquement, on devrait tenir compte de deux éléments: l’influence de l’hypnose et l’excitation psychique. Les absences hystériques se caractérisent par des troubles superficiels, pas assez profonds pour attaquer la solidité du noeud du complexe moi: il y a, toujours soigneusement protégé, un lien quelque part. Les diverses personnalités du sujet gravitaient autour de son grand-père et d’Ulrich von Gerbenstein. (44 références).

01-006- Sur la psychologie et la pathologie des phénomènes dits occultes :3. Discussion du cas. Causes du désordre. Activité en état de profonde inconscience. Conclusion

(1902) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 78-88), (§134-150), & Jung, L’ENERGETIQUE PSYCHIQUE, Georg, Genève 1973, (p. 206-218). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 78-88).

Présentation d’un cas de somnambulisme chez une jeune fille et discussion sur l’évolution exceptionnelle du trouble. Le cas, dans son ensemble, débuta et atteint son apogée en 4 à 8 semaines, puis s’estompa. Les caractéristiques des crises, bien différenciées au début, se confondirent. Les crises, moins aiguës, se raréfièrent de même que la divagation somnambulique. Suite à ces épisodes, le caractère du sujet devint plus aimable et plus stable rappelant d’autres cas où le second caractère du malade remplaçait le premier. Les symptômes de somnambulisme sont particulièrement banals à la puberté, d’autres cas bien connus sont cités. L’activité en état de profonde inconscience est considérée comme ces processus automatiques dont le bénéfice de l’activité est inutilisable par l’individu. Elle comprend la lecture via les tables tournantes ou la cryptomnésie (émergence d’un souvenir qui n’est pas reconnu comme tel par le conscient). Le souvenir cryptomnésique peut devenir conscient selon trois voies: a) sans le recours aux sens et comme une idée dont l’origine est cachée; b) par l’intermédiaire des sens, comme dans les hallucinations; c) par un mécanisme automatique. Dans ce cas, le système mystique inventé par le sujet peut être considéré comme une performance hautement inconsciente et transcendant son intelligence normale. (17 références).

01-007- Erreurs de lecture en hystérie

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 89-92), (§151-165). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 89-92).

En réponse à un récent article, réitération des théories admises sur les erreurs de lecture hystériques et confirmation par l’interprétation d’un cas clinique. Un patient faisait souvent des erreurs de ce type à l’école en substituant un mot du dialecte suisse au mot du texte. Etant donné qu’ils étaient synonymes, ce qui prouvait que le sens était compris, il n’y avait aucune raison pour qu’une personne normale ne reproduise correctement le mot et ce genre d’erreur était considéré comme révélateur d’hystérie. Le sujet lisait de façon automatique, ce qui minimisait l’implication d’un processus psychique. Dans le cas présent, comme dans tous les cas d’erreurs hystériques, le lien formel était rompu mais le sens était maintenu. Ce qui pourrait s’expliquer par une dissociation de la conscience: au complexe moi qui suit ses propres pensées, s’ajoute et fonctionne un autre complexe conscient. Le complexe moi du sujet est distrait de la lecture par d’autres pensées, mais l’acte- même de lire continue automatiquement et forme son propre petit complexe conscient qui, lui aussi, comprend correctement mais reproduit sous une autre forme. Le mal-lire hystérique est significatif en ce qu’il démontre la dissociation, propre à l’hystérie, entre les fonctions psychiques et le complexe moi; il prouve également la tendance affirmée des contenus psychiques à l’autonomie.

01-008 La cryptomnésie

(1905) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 85-106), (§166-186). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 85-106).

Discussion théorique sur la cryptomnésie (mémoire occulte) et la mémoire directe et indirecte; ces dernières présentent chacune la particularité d’être reconnue comme telle, étant donné qu’il est également possible de reconnaître comme souvenir une association. Les images « associées » ne sont pas reconnues. On utilise le terme « associé » parce que leur originalité réside uniquement dans l’association des éléments psychiques entre eux et non dans leur contenu. Cette association peut survenir sans l’intervention du conscient. Des exemples frappants en sont donnés par l’hystérie qui est la caricature de processus normaux. Chez les hystériques, un souvenir lié à un complexe affectivement chargé, mais non conscient présentement, fait agir à partir de l’inconscient comme s’il était conscient. L’inconscient peut percevoir et associer de façon autonome. Toute idée nouvelle ou tout ensemble d’idées sont déjà prémédités dans l’inconscient. Lorsque le conscient aborde l’inconscient avec un voeu, c’est que l’inconscient le lui a suggéré. La cryptomnésie, terme technique utilisé dans la littérature scientifique française, se définit comme un processus psychique dans lequel une énergie créatrice spontanée fait réapparaître, de façon définie et parfaitement claire, des souvenirs perdus. La réapparition d’impressions longtemps oubliées peut s’expliquer par la physiologie du cerveau qui n’oublie jamais une impression, aussi faible soit-elle. Sous certaines conditions, des traces anciennes peuvent réapparaître avec une fidélité photographique. Le travail du génie consiste à agencer ces traces en de nouvelles structures significatives. Comme l’illustre un passage du « Zarathoustra » de Nietzsche, beaucoup considèrent qu’une certaine anormalité est nécessaire au génie . (5 références).

01-009- A propos des désordres de l’humeur maniaque

(1903) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 109-134), (§187-225). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 109-134).

Dans un souci de définition et de classification, un certain nombre de comportements chroniques hypomaniaques sont décrits sous le vocable de « désordres de l’humeur maniaques ». Elation occasionnelle, confiance en soi exagérée, fécondité mentale et conflits avec l’ordre établi ne suffisent pas pour garantir le diagnostic de manie chronique dont les symptômes majeurs sont l’instabilité émotionnelle, liée essentiellement à une humeur élationiste, fuite d’idées, distraction, hyper-activité, agitation et – conséquence de ces symptômes – suffisance exagérée, idées mégalomaniaques, alcoolisme et autres déficiences morales. Le terme de « manie chronique » semble trop fort car il s’agit là d’états hypomaniaques qui ne peuvent être considérés comme psychotiques. Les symptômes d’une manie relativement légère ne sont pas des manifestations partielles d’une manie chronique; ils sont liés à d’autres symptômes psychiques pathologiques et sont rarement isolés. Par rapport à la volonté et à l’intellect, le rôle joué par celui-ci est tout à fait secondaire étant donné qu’il donne au thème caractériel existant l’apparence d’une suite logique d’idées et permet souvent au sujet d’élaborer après coup un fondement raisonnable à son acte. Le moteur premier de toute acte anormal devrait être recherché dans l’affect. L’excitation émotionnelle et la labilité sont fréquemment citées en premier dans les articles consacrés aux individus mentalement déficients. En conclusion, on considère a) que le désordre maniaque représente un état clinique appartenant au domaine d’une infériorité psychogène caractérisée par un ensemble stable de symptômes hypomaniaques remontant généralement à la jeunesse; b) qu’on observe occasionnellement une poussée d’affect; c) que l’alcoolisme, la criminalité, les dérives morales, l’instabilité sociale ou l’incapacité sont, dans ces cas, des symptômes relevant de l’état hypomaniaque. ( 11 références).

01-010 – Un cas de stupeur hystérique chez une prisonnière

(1902) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 137-156), (§226-300). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 137-156).

Présentation des symptômes d’une délinquante de 48 ans en vue d’étudier la psychopathologie de l’hystérie et de la psychose carcérale. La patiente avait été arrêtée pour vol et incarcérée. Le lendemain matin, on la retrouva, rigide, devant la porte de sa cellule, très agressive à l’encontre de ses gardiens à qui elle réclamait l’argent qu’ils lui auraient volé. Le soir, elle était complètement désorientée, ayant quasiment perdu la mémoire, d’humeur instable, avec idées magalomaniaques, discours chevrotant, totale insensibilité à des piqûres profondes, fort tremblement des mains et de la tête, écriture hachée et convulsive. Elle se croyait dans un hôtel de luxe dont ses geôliers étaient les clients. Elle était excitée, criait parfois ou baragouinait en hurlant. On la transféra en asile pour consultation. Au vu de l’alternance de ses états de conscience et ses pertes de mémoire alliées à d’autres symptômes hystériques, on diagnostiqua un état hystérique crépusculaire de base. On nota en même temps un état stuporal. Dans la solitude de son isolement, le sujet devint très préoccupée par son malheur soudain. Elle s’inquiètait de cette accusation de vol (retirée par la suite) et se souciait pour sa fille, incarcérée en même temps qu’elle et en état de grossesse avancée. Le fait, pour elle, « d’ignorer » les réponses à apporter aux questions posées sur sa vie est une introduction à la genèse des symptômes hystériques que Breuer et Freud ont nommé conversion. Dans le cas présent, le facteur déterminant semble avoir été l’idée de l’oubli. Son non-savoir est un « non-vouloir-savoir » en partie conscient et en partie inconscient. Cette forme de pathologie hystérique – mis à part le complexe carcéral d’hallucinations et de fantasmes – peut être décrit comme une « psychose carcérale », étant donné que, à quelques exceptions près, de pareils cas n’ont été observés que chez des prisonniers. (13 références).

01-011 – A propos d’une folie simulée

(1903) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 159-187), (§301-355). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed., Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 159-187).

Discussion à propos d’une folie simulée détectée, lors des entretiens de diagnostic psychiatrique. Une simulation réussie nécessite de la maîtrise sur soi, et de la constance psychique. Un simple mensonge ne suffit pas, car la tromperie doit être soutenue pendant des semaines, voire des mois, avec une constance et une volonté inébranlables, ce qui requiert une énergie considérable. Les cas où la simulation évolue vers un réel état crépusculaire débutent par une idée à tonalité affective qui se développe en autonomatisme, via la suggestibilité. Un grand nombre de simulateurs sont hystériques ce qui favorise l’auto-suggestion et les troubles de conscience. On doit accueillir avec prudence un aveu de simulation après de tels troubles, car chez les sujets à tendance hystériques, des pertes de mémoire ignorées du sujet ne peuvent être mises à jour que par une sérieuse anamnèse . De nombreux cas sont cités démontrant une simulation cachée chez des patients accusés de crimes. Le cas d’une jeune fille de 17 ans qui se faisait passer pour une sainte, refusant de se nourrir, s’enfonçant des clous dans les pieds, etc. peut à peine être qualifié de simulation car les moyens employés étaient sans relation aucune avec le but recherché (rester auprès d’un parent, un prêtre) mais attestaient d’un trouble mental avéré. Lorsqu’un criminel simule la folie, c’est pour être transféré dans un asile; mais lorsqu’une fille hystérique se torture pour attirer l’attention, ses moyens et son but relèvent d’une activité mentale morbide. En conclusion, 1) il existe des individus chez lesquels l’effet consécutif à une violente émotion se solde par une confusion persistante que l’on pourrait appeler « stupidité émotionnelle »; 2) en agissant de façon spécifique sur l’attention, les affects favorisent l’apparence d’automatisme psychiques au sens large du terme; 3) quelques cas de simulation relèvent probablement de l’effet secondaire d’émotions violentes et de leur automatisation (ou de l’auto-hypnose) et doivent dès lors être considérés comme pathologiques; 4) Chez les prisonniers, le complexe de Ganser peut sans doute s’expliquer de la même façon et doit être considéré comme un symptôme automatisé lié étroitement à la simulation. (32 références).

01-012- Opinion médicale sur un cas de folie simulée

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 188-205), (§356-429). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 188-205).

Rapport détaillé et illustration d’une folie simulée à propos d’un prisonnier mentalement déficient avec simulation semi-consciente. Marié deux fois, le sujet a mené une existence vagabonde et a commis un certain nombre de vols. Les écarts de personnalité, considérés comme signes de dégénérescence, comprenaient l’insensibilité, le daltonisme, une attention réduite, une compréhension réduite des choses vues ou entendues, de l’arrièration et un manque de précision ; autant de symptômes ressemblant plutôt à une dégénérescence congénitale qu’à une quelconque pathologie mentale connue. Les principaux symptômes : instabilité du caractère et tendance à l’oubli, jouent un rôle particulièrement important dans l’hystérie. Une précédente tentative de suicide était certainement de caractère hystérique. Le prisonnier ne savait pas très bien ce qu’il recherchait dans la simulation. Il jouait si bien le rôle d’un fou qu’il était difficile d’attribuer à la simulation certains de ses actes. Un facteur pathologique sous-jacent lui permettait de jouer parfaitement son rôle. Son intention de passer pour un aliéné se transforma en une forte auto-suggestion, brouillant son conscient, influençant malgré lui ses actes et s’accompagnant d’affects violents au fur et à mesure de l’évolution. Le mécanisme psychologique de cette simulation laisse supposer qu’en définitif c’était la faiblesse psychique originelle qui engendra l’idée de simulation. En réponse aux questions de l’autorité légale, l’asile décida que l’homme n’était présentement pas malade mental. Son état, probablement de naissance, n’excluait pas la responsabilité pour vols, mais était partiellement responsable de la simulation.

01-013- Deux diagnostics contradictoire ; troisième et dernier avis

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 209-218), (§430-477). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 209-218).

L’insuffisance d’un avis d’expert sur la capacité mentale d’un accusé est illustrée par le cas d’une femme accusée de fraude pour avoir soutiré de l’argent afin de payer un billet soi-disant gagnant dans une loterie hongroise. L’intéressant, en l’occurence, était que les avis n’étaient fondés que sur des rapports sur l’accusée plutôt que sur des entretiens directs avec elle et aussi, qu’était avancé le principe selon lequel déficience morale et hystérie étaient liées. Un troisième avis fut apporté après un entretien avec l’accusée et l’étude des documents. Dans le premier avis, la plus importante trouvaille fut la présence de l’hystérie. Cet avis estimait que le mensonge et la fraude ne pouvaient être jugés de la même façon chez les personnalités hystériques et les personnalités normales, mais trouvait que l’accusée était partiellement responsable. Le second avis concluait également qu’elle souffrait d’hystérie. Les déviances de l’accusée par rapport à la loi étaient considérées comme des symptômes de cette hystérie: elle fut donc considérée totalement irresponsable et incurable. Ce deuxième avis affirme un manque absolu de sentiments moraux chez l’accusée, mais il est criticable en ce sens qu’une telle absence n’appartient ni à la symptomatologie hystérique ni au caractère hystérique. Le manque de moralité et l’hystérie sont des états différents qui apparaissent indépendamment l’un de l’autre. En réponse aux questions du magistrat instructeur, la troisième opinion se range de l’avis de A en reconnaissant une responsabilité partielle mais elle ne retient que l’entretien de B, et soutient que l’hystérie ne cause pas de déficience morale, tout en pouvant la masquer ou l’exagérer. Aucun des avis ne prouvait que l’accusée avait agi sous l’impulsion de motivations pathologiques, d’un fantasme, ou d’un irrésistible instinct pathologique. Pratiquement, la position de B signifie l’abandon du concept scientifique de déficience morale, ce qui pourrait exclure ces personnalités du concept légal d’aliéné et remplir de criminels les asiles.

01-014- Sur le diagnostic psychologique des faits

(1905) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 219-221), (§478-484). In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.1. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1970.260 p. (p. 219-221).

Dans un effort pour déterminer précisément l’origine du concept de « diagnostic psychologique des faits », de nombreux articles et publications diverses sur ce thème sont cités et discutés. Le concept de complexe à tonalité affective et ses effets sur les associations est souligné (par Jung) dans son ouvrage et celui de Riklin, « Les associations de sujets normaux »,. Pour découvrir un complexe de pensées lié à un crime, le diagnostic psychologique peut s’appliquer à l’aide d’une série d’associations de mots. Jung reconnaît à Galton et Wundt la paternité de cette méthode , mais revendique, pour lui-même et ses travaux à la clinique de Zurich, celle du complexe à tonalité affective. En appendice, bref compte-rendu d’un cas où un complexe de vol fut mis à jour par l’application d’un questionnaire d’associations à la suite duquel le sujet craqua et avoua sa faute.

02. Recherches expérimentales

Volume 2

02-015 – Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Classification

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 3-39), (§1-113)

Etudes et diagnostic, sur des associations de mots, avec des sujets reconnus normaux, afin de déterminer les réactions standard de ceux-ci aux stimuli verbaux et établir une comparaison avec les sujets mentalement dérangés. Un total de 38 sujets normaux furent étudiés afin de déterminer leur normes associatives et rechercher les effets de l’attention sur les associations. 9 sujets hommes et 14 femmes étaient des sujets cultivés, 7 hommes et 8 femmes non cultivés; âgés de 2O à 5O ans, ils étaient tous jugés normaux. L’étude se limitait aux associations générées par des stimuli verbaux. Les mots inducteurs – 231 noms, 69 adjectifs, 82 verbes et 18 adverbes et nombres – appartenaient à la vie courante. Le nombre de syllabes n’était pas pris en compte. On pris soin d’éliminer tout désaccord entre les sujets parlant l’allemand et ceux parlant le suisse alémanique. Le but de la recherche devait également contrôler les différences de culture. L’étude fut partagée en 3 parties: 1) mesure du temps de réaction durant les 200 premières réactions et description de l’état psychique, 2) 100 réactions recueillies en condition de distraction intérieure, 3) une série, attendant parfois le 2è jour, pour observer sur 100 réactions les effets de la distraction extérieure . Environ 300 à 400 associations par sujet furent notées et classées, soit à peu près 12.400 associations. Utilisant le schèma de Aschaffenburg, les résultats furent divisés en 4 catégories principales: associations internes, associations externes, associations par consonnance, et une classe mixte comprenant des associations indirectes, des associations non significatives, des erreurs ou des répétitions du mot inducteur. Egalement pris en compte: les phénomènes de persévération, les réactions égocentriques, les réactions répétitives, les connexions linguistiques. En appendice, des tableaux pour les résultats hors normes (? breakdown patterns) d’associations variées. (13 références).

02-016 – Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Résultats individuels. Femmes cultivées

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 40-70).

Dans une étude d’associations de mots et d’attention sur 38 sujets normaux, 14 femmes cultivées formaient un groupe homogène de sujets normaux. Le niveau d’éducation de ce dernier groupe était en général très élevé et la plupart de ces femmes était très instruites. Leur langue courante était essentiellement le dialecte suisse-alemanique. Bien que le matériel recueilli à travers les 4.046 réactions de ce groupe fut quantitativement inégal et les résultats, présentés individuellement, différents d’un sujet à l’autre, on observa certaines constantes. Parmi les six personnes de plus de 30 ans, trois présentèrent une prédominence d’associations internes par rapport aux associations externes. Mais une seule personne parmi les huit de moins de 30 ans manifesta une prédominence d’associations internes. Sur les dix femmes soumises aux tests d’attention, cinq étaient sensibles aux distractions intérieures aussi bien qu’extérieures, deux n’étaient sensibles qu’aux distractions intérieures et trois aux distractions extérieures seulement. La distraction extérieure a agit sur quatre cas, et l’intérieure sur 3 cas. Un cas de distraction intérieure et un cas de distraction extérieure n’ont été que partiellement concluants. La distraction échoua dans quatre cas, parmi lesquels trois étaient de caractère affirmé, manifestant, par rapport aux autres sujets, une forte résistance à la distraction. (5 références).

02-017 – Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Résultats individuels. Hommes cultivés.

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 70-101)

Etude d’association de mots et d’attention sur 38 sujets normaux dont un groupe homogène de neuf hommes cultivés, âgés de 23 à 47 ans et parlant essentiellement le suisse-alemanique. Ils fournirent 3.793 associations. Cinq sujets furent soumis à des distractions internes et externes, un seul à des distractions internes, un autre à des distractions externes et deux ne furent soumis à aucun test de distraction. Cinq sujets furent également soumis, en état de fatigue, aux associations et un seul en état de léthargie. Seul un sujet était du caractère affirmé: on ne put mener à bien une expérience de distraction avec lui. La distraction extérieure fut efficace dans deux cas, moyennement efficace dans deux autres et nulle dans un autre. La distraction intérieure fut efficace dans quatre cas; l’aspect le plus caractéristique fut une augmentation significative des associations par consonnance. Dans un autre cas, il n’y a pas eu de résultat probant. Sur trois des cinq cas, les associations données en état de fatigue ont donné des résultats similaires à ceux des distractions. Celles données en état de léthargie idem. En conditions normales, quatre sujets laissèrent apparaître des manifestations liées à des complexes. On remarqua également qu’un allongement du temps de réaction indiquait qu’un stimulus particulier avait touché un complexe à tonalité affective. ( 2 références).

02-018 – Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Résultats individuels. Femmes non cultivées.

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 101-128)

Lors d’une étude sur les associations et l’attention, huit femmes non cultivées, font partie d’un groupe homogène de 38 sujets de 18 à 21 ans, normaux, intelligents et dont la moitié avait fait des études secondaires. Elles fournirent en tout 2.4OO associations. Chacune donna 2OO associations dans des conditions normales, et 1OO associations avec des distractions extérieures. Les sujets non cultivées ne furent pas testées dans des conditions de distractions internes. Deux sujets étaient de type de caractère affirmé et l’expérience de distraction échoua. Un sujet manifesta ce caractère en ne suivant pas toujours les instructions et un autre redoubla d’effort et la phase de distraction fut un demi-échec. Quatre sujets eurent des résultats positifs durant le test de distraction bien que l’expérience leur demandait un bien plus grand effort qu’en condition normale. Dans l’ensemble, les femmes non cultivées témoignèrent une capacité bien moindre à diviser leur attention. Les résultats montrèrent des différences mesurables entre ces sujets d’une part et les hommes et femmes cultivés d’autre part, la plus significative étant que les associations par consonnance jouaient un rôle moins important, en tant que phénomène distrayant, chez les femmes non cultivées que dans les groupes d’hommes ou de femmes cultivés. Il y a en général relativement plus de réactions internes et moins de (?) chez les sujets non cultivés que chez les cultivés. (Une référence).

02-019 – Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Résultats individuels. Hommes non cultivés.

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 129-137)

Sept hommes non cultivés, parmi un groupe homogène de 38 sujets participant à une étude d’associations et d’attention, étaient tous assez intelligents, mais cinq d’entre eux n’avait fait que des études élémentaires. Cinq d’entre eux parlaient le suisse-alemanique. Ce groupe a rendu 2.O86 associations. Comme avec les femmes non cultivées, seule fut utilisée la distraction externe. Cinq ont réagi aux diversions externes. Sur les deux sujets à caractère affirmé, l’un ne réagit pas, l’autre réagit quelque peu. Comme avec les femmes non cultivées, tous ces sujets furent moins distraits par les diversions auditives que les groupes cultivés. Deux sujets qui fournirent beaucoup de (?… groupings), peu d’attributs, et beaucoup de réponses sous une forme grammaticale identique, manifestèrent également peu de réactions et de constellations égocentriques. Deux des femmes non cultivées avaient montré la même caractéristique. Dans l’ensemble, le groupe se caractérisait par le peu de complexes constellés. La subjectivité et les sentiments étaient moins prononcés chez les hommes non cultivés que chez les femmes non cultivées. Cette différence entre les sexes n’apparaissait pas chez les sujets cultivés. Autre remarque : l’incidence importante, parmi les complexes mis à jour, des complexes érotiques. Bien que significatifs chez tous les sujets, ceux-ci prédominaient chez les hommes non cultivés.

02-02 – Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Résultats individuels. Calcul des moyennes

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 137-196)

Observation d’associations et d’attention sur quatre groupes de 38 sujets normaux, présentation des inter-relations entre les différentes réactions . Des tableaux mettent en évidence: 1) les résultats d’expérience en conditions normales; 2) les différences entre les sexes en conditions normales d’expérience; 3) les moyennes des expériences d’attention; 4) les moyennes du caractère affirmé, en conditions normales et avec distractions; 5) l’influence du stimilus verbal sur les réactions. Des graphiques présentent les moyennes arithmétiques des associations internes et externes, les associations par consonnance et les diverses réactions de différents groupes dans des conditions variées. Les résultats de l’expérience montrent une variation normale sous l’influence de l’attention, de la culture et des caractéristiques personnelles du sujet. La baisse d’attention due à des causes internes ou externes entraîne un émoussement des réactions. La distraction cause, de surcroît, un accroissement d’associations indirectes. Les sujets cultivés manifestent en général des réactions plus émoussées que les sujets non cultivés, ce qui peut s’expliquer par une différence d’interprétation aux stimuli verbaux, mais il n’y a pas de différence notable entre sujets cultivés et non cultivés dans le degré de division de la distraction. (?) La variation d’asociations la plus spectaculaire (dramatic) était due aux différences individuelles. Aucune différence apparente entre les sexes sauf que, lors des expériences de distraction, les femmes étaient moins capables que les hommes de diviser (distraire?) leur attention. Les résultats montrèrent également que, sous l’effet de la fatigue, de l’alcoolisme et de la manie, la baisse de réaction pouvait être due à un trouble de l’attention. (13 références).

02-021- Analyse des associations d’un épileptique

(1905) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 197-220).

Les réactions aux associations de stimuli verbaux d’un cas typique d’épilepsie sont analysées dans le cadre d’une plus vaste recherche visant à distinguer la spécificité des associations épileptiques au regard de divers cas normaux et de cas de déficiences mentales congénitales. Le cas est extrait d’études sur 158 patients de l’asile suisse d’épileptiques à Zurich et de la clinique psychiatrique du Burgholzli; ces études se limitaient à des sujets qui n’étaient pas congénitalement déficients et qui n’avaient pas manifesté des signes d’épilepsie dans leur prime jeunesse. Les sujets avaient été soigneusement préparés à l’expérience et soumis à 2OO stimuli verbaux: 75 relatifs à des idées concrètes et 25 à des idées abstraites, 5O adjectifs et 50 verbes, tous en rapport avec la vie de tous les jours. Un homme paraissait normal jusqu’au jour où son épouse développa une psychose et décèda quand le sujet avait trente ans. Il commença alors à errer dans toute l’Europe, fut fréquemment appréhendé pour éthilisme et vol, hospitalisé pour de violents épisodes maniaques et du delirium et il se fracassa le crâne neuf ans avant cette étude. Les résultats de l’expérience montrèrent respectivement certaines similitudes avec les associations des gens normaux et celles des débiles, mais également des originalités propres. Le sujet s’adaptait au sens du stimulus verbal de la même manière que des sujets non cultivés normaux, sans association de mots superficiels. (? with no superfifial word associations). Comme avec les associations des débiles, il avait des associations sous forme de phrases ou bien des répétitions fréquentes du stimulus verbal. Il avait une grande adaptation au sens du stimulus, de sorte qu’un grand nombre d’associations n’étaient que des explications et que les temps de réaction étaient considérablement plus longs que chez les sujets normaux. Ces temps n’accusaient la plus grande variation qu’après la réaction critique, ce qui démontrait l’influence de charges émotives persistantes plutôt que la difficulté même des mots. Ce cas laisse penser que la charge émotive intervient plus tardivement et persiste plus longtemps chez un épileptique que chez les gens normaux. (12 références).

02-022- Rapport du temps de réaction dans l’expérience des associations

(1905) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 221-271).

Ce rapport fut analysée sur 26 des 38 sujets normaux, hommes et femmes, cultivés et non cultivés, soumis à une expérience d’associations verbales. Les temps de réaction supérieurs à la moyenne probable d’un sujet ont fait l’objet d’une attention particulière. En comparant la moyenne masculine, 1m.6s, à celle des femmes, 2m.9s, et la moyenne des sujets cultivés, 1m.5s, à celle des non cultivés, 2m.0s., le temps de réaction moyen, mesuré au chronomètre, s’est situé à une minute huit secondes chez les sujets cultivés et non cultivés La qualité du stimulus verbal a semblé exercer une influence sur le temps de réaction. La moyenne des temps les plus courts concernaient des mots concrèts, celle des plus longs concernaient des mots abstraits et des verbes. Faisaient exception à cette règle, les hommes cultivés dont le temps de réaction le plus long concernait des mots concrets. La qualité de la réaction a semblé également influencer le temps de réaction. Les temps les plus longs sont apparus avec des mots abstraits (1m.98s) et les plus courts avec des adjectifs et des verbes (1m.65 s). Ici aussi, les hommes cultivés firent exception: leur temps le plus long était relatif à des mots concrets. La qualité de l’association avait également de l’influence. Les associations internes demandaient plus de temps que les associations externes. De même, l’association par consonnance, normalement causée par des distractions internes (?), demandait un temps de réaction relativement long. Les temps de réaction longs étaient en général dus à de fortes émotions et pouvaient être utilisés pour mettre à jour des complexes conscients ou inconscients, ce qui est important en hystérie. Parfois la tonalité affective peut s’étendre à des réactions ultérieures. La majorité (83{ce6ac6a4c4e22fc3c2b8f6ccc8e8d4159d3b644786a71417670e79cf02592fa8}) des temps de réactions prolongés suivaient certains stimuli verbaux à valeur affective alors que 17{ce6ac6a4c4e22fc3c2b8f6ccc8e8d4159d3b644786a71417670e79cf02592fa8} seulement des réactions tardives étaient dues à la difficulté du mot. ( 21 références).

02-023- Observations expérimentales sur les capacités mémorielles

(1905) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 272-287).

Pour détecter les associations relevant de complexes, une nouvelle technique, la méthode de reproduction, fut utilisée afin de déterminer si les ratés de mémoire étaient accidentels ou entraient dans une catégorie. Après un test d’association, l’expérience fut renouvelée pour savoir si le sujet se souvenait de sa réaction à chaque stimulus verbal. Chez deux sujets mâles, l’un âgé de 32 ans et suivant une psychanalyse, l’autre âgé de 22 ans, personne sensible et émotive, on trouva que les réponses mal reproduites aux mêmes stimuli concernaient celles qui touchaient directement un complexe à tonalité affective ou celles qui en suivaient directement un. Ces cas de troubles de mémoire représentent une tendance générale à refouler et oublier une impression désagréable. Dans le cas d’une femme hystérique de 23 ans, les bloccages amnésiques se sont étendus à de nombreuses réactions ultérieures et furent considérés comme amnésie hystérique. La méthode de reproduction pourrait être fort utile en criminologie et dans les cas où l’analyse est difficile. (7 références).

02-024- Psychanalyse et expériences d’associations

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 288-317).

L’utilité de l’expérience d’association en psychanalyse est illustrée dans un cas de névrose obsessionnelle. Le sujet, 37 ans, femme, célibataire, enseignante cultivée et intelligente, voulait, pour cause d’insomnies, essayer l’hyponose. Elle était très nerveuse et inquiète, souffrait de tics, et avouait avoir des idées obsessionnelles. Elle sentait que, par sa faute, une voisine, récemment décèdée, était morte sans les derniers sacrements et auparavent elle avait été hantée, des années durant, par la peur qu’un garçon dont elle avait été la gouvernante soit mort parce qu’elle l’avait occasionnellement battu. L’hypnose ayant échoué, on fit l’expérience des associations et de la reproduction. La moyenne des temps de réaction (2m.4s), très élevée pour une personne cultivée, dénonçait une forte émotivité. Les associations ont mis à jour un complexe érotique que la patiente renia. Peu à peu, cependant, elle révèla une obsession sexuelle refoulée qui remontait à un traumatisme sexuel de l’enfance. Les obssessions sexuelles refoulées avaient conduit à d’autres obsessions dans sa vie. Alors qu’après 3 semaines d’analyse freudienne, le sujet souffrait encore d’insomnies, elle annonça plusieurs mois après le traitement que toutes les idées obsessionnelles avaient disparu et qu’elle pouvait à présent dormir. On conclut qu’en facilitant et raccourcissant l’analyse freudienne, les associations verbales pouvaient être d’une aide efficace dans la reconnaissance de la nature du complexe, cause de la maladie. A partir du moment où les pensées réprimées sont libérées du refoulement, elles peuvent être éliminées par un effort de volonté. Les associations aident également la recherche scientifique sur l’origine et la structure des névroses psychogènes. (?) (7 références).

02-025- Le diagnostic psychologique d’une preuve

(1905) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 318-352).

Discussion sur le fait de diagnostiquer des cas de criminalité, via l’étude du comportement de camouflage d’un témoin, à l’aide de la méthode des associations. On rappelle l’évolution historique de la méthode et on décrit l’expérience.. Lorsque un stimulus verbal est émis, la réaction du sujet est déterminée par ses idées personnelles. Un ensemble conséquent d’idées à tonalité affective constitue un complexe que l’on peut repérer par le contenu de la réponse, l’allongement du temps de réaction et les fautes de mémoire lors de la répétition du test. L’application pratique en criminologie de la méthode des associations est démontrée à propos d’un jeune homme suspecté de vol. Trente-sept stimuli verbaux significatifs énoncés parmi 63 non marquants ont entraîné des réactions, temps de réaction et fautes de mémoire dans la reproduction, si suspects que l’examinateur accusa le jeune homme qui finit par avouer. Etant néammoins possible que le sujet ait réagi plus fortement que ne l’aurait fait un criminel endurci, une contre-expérience fut menée avec un sujet averti et un sujet non averti. Les résultats décevants, montrant aux points critiques et chez ces deux sujets des symptômes de complexe, ont révèlé la faiblesse fondamentale de l’expérience, à savoir la multitude de sens que pouvait porter un mot. On devait donc utiliser bien plus de 1OO mots inducteurs. Cependant, les réactions du jeune homme ont mis à jour plus de symptômes de complexe que celles des contrôles. Bien que la méthode des associations ne devrait être utilisée que par des experts, et avec prudence jusqu’à ce qu’elle soit améliorée, elle offre néammoins beaucoup de possibilités. (9 références).

02-026- Association, rêve et symptôme hystérique

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 353-407).

Les anomalies des associations de mots en hystérie sont illustrées par le cas d’une jeune fille de 24 ans, très agitée, frénétiquement apeurée, et se plaignant de sensations intolérables de chaleur dans la tête. Les symptômes dataient de ses premières menstruations à 15 ans et avaient remplacé une chorée survenue à 7 ans. Le sujet, physiquement en bonne santé et plutôt intelligente était la cadette d’un fratrie de cinq. Sa mère était complètement estropiée par une maladie osseuse. Le test d’association fut marqué par un nombre conséquent de fautes, des temps de réaction anormalement longs et des constellations complexuelles montrant qu’elle était dominée par un certain nombre de complexes, en particulier un complexe de maladie, un complexe sexuel, et un complexe scolaire. Etant donné que la psychanalyse avançait péniblement, on analysa les rêves de la patiente. Leur analyse confirma le complexe sexuel et, en l’associant aux bloccages révèlés par le test associatif, fit penser à un possible traumatisme sexuel de l’enfance. Ce complexe érotique comportait un certain attachement romantique au thérapeute, lié à un sentiment de rejet et de dénégation. La chorée enfantine fut diagnostiquée comme symptôme hystérique évitant de faire les devoirs et d’aller à l’école; les sensations de chaleur étaient symptômatiques du complexe sexuel aggravé, dans le cas de la patiente, par la peur d’une maladie osseuse en cas de grossesse. Malgré une amélioration par le traitement, son état s’aggrava après sa sortie. Pour être efficace, le traitement de l’hystérie devrait renforcer ce qui reste du moi normal et se parachever en introduisant un nouveau complexe pour libérer le moi. (5 références).

02-027- Le sens psychopathologique du test d’association

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 408-425).

L’importance, pour la psychopathologie, du test d’association dans lequel le sujet dit ce qui lui vient immédiatement à l’esprit en réponse à un stimulus verbal, réside dans le fait que l’association représente une séquence nécessairement soumise à certaines normes. Malgré les objections fondées sur les principes de hasard et de libre-arbitre, les travaux de Kraepelin, Aschaffenburg et autres ont établi empiriquement certains modèles et lois. Les associations ont été divisées en associations internes, dans lesquelles le lien provient du sens des mots, et les associations externes dans lesquelles le lien provient d’une contingence extérieure. Dans les associations par consonnance, la réponse est un mot qui sonne comme le stimulus verbal. On a découvert que plus l’attention du sujet décroît, plus les associations externes et par consonnance augmentent. Cette loi est potentiellement importante pour comprendre les états psychopathologiques dans lesquels la capacité de concentration est souvent perturbée. Les associations sont déterminées par l’ensemble de la personnalité et du contexte. Les temps de réaction prolongés révèlent des complexes à tonalité affective, présents chez tous les sujets normaux, mais très forts en psychopathologie. Chez les hystériques, les temps de réactions critiques sont bien plus longs et les bloccages aux souvenirs plus forts que chez les sujets normaux. Deux simples exemples de la symptomatologie hystérique montrent que le patient hystérique souffre d’un désordre affectif qu’il n’a pas pu maîtriser et que son conscient ne peut supporter. Le même mécanisme est mis à jour dans la démence précoce bien qu’il y ait d’autres éléments dans cette maladie. (13 références).

02-028- Perturbations de la reproduction dans le test d’association

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 426-438).

Présentation de statistiques accompagnant un précédent article, inachevé (« Observations expérimentales sur la faculté mémorisatrice »), à propos des critiques répétes de la méthode de reproduction. Cet article soutenait que la plupart des erreurs concernant la reproduction des premières réponses à un test d’associations relevaient de complexes. Bien que cette défaillance de la mémoire ait été relevée dans nombre de cas, elle fut étudiée de près dans deux cas seulement où elle était particulièrement prononcée. Le matériel de 28 cas est hétérogène étant donné que seuls 3 sujets étaient normaux et les autres, névrosés et psychotiques. Les résultats étaient semblables à ceux de la 1ère étude. Une corrélation fut mise à jour entre la reproduction incorrecte et le temps de réaction prolongée lors de la 1ère association. Le trouble correspond en général directement à un temps de réaction long, mais dans quelques cas, il suit un temps de réaction prolongé. L’association mal reproduite laisse apparaître en moyenne deux fois plus de signes de complexes que la correcte; y compris si cette réponse n’est pas habituelle, la réponse par deux mots ou plus, répétition ou incompréhension du mot inducteur, langue qui fourche, ou utilisation d’un mot étranger. Les caractéristiques du complexe ont tendance à se regrouper autour de certaines associations significatives. (3 références).

02-029- La méthode des associations

(1909) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 439-465).

Description de la méthode et discussion sur ses applications pratiques. Dans le test d’association, le sujet donne une réponse spontanée à chacun des 1OO mots pré-sélectionnés qui représentent un mélange des différentes composantes du langage et sont sélectionnés afin de toucher les complexes courants. Les raactions affectivement connotées se révèlent à travers des perturbations telles qu’un temps de réaction prolongé, défaut de réponse, réponses additives, répétition du mot inducteur et persévération. Les quatre principaux types d’association sont: 1) le type objectif, aux réactions non perturbées, 2) le type complexé, révèlant de nombreuses perturbations dues à la constellation des complexes, 3) le type à définitions, trouvé essentiellement parmi les gens bêtes, 4) les personnes de caractère affirmé chez lesquels se révèle en général un déficit de sentiment. Dans le test de reproduction, le mot inducteur est répété et le sujet est invité à se souvenir de ses réactions antérieures. Les oublis sont souvent causés par des mots qui font écho à un complexe à tonalité affective ou qui suivent immédiatement un mot sensible. L’application pratique de la méthode associative est illustrée par un cas où elle fut utilisée pour détecter une voleuse parmi 3 infirmières. Dans l’entretien de la coupable, le mot critique concernant le vol entraîna le temps de réaction le plus long, les caractéristiques de complexes les plus évidents, et la plus mauvaise reproduction.

02-030- La constellation familiale

(1909) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 466-479).

Afin de mettre à jour des théories sur la famille, le test d’associations fut appliqué à 24 familles totalisant 1OO personnes qui fournirent 22.OOO associations. Les associations se déroulèrent selon les critères linguistiques logiques et on trouva que: 1) les parents avaient tendance à s’accorder sur le type de réaction, 2) les types de réaction des enfants étaient plus proches de ceux de la mère que du père, 3)le mariage semblait modifier, plus chez les femmes que chez les hommes, le type de réaction. La similitude des associations dans une parenté est souvent remarquable, comme dans le cas d’une mère et sa fille où on s’aperçoit comment des émotions malsaines, compréhensibles et désormais inoffensives chez un parent, peuvent être transmises à un enfant et être dangereuses pour lui. Les influences les plus fortes sur l’enfant sont les états personnels inconscients des parents et des maîtres. D’autres cas montrent que des vies et des mariages fondés sur un attachement trop profond aux parents peuvent dégénérer en névroses et maintenir ainsi l’enfant dans une relation infantile. L’un des objectifs les plus importants de l’éducation devrait viser la libération de l’enfant en évolution de son attachement inconscient à son premier environnement afin qu’il puisse en retenir ce qui est valable et rejeter ce qui ne l’est pas. On n’en sait pas encore suffisamment sur les processus émotionnels de l’enfant; l’accent est mis sur la nécessité de recherches supplémentaires.

02-031- A propos des rapports psychophysiologiques dans le test des associations

(1907) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 483-491).

Discussion sur le phénomène galvanique, présenté par le Dr Veraguth de Zurich sous l’appellation de « réflexe galvano-psycho- physiologique », et son utilisation pour valider les résultats du test d’associations. Avec un galvanomètre mesurant le courant induit dans le corps humain par une tension de deux volts, on découvrit qu’un stimulus appliqué au sujet augmentait le courant. Cette augmentation n’était pas liée au stimulus mais à l’intensité de la tonalité affective qui suivait, et elle n’apparaissait pas au moment du stimulus mais après une période de latence d’1m.6s. Veraguth en conclut que, dans cette expérience, les sentiments étaient objectivement représentés. Un appareil spécial peut enregistrer de longues courbes représentant les tonalités affectives suscitées par le test d’associations. Un exemple montre comment les tonalités affectives fortes liées à une association causaient des perturbations caractéristiques et régulières dans le processus d’association, mais la méthode d’interprétation de ces perturbations n’est pas encore scientifiquement au point. Le « réflexe galvano-psycho-physiologique » peut être un moyen pour aider à définir le complexe et sa tonalité affective. Des graphiques répercutant les oscillations durant deux tests d’association ont fourni des courbes précises qui montraient la correspondance entre de fortes tonalités affectives et les perturbations dans les réponses associatives. (2 références).

02-032- Investigations psychophysiologiques avec galvanomètre et pneumographe chez des sujets normaux et aliènés.

(1907) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 492-553).

Etude pour l’évaluation, 1)par les courbes galvaniques et pneumographiques enregistrées simultanément sur le sismographe, du « réflexe galvano-psychophysiologique » et 2) de la courbe respiratoire en fonction des modifications psychiques sous l’influence de stimuli sensoriels et psychiques divers; précision des variations normales et pathologiques, comparaison des courbes. Les temps de réaction ont été également enregistrés. 4O séries de courbes ont été enregistrées sur 8 sujets normaux et 30 sur des cas de différents types de démence précoce. Chez les sujets normaux, on trouva que tout stimulus accompagné d’émotion déclenchait sur la courbe un pic directement proportionnel à l’intensité et la réalité de l’émotion. Les informations, concernant les cas normaux et pathologiques, recueillies sur le pneumographe n’étaient pas concluantes, mais il apparut qu’il y avait très peu de rapports entre les courbes galvaniques et pneumographiques sinon une relation inverse. Des rétentions de respiration étaient dues à l’attente et à la tension plutôt qu’aux émotions inconscientes fortement enregistrées par le galvanomètre. Les courbes galvaniques de patients atteints de démence précoce étaient soit très labiles, soit semblables à celles de sujets normaux. Certains réactions de patients catatoniques n’étaient presque pas enregistrées et leur temps de latence étaient nettement allongé. Chez les sujets normaux, les associations verbales proposées à 4 sujets seulement ont révèlé un rapport entre la longueur du temps de réaction et la hauteur de la courbe galvanique; idem pour les reproductions déformées. Ce rapport laisse supposer que les temps de réaction longs et les reproductions déformées sont des phénomènes affectifs. Seuls 2 patients atteints de démence précoce ont pu être testés par les associations. Rien d’anormal dans leur courbe galvanique durant ce test mais tous deux ont montré des associations anormales, des temps de réactions plus longs, un nombre conséquent de constellation complexuelles et un nombre anormal de reproductions déformées. On en déduit que dans la démence précoce, le fonctionnement de la pensée n’est probablement pas pathologique mais que l’anormalité réside dans la réaction du patient à ces complexes. (16 références).

02-033- Poursuite des recherches sur le phénomène galvanique et la respiration chez des sujets normaux et aliènés.

(1907) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 554-580).

On administra une série de stimuli physiques et mentaux à 15 sujets normaux et à 61 patients souffrant de divers troubles mentaux afin d’en déterminer les effets sur le phénomène galvanique et la respiration. Les variations galvaniques étaient enregistrées par un galvanomètre mesurant le courant induit dans le corps humain par une tension de faible voltage; la respiration était enregistrée par un pneumographe mais celui-ci ne put être utilisé chez un grand nombre de sujets anormaux. Ces expériences démontrèrent ceci: la réaction galvanique dépend de l’attention au stimulus et à la capacité d’associer celui-ci à des évènements antérieurs; associations pouvant être conscientes mais en général inconscientes. Les réactions galvaniques étaient très variées selon les individus et, dans certaines limites, indépendantes de la résistance propre du corps. Dans ces expériences, les stimuli physiques entraînaient de plus grandes fluctuations galvaniques que les stimuli psychologiques, ceci peut-être lié au fait que les premiers précèdaient les autres. Les premiers stimuli causent en général des réactions plus fortes que les derniers: elles sont dues aux paramètres de tension et d’attente. Les réactions normales varient largement mais sont presque toujours plus fortes que les pathologiques. A cause d’une attention déficiente et de l’inhibition des associations, les réactions galvaniques sont faibles dans les cas de dépression et de stupeur; elles sont pratiquement inexistantes dans les cas de démence précoce à cause du manque d’associations. Les réactions sont élevées dans les cas d’alcoolisme et dans le stade euphorique de paralysie générale (?). Quant aux mesures pneumographiques, on conclut que la moyenne respiratoire variait d’un individu à l’autre. Il y a en général une baisse d’amplitude de la respiration durant la courbe galvanique ascendante. Cependant cette baisse est fonction du sujet et est sans relation avec la hauteur de la courbe galvanique. Dans les cas de démence où les réactions galvaniques sont absentes, il y des variations de rspiration mais elles sont très légères. (1 référence).

02-034- Détails statistiques à propos d’un enrôlement.

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 583-585).

L’étude de l’enrôlement de recrues suisses révèla un pourcentage élevé d’handicapés affectifs ou mentaux ou de toute façon inaptes au service militaire. En fait moins de la moitié furent considérés aptes. Sur 506 hommes visités, 47 (9,2{ce6ac6a4c4e22fc3c2b8f6ccc8e8d4159d3b644786a71417670e79cf02592fa8}) hommes, principalement de milieu rural, étaient manifestement débiles. On constata un plus grand nombre encore d’alcooliques parmi les recrues physiquement inaptes. Sur 78 hommes entre 20 et 30 ans, 10 (12,9{ce6ac6a4c4e22fc3c2b8f6ccc8e8d4159d3b644786a71417670e79cf02592fa8}) furent renvoyés pour alcoolisme chronique alors que ce genre de cas est généralement classé sous différents euphémismes médicaux. Une comparaison entre les lieux d’origine a révèlé que les déficients mentaux et affectifs, les alcooliques et autres recrues diversee, victimes de troubles de la personnalité, venaient en majorité plutôt de milieux ruraux et non de localités urbaines.

02-035- Nouveaux aspects de la psychologie criminelle: contribution à la méthode utilisée pour le diagnostic psychologique de la preuve.

(1908) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 586-596).

On examine l’application possible du test des associations pour le diagnostic psychologique d’un crime. Un cas d’étude montre comment un coupable peut être identifié, parmi d’autres suspects, à partir d’éléments réactionnels à des stimuli verbaux sensibles qui révèlent l’influence d’un complexe à tonalité affective. Ces caractéristiques comprennent : un temps de réaction prolongé au stimilus critique ou à celui qui le suit immédiatement ; une réaction non habituelle par un ou deux mots ; une répétition du mot inducteur ; un défaut de réaction, lapsus, etc. La mesure des variation de la résistance du corps au courant galvanique a procuré un support expérimental à l’identification de ces déviations en tant que caractèristiques d’un complexe. Le test ne prouve pas la culpabilité mais peut indiquer la voie d’une future procèdure d’investigation. L’analyse d’un cas où 3 infirmières étaient suspectées de vol a démontré l’usage positif du test d’association: la coupable fut identifiée à partir de ses réactions aux mots inducteurs sensibles: réactions longues, nombreuses caractéristiques de complexe et reproductions incorrectes. ( 4 références).

02-036- Utilisation de la méthode d’investigation psychologique à la clinique psychiatrique de l’université de Zurich.

(1910) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 597).

Dans ses grandes lignes, le test utilisé dans cette clinique consistait en ceci: 1) rapidité de la perceptionn : court passage de simples images; 2) travail sur du matériel psychologique et fidélité de la reproduction : répéter 3 récits, le 1er contenant deux situations similaires simples mais différant sur une nuance importante, pareillement pour les deux autres, mais en plus compliqué pour le second et contenant toute une série de situations similaires dans le 3è. 3) Fatigabilité de la volonté: méthode de reconnaissance de Kraepelin; 4) Contenus émotionnellement chargé (complexes): méthode d’association de Jung; 5) Mécanismes psychogènes et symptômes: méthode analytique de Freud.

02-037- Sur la doctrine des complexes.

(1913) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 598-604).

Résumé des approches théoriques des névroses et de la démence précoce élaborées à partir des résultats du test d’associations. Lorsqu’un sujet donne une réponse à chacune des séries de mots inducteurs, il arrive qu’il y ait des réactions retardées, et d’autres perturbations telles que lapsus, répétition du mot inducteur, etc qui révèlent une excitation émotionnelle. Ces perturbations renvoient souvent à un contenu personnel douloureux appelé complexe. Un complexe pathogène, généralement psycho-sexuel, est à la base des névroses. Le test d’associations et la méthode de reproduction, au cours de laquelle les oublis apparaissent souvent là où interviennent les complexes, sont utiles pour un diagnostic. Les associations sur les complexes sont soit d’une stabilité obsessionnelle, soit oubliées totalement. Le complexe psychogène est autonome; possèdant toutes les caractéristiques d’un personnalité distincte et agissant contrairement à la volonté consciente, il peut remplacer temporairement le moi. Les symptômes hystériques naissent de ce conflit. En dépit des objections de certains cercles, la démence précoce est également définie comme une maladie du complexe. Dans l’hystérie, il y aen général une adaptation continuelle à l’environnement, mais dans la démence précoce, les complexes sont figés. Cependant, le processus n’est pas arrêté mais continue sous forme imaginaire. On cite de précédents ouvrages sur ces thèmes.

02-038- Sur le diagnostic psychologique de la preuve: expérience menée au procès de Naf.

(1937) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 605-614).

Détection d’un éventuel complexe de culpabilité ou d’innocence par le test de la preuve appliqué à un sujet accusé de crime. Au cours de plus de 3 heures d’un test d’association, le sujet a reçu 407 mots inducteurs, dont 271 neutres, 96 liés à la preuve et 4O relatifs à des mots personnellemnt et affectivement sensibles, choisis en vue de déterminer son camouflage émotionnel. Les mots sensibles ont déclenché des perturbations: temps de réaction prolongé, répétition du mot inducteur, défaut de réponse, lapsus, persévération, mauvaise reproduction etc. Dans le cas présent, les mots clés touchant à la preuve donnèrent des temps de réaction plus longs, des troubles de mémoire, et 4 fois plus de manifestations complexuelles qu’avec les stimuli neutres. Lorsqu’un sujet sait qu’il est coupable, il est normal qu’il réagisse aux mots sensibles, mais un innocent ne réagira pas aussi violemment à certains mots précis. Ici, le sujet a réagi plus fortement aux mots plus précisément liés à la preuve qu’à ceux plus généraux. Selon l’expert, les réactions du sujet n’étaient pas celles d’un innocent, mais l’appréciation fut laissée au juge quant à décider si ces signes révèlaient une conscience coupable.

03. La psychogenèse des maladies mentales

Volume 3

000039 – La psychologie de la démence précoce.
1. Examen critique des vues théoriques sur la psychologie de la démence précoce (1907)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 1-37), (§1-76), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.13-52).

Un aperçu critique des approches théoriques sur la psychologie de la démence précoce comprend l’analyse et le rapprochement entre les travaux de Freud, Gross, Jiling et bien d’autres. Le survol des écrits se rapportant à ce sujet montre que les recherches, bien que partielles et apparemment dispersées, s’accordent néanmoins sur le fait que les symptômes renferment une perturbation essentielle : la baisse d’attention ou détérioration perceptive. Elle est manifeste dans les associations superficielles, le symbolisme, les stéréotypes, les automatismes, l’apathie, l’aboulie, les erreurs de reproductions et le négati-visme. L’étude approfondie de René Masselon sur la psychologie des catatoniques met l’accent sur la baisse caractéristique de l’attention. Il pense que le patient souffre d’une distraction permanente et que, lorsque son pouvoir d’attention disparaît, disparaissent également la perception des objets extérieurs, la conscience de sa propre personnalité, de son jugement, de son sentiment d’appartenance, de ses croyances et de son assurance. Freud a été le premier à démontrer le « principe de conversion » dans un cas de démence paranoïde précoce. En expliquant l’appauvrissement émotionnel caractéristique de la démence précoce, Neisser a observé que la mobilité des symptômes hystériques est due à la mobilité des affects, alors que la paranoïa se caractérise par la fixité de ceux-ci. On suppose qu’il existe dans la démence précoce un facteur spécifique, concomitant de l’affect, qui génère la fixation ultérieure du complexe et entrave le développement de la personnalité. Dans certains cas, on évoque comme facteur premier une modification éventuelle du métabolisme. Au tournant du siècle, ces idées et le détail des processus psychologiques ont été soulignés par un nombre conséquent d’auteurs autorisés. 58 références.

000040 – La psychologie de la démence précoce.
2. Le complexe à tonalité affective et ses effets généraux sur la psyché.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 38-51 ), (§77-106), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.53-68).

Observations expérimentales sur le complexe à tonalité affective et son effet spécifique et chronique sur la psyché. Le complexe à tonalité affective est défini comme l’ensemble des pensées entourant la tonalité affective, état affectif accompagné d’effets somatiques. Tentative pour définir l’affectivité comme fondement essentiel de la personnalité. On estime que chaque association individuelle se rapporte virtuellement à un complexe, y compris au complexe-moi, (l’ensemble des idées propres au moi) qui représente le plus grand complexe d’un individu normal. Les pensées égocentriques sont ordinairement interrom-pues par des affects qui produisent de nouveaux complexes inhibant à leur tour d’autres pensées. Définitions et rapprochements entre les effets ponctuels et les effets chroniques du complexe. Les perturbations causées par les complexes ont été mises en lumière dans les tests d’association : allongement des temps de réactions, réactions anormales et oublis des réactions immédiates ou ultérieures. L’effet d’un violent complexe sur un psychisme normal est visible dans l’état amoureux. D’autres formes du complexe sexuel et autres complexes, sont par-fois influencées par des formes variées de déplacement, y compris celle de cacher le complexe par une humeur contraire. 11 références.

000041 – La psychologie de la démence précoce.
3. L’influence du complexe à tonalité affective sur les associations.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 52-69 ), (§107-142), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.69-88).

Analyse de la baisse de valeur des associations causée par le complexe à tonalité affective et, à partir des associations de mots, remarques générales confirmées par des exemples de cas. Il est montré que, sans aucune intervention extérieure, une augmentation soudaine des associations super-ficielles dénotait une baisse d’attention provenant d’un complexe à tonalité affective. Lorsque le complexe était refoulé, le sujet ne s’en apercevait pas. D’autres exemples de perturbations d’attention se retrouvent dans les lapsus linguae, les lapsus calami, les erreurs de lecture, les jeux de mots ou les mani-festations bruyantes (dans lesquelles un sifflement ou un grognement manifes-tent métaphori-quement le complexe). Les rêves, expressions symboliques du complexe refoulé, sont de très bons exemples d’expression imagées. L’analyse détaillée d’un rêve met en évidence la même ambiguïté des images oniriques et des associations super-ficielles observées dans le cas d’une baisse d’attention en cours d’expérience. Les complexes ont tendance à susciter des associations contrastées comme les contrastes émotionnels et verbaux de l’hystérie ou les contrastes verbaux dans la démence précoce. On conclut que tout évènement affectif devient un complexe. On pense que tous les complexes sont sexuels, comme le sont la plupart des rêves et la plupart des hystéries, particulièrement chez les femmes. Le temps libère en général l’individu normal de ses complexes obsédants, mais parfois il a besoin d’aide et on a remarqué que le déplacement peut en être une. Si le complexe est bien refoulé, le sujet restera longtemps sensible au complexe. Si le complexe reste inchangé, ce qui arrive lorsque le complexe-moi est sévèrement touché, il peut se développer une démence précoce. Il est possible que des effets toxiques interviennent dans cette dégradation. 2O références.

000042 – La psychologie de la démence précoce.
4. Démence précoce et hystérie.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 70-98), (§143-197), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.89-119).

L’exposé sur les similitudes psychologiques entre la démence précoce et l’hystérie compare les perturbations affectives, les dérèglement de caractère, et l’aspect stéréotypé des deux maladies. L’insensibilité émotionnelle constatée dans les cas de D.P. sérieuse est semblable à la réaction inadéquate de l’hystérique dont le complexe est particulièrement refoulé. Dans la D.P., une excitation explosive peut survenir de la même façon que le débordement d’affects chez l’hystérique. Les symptômes caractéristiques de la D.P. présentent le même manque de contrôle et la même indifférence que l’on constate parfois dans l’hystérie. Les perturbations du caractère, communes aux deux maladies mais bien que plus profondes dans la D.P., dénotent de l’affectation – surtout lorsque les patients sont hors de leur entourage familier -, un manque de considération, une étroitesse d’esprit inaccessible aux arguments et une hébétude comportementale. Les déficiences intellectuelles que l’on trouve dans la D.P. et l’hystérie ne sont pas exemptes de vagues percées conscientes qui oscillent entre la clarté la plus lumineuse et la confusion la plus profonde, l’inattention, la désorientation, les hallucinations, les illusions, les pensées compulsives, l’opposition et les troubles du sommeil. La stéréotypie, symptôme caractéristique de la D.P. se retrouve également dans l’hys-térie et représente, sous forme d’automatisme, un phénomène courant de son développement habituel. On conclut que dans l’hystérie, la psyché est handicapée parce qu’elle ne peut se libérer d’un complexe, mais nombre d’hystériques peuvent retrouver leur équilibre en le maîtrisant partiellement et évitent ainsi de nouveaux traumatismes. Dans la D.P., un ou deux complexes sont définitivement ancrés, mais on ne sait pas si c’est le complexe qui est à l’origine de la maladie ou la précipite ou si, au moment où se déclare la maladie, il y a déjà un complexe qui déterminerait alors la forme du symptôme. 25 références.

000043 – La psychologie de la démence précoce.
5. Analyse d’un cas de démence paranoïde comme paradigme.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 99-151), (§198-316), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.120-187).

L’analyse d’un cas de démence paranoïde chez une femme célibataire d’âge moyen, souffrant d’illusions et d’hallucinations auditives, est présentée comme un exemple typique d’analyse. On montre comment, dans sa psychose, la patiente a créé une structure imaginaire compliquée, tout à fait confuse et insensée. Elle décrit les espoirs et les déceptions de sa vie par ses symptômes. L’analogie la plus adéquate avec sa façon de penser serait le rêve normal qui utilise des mécanismes psychologiques identiques ou semblables. Les associations verbales révèlent une série de complexes dont le complexe de grandeur (disproportionné et en accord avec l’estime pathologiquement exagérée que la patiente se porte à elle-même), celui de préjudice et un complexe érotique. La première tranche d’ana-lyse, menée comme une analyse de rêve, décrit sa souffrance et ses symboles ; la 2è tranche fait apparaître ses désirs et leur réalisation à travers des images et des épisodes symboliques ; la 3è a trait à ses désirs érotiques intimes et la solution du problème via le transfert de son pouvoir et de ses souffrances sur ses « enfants ». 10 références.

000044 – Le contenu des psychoses. (1908)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 153-178), (§317-387), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.191-220).

Etudes de cas qui confirmeraient la position actuelle concernant le contenu des psychoses. On soutient que la différence entre la théorie (de Jung) et celle de Bleuler a trait à la question de savoir si la perturbation psychologique doit être considérée comme primaire ou secondaire et que la réponse est subordonnée à la validité – ou non – du dogme prévalant qui veut que les maladies mentales soient des maladies du cerveau. On note que 45{ce6ac6a4c4e22fc3c2b8f6ccc8e8d4159d3b644786a71417670e79cf02592fa8} des patients admis depuis plus de 4 ans à l’hôpital psychiatrique du Burgholzli souffrent de démence précoce accompagnée en général de quelques perturbations de sentiment et souvent d’illusions et d’hallucinations. Cependant, même dans les cas les plus sévères et persistants depuis des années, l’autopsie révèle un cerveau intact ce qui prouve que l’approche purement physiologique ne fait qu’orienter indirectement vers la compréhension de la perturbation psychique. En suivant la voie de médecins chevronnés, on découvrit que la maladie mentale éclatait souvent à un moment de grande perturbation émotionnelle survenue de façon plus ou moins normale et qu’il y avait un certain nombre de symptômes, incompréhensibles du seul point de vue anatomique, qui devenaient cohérents lorsqu’ils étaient considérés en fonction du passé du patient. L’étude de Freud sur la psychologie de l’hystérie et des rêves a été une aide et un très grand encouragement dans cette recherche. Ces connaissances peuvent avoir une validité générale ou limitée mais il n’en reste pas moins que tout symptôme de D.P. est psychologiquement significatif. 3 références.

000045 – Sur la compréhension psychologique. (1914)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 179-193), (§388-424), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.221-238).

On propose une méthode d’approche des mécanismes mentaux fondée sur une appréhension prospective pour diagnostiquer la D.P., de préférence à la méthode analytique et réductrice de Freud guidée par une compréhension étiologique et rétrospective mieux adaptée à l’hystérie. La principale critique contre la méthode analytique tient au fait qu’elle ne tient pas compte de la richesse et de la variété du symbolisme du psychotique. La méthode causale et analytique utilisée dans les sciences ne convient pas à la compréhension symbo-lique, et ceci est manifeste dans ses tentatives pour saisir le symbolisme du 2è Faust : pour qu’il soit pleinement apprécié, il faut que le savoir soit person-nellement intégré. De même, toute compréhension de la psyché humaine, des rêves ou de tout ce qui est psychique doit être relativisée par rapport à l’attitude de l’observateur à leur égard. Le progrès mental ne provient pas de la seule expérience mais d’une réflexion active à partir de cette expérience. La psyché vivante engen-dre son propre futur ; ainsi, toute évaluation causale à partir du passé ne peut être que partiellement vraie ; sa qualité dynamique d’entité créatrice nous échappe. On doit donc demander au patient quels sont ses projets et non pas uniquement ce qu’il a senti ou pensé. Explications détaillées de l’introversion et de l’extraversion et, pour simplifier les types pathologiques, on dit que l’hystérie relève de cette dernière et les psychasthénies et schizophrénies, de la première. 14 références.

000046 – Une critique de la théorie de Bleuler sur le négativisme schizophrénique. (1911)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 197-202), (§425-437), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.240-246).

Vue sous l’angle de la théorie des complexes, la théorie de Bleuler sur le négativisme de la schizophrénie est contestée parce qu’elle donne l’impression que les idées ou tendances du schizophrène sont toujours accompagnées de leur contraire. Bleuler présente le nouvel et intéressant concept d’ambivalence qui suppose que toute tendance est contrebalancée par son contraire. On observe que toutes les tonalités affectives sont contrebalancées par leur opposé qui leur donnent ainsi ce caractère ambivalent. Mais c’est la stricte séquence des causes psychologiques qui conditionne cette réaction négative : la caractéristique de l’esprit malade n’est ni l’ambitendance, ni l’ambivalence ni la dissociation schizophrénique de la psyché comme le dit Bleuler, mais la résistance qui est mise en place par le complexe mental pathologique. La « dissociation de la psyché » n’est pas une prédisposition causale mais la manifestation d’un conflit interne. La liste des causes de négativisme établie par Bleuler (renfermement autistique, « blessure de la vie », relation hostile avec l’environnement, sexualité, etc.) est passée en revue et chacune des causes apparaît directement reliée au complexe. Bleuler ne s’attarde pas sur le rôle de la sexualité, ce qui est étonnant étant donné que la psychanalyse a montré que la source du négativisme est la résistance qui, dans la schizophrénie comme dans les névroses, naît d’un complexe sexuel. 5 références.

000047 – Sur l’importance de l’inconscient en psychopathologie. (1914)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 203-210), (§438-465), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.247-256).

Commentaires sur la fonction compensatrice de l’inconscient par rapport aux contenus psychiques conscients. L’inconscient est défini comme la somme de tous les faits psychiques qui ne sont pas assez forts pour atteindre la conscience. Chez les personnes normales, l’inconscient compense et équilibre par une contre tendance toutes les tendances conscientes. Cette disposition s’exprime par des activités inconscientes, vagues et non spécifiques, que Freud appelle des actions symptomatiques. Les rêves sont des exemples de la fonction compensatrice de l’inconscient. En psychopathologie, le travail de l’inconscient particulièrement visible dans les perturbations des névroses hystériques et obsessionnelles, est également apparent dans les illusions et les hallucinations psychotiques, quoique moins facilement reconnaissable. L’individu déséquilibré qui souffre d’un réel déséquilibre entre le conscient et l’inconscient, se bat contre son propre inconscient comme dans le cas de l’inventeur excentrique, de l’alcoolique paranoïde ou du converti fanatique. A cause de l’unilatéralité caractéristique du conscient dans ces cas-là, le fonctionnement normal de l’inconscient se manifeste sous une forme anormale qui perturbe l’équilibre mental et empêche l’adaptation de l’individu à son environnement. 1 référence.

000048 – Sur le problème de la psychogénèse des maladies mentales. (1919)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 211-225), (§466-495), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.257-276).

Commentaires sur la psychogenèse des maladies mentales et présentation des arguments en faveur de leurs origines psychologiques et physiologiques. La doctrine matérialiste de la psychiatrie vient de ce que la médecine est une science naturelle et que le psychiatre, en tant que médecin, est un scientifique de la nature. Cependant, il a été prouvé que les épreuves psychologiques et émotion-nelles jouent un rôle déterminant dans le déroulement des névroses et des maladies mentales. Bien qu’il y ait des cas de démence précoce dans lesquels il y a une modification des cellules corticales, ces modifications sont généralement absentes et il y a des différences frappantes entre les symptômes courants de la D.P. et ceux des maladies du cerveau. Les cas de D.P. augmentent souvent ou s’aggravent en réponse aux conditions psychologiques ou environnementales, montrant ainsi que cette maladie ne devrait pas être considérée comme uniquement organique. Exposé de nombreux cas dans lesquels le déclenchement ou la récidive de la maladie surviennent lors de situations émotionnelles particulières. Un cas relativement simple de D.P. subite chez une jeune fille met l’accent sur l’importance qu’il y a à considérer les facteurs psychologiques dans l’étiologie et le développement des psychoses. Abordée d’un point de vue psychologique, la psychose est d’abord un état mental dans lequel les éléments inconscients remplacent la réalité dans l’esprit du patient ; c’est pourquoi cette approche est recommandée aux psychiatres comme un vaste espace d’exploration psychologique.

000049 – Maladies mentales et psyché. (1928)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 226-230), (§496-503), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.277-283).

Considérations sur la question de la psychogenèse des maladies mentales autres que les névroses, considérées à présent d’origine psychiques ; on soutient l’étiologie psychique de la schizophrénie. Les processus mentaux sont des produits de la psyché et c’est cette même psyché qui produit des illusions et des hallucina-tions quant elle est déséquilibrée. En revanche, on considère que la schizophrénie possède sa propre psychologie. Tandis que le moi de l’individu sain est le sujet de ses expériences, le moi du schizophrène n’en est qu’un des sujets. Dans la schizophrénie, le sujet normal s’est dissocié en une pluralité de complexes autonomes, désassortis les uns par rapport aux autres et par rapport à la réalité, et engendrant la désintégration de la personnalité. La forme la plus simple de la schizophrénie est la paranoïa, simple dédoublement de la personnalité. L’idée d’être une victime persécutée prend le dessus, devient autonome et forme un deuxième sujet qui de temps en temps remplace le moi sain. Celui-ci, incapable de contrer l’affectivité du second sujet, se paralyse. C’est là le début de l’apathie schizophrénique. Un exemple montre comment un individu, peut-être prédisposé à la schizophrénie, devient malade à la suite d’un choc émotionnel et est submergé par l’idée pathologique de persécution à un moment psychologique précis. Cette étude de la psychogenèse de la schizophrénie explique pourquoi quelques cas plus légers peuvent être guéris par la psychothérapie. De telles guérisons sont cependant rares car la nature de la maladie, qui implique la destruction de la personnalité, joue contre une possible influence psychi-que. Les lésions microscopiques du cerveau souvent constatées dans la schizo-phrénie sont considérées comme des symptômes secondaires de dégénération.

000050 – Sur la psychogénèse de la schizophrénie. (1939)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 233-249), (§504-541), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.285-306).

Commentaires sur la psychogenèse de la schizophrénie pour tenter de mieux comprendre, en comparant certains de ses symptômes préliminaires avec ceux de l’hystérie et autres névroses, la nature et l’origine – psychique ou organique – de la maladie. En parcourant l’évolution de l’opinion des experts sur l’étiologie des maladies mentales, il est évident que l’on oscille entre une cause organique déclenchant et une cause psychique. Dans les névroses comme dans la schizophrénie, les associations normales sont perturbées par l’intervention spontanée de contenus complexuels, typiques d’un « abaissement » (i.e. déclin de la force du conscient) dont les effets sur la personnalité et les diverses conditions qui en seraient responsables sont relevés en détail. La plupart sont manifestes dans les névroses et les psychoses. Dans les névroses cependant, l’unité de la personnalité est potentiellement préservée, tandis que dans la schizophrénie, il y a presque toujours des dégâts irréparables. La dissociation de la pensée, présente dans les deux types de maladie, est plus permanente et plus sévère dans la schizophrénie. Dans sa forme extrême, l’abaissement réduit le niveau mental au point que le moi n’a plus le pouvoir de tenir tête à un inconscient plus puissant qui se manifeste sous forme de rêves ou d’hallucinations. Aucune évidence décisive quant aux causes organiques de la schizophrénie ; inversement, les conditions psychogènes indiquent, au mieux, que les symptômes favorisent la maladie mais n’indiquent pas les causes probantes de son origine. On conseille aux cliniciens qui pratiquent la psychothérapie d’approfondir la psychologie et la mentalité anormales.

000051 – Considération actuelles sur la schizophrénie. (1956)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 250-255), (§542-552), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.307-316).

Dans un article rédigé en vue d’un symposium en 1956 sur « Les frontières du savoir et les espoirs futurs de l’humanité », on insiste sur la nécessité de recherches approfondies en psychologie et en psychopathologie, en particulier dans le domaine de la schizophrénie. L’article est essen-tiellement consacré à la description approfondie du processus mental du schizophrène et sa complexité est éclairée par des rapprochements avec les névroses. On avance l’hypothèse que certaines toxines systémiques peuvent être à l’origine de la dissociation psychotique de la schizophrénie. On estime nécessaire d’avoir une compréhension approfondie de la psychologie de l’esprit humain, y compris de ses prolongements mystiques, mythologiques et culturels : les rêves des psychotiques sont en effet généralement numineux et hautement sérieux et leurs images contiennent souvent des motifs semblables ou identiques à ceux des religions ou de la mythologie. Le trouble essentiel est considéré comme mental ou psychique : les processus normaux de pensée sont affaiblis (abaissement), la concentration et l’attention relâchées, et la valeur des associations décroît et n’est plus contrôlée. En conséquence de quoi, des pensées et des étincelles d’idées se manifestent dans la conscience affaiblie et perturbent, par des images aberrantes, son déroulement logique. Ce processus et la source de ses images demandent une étude et une compréhension poussées.

000052 – La schizophrénie. (1952)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 256-271), (§553-584), & Jung, PSYCHOGENESE DES MALADIES MENTALES, Albin Michel, Paris 2001, (p.317-337).

Des commentaires sur 5O ans d’expérience et d’observations de la schizo-phrénie font état des réponses expérimentale au pourquoi de la désintégration de la pensée, essentielle dans la maladie. Les idées et les images apparaissent au hasard, de façon soudaine et incohérente, dans une confusion ridicule et extra-va-gante, comme dans les rêves. On estime qu’il peut y avoir jusqu’à 10{ce6ac6a4c4e22fc3c2b8f6ccc8e8d4159d3b644786a71417670e79cf02592fa8} de psychoses latentes ou potentielles chez les névrosés. Les compulsions obsessionnelles, typiques des névroses, sont converties en hallucinations auditives ou visuelles, communes dans les psychoses. Dans ces cas-là, la psychose n’a pas encore sapé l’activité compensatrice de la conscience. L’intervention thérapeutique vise à restaurer la vigilance du conscient par une modification du processus en attirant l’attention sur le réel et en encourageant le patient à des activités qui le détournent de l’inconscient. Ceci peut être réalisé en le faisant dessiner ou peindre ses visions, processus par lequel les images terrifiantes se banalisent et les couleurs du tableau mobilisent son sentiment ; visualisée et objectivée, la situation chaotique perd ainsi son pouvoir terrifiant. L’attention personnelle et sincère du thérapeute à l’égard de son patient et de ses problèmes est plus efficace que l’application de diverses méthodes thérapeutiques. Cependant, mal contrôlée, cette implication personnelle peut induire une psychose chez le thérapeute. A la suite d’un état sommaire sur la nature et les mécanismes mentaux de la schizophrénie, on admet que la vraie étiologie de la maladie n’a jusqu’à présent pas été découverte. Une ancienne opinion soutient à présent qu’un complexe entièrement psychogène domine la schizophrénie et que l’affaiblissement du moi, précédemment supposé être la cause première, n’est qu’une manifestation secondaire du complexe à tonalité affective ; de plus, une étiologie psychogène semble plus probable que des causes toxiques que l’on pensait déterminantes.

000053 – Lettre au président, symposium sur la conception chimique de la psychose. (1958)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.3. Princeton University Press, 1972. 303 p. (p. 272).

Dans une lettre au président du « Symposium sur les conceptions chimiques de la psychose », tenu au 2ème Congrès international de psychiatrie à Zurich en 1957, on considère que l’étiologie de la schizophrénie est double : chimique et psychologique. On suppose que les émotions qui sont à l’origine des modifications du métabolisme sont accompagnées de processus chimiques qui engendrent des perturbations temporaires ou chroniques.

04. Freud et la psychanalyse

Volume 4

000054 – La théorie de Freud sur l’hystérie : réponse à Aschaffenburg (1906)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 3-9), (§1-26)

Défense de la théorie freudienne de l’hystérie contre les critiques d’Aschaffenburg sur le rôle de la sexualité dans la formation des psychonévroses. Ses critiques visent spécifiquement la psychologie de la sexualité, les caracté-ristiques des symptômes hystériques et les premières méthodes de la psychanalyse. Aschaffenburg accepte le point de vue, généralement reconnu aujourd’hui, selon lequel l’hystérie est une pathologie d’origine psychique et que, sans conteste, la sexualité représente un élément essentiel de la psyché, mais le fait qu’Aschaffenburg affirme que toutes les hystéries sont d’origine traumatique prouve seulement qu’elles ne sont pas toutes d’origine sexuelle. Sa considération ne serait valable que si elle était confirmée par la méthode psychanalytique, or il affirme que cette méthode est une autosuggestion de la part du médecin et du patient, mais là encore il n’y a pas de preuve ; la méthode associative qui étaie les résultats de la psychanalyse n’a rien à voir avec l’autosuggestion et elle peut être reproduite par tout un chacun. Aschaffenburg considère immorale dans bien des cas la recherche de préoccupations sexuelles chez le patient. La décision de l’utilisation clinique des investigations sur la sexualité ne peut se faire qu’en fonction des intérêts de l’individu et non au nom de considérations « supérieures ». On conclut que la théorie freudienne de l’hystérie n’est toujours pas invalidée et qu’elle ne peut l’être que par la psychanalyse ; celle-ci a confirmé les résultats de Freud et la méthode n’a pas été contestée.

000055 – La théorie Freudienne sur l’hystérie. (1908)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 10-24), (§27-63)

Reprise du développement des théories de Freud sur l’hystérie. Ce sont moins des théories formelles que des hypothèses de travail qui concordent avec son expérience. En 1895, Freud et Breuer avaient conclu que les symptômes psychogènes avaient pour origine des complexes à tonalité affective dont l’effet traumatique se traduisait par des conversions somatiques anormales (hystérie classique) ou par un déplacement sur des complexes moins significatifs (névroses obsessionnelles). L’affect traumatisant n’est pas abréagi comme chez les personnes normales parce qu’il est incompatible avec le conscient et donc refoulé. L’année suivante, les résultats de 13 analyses avaient conduit Freud à annoncer que l’étiologie de l’hystérie se situait dans les traumatismes sexuels de la prime enfance. Après avoir étendu ses recherches sur la psychologie sexuelle en général et sur la psychologie du rêve et avoir affiné sa technique psycha-nalytique, il avait formulé l’état actuel de sa position : a) certaines activités infantiles de sexualité perverse sont maintenues, mais ne génèrent pas d’emblée l’hystérie, b) à la puberté, les fantasmes gardent cette tendance et génèrent des complexes incom-patibles avec le conscient ; ils sont alors refoulés, c) le transfert de la libido sur un objet d’amour et la lutte de la libido contre le refoulement fait éclater la pathologie. On ne sait si le schéma de Freud peut être appliqué à toutes les formes de l’hystérie, mais ses découvertes sont valables dans un grand nombre de cas. On recommande des recherches plus poussées. 3 références.

000056 – L’analyse des rêves. (1909)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 25-34), (§64-94), texte original in Année psychologique, XV, 1909 (p.160-167)

A propos du travail de Freud sur l’analyse des rêves : le rêve est défini comme un produit de l’activité psychique susceptible d’être analysé. Ce n’est ni une donnée parfaitement insignifiante, ni le résultat d’une sensation phy-sique. Freud appelle contenu manifeste les images caractéristiques des rêves ; derrière elles, il y a le contenu latent essentiel. Etant donné que le rêve est personnel et en accord avec la disposition spécifique du sujet, Freud se demande pourquoi, dans tel rêve, une personne définie rêve telle chose particulière. L’air de la jeune fille du « Faust” célébrant la fidélité d’un roi reflète clairement le souhait d’un Faust fidèle. Freud dit que chaque rêve représente l’accom-plissement d’un désir refoulé. Dans la chanson de la jeune fille, l’idée d’associer les deux personnes, elle et Faust, est trop forte pour être ouvertement acceptée. Il en est ainsi des souhaits que formule le rêve : ce sont des désirs refoulés parce que trop douloureux. On appelle censure, le mécanisme qui empêche les pensées refoulées d’apparaître au grand jour. Il est vain de ques-tionner directement ce qu’il y a derrière le contenu manifeste. On doit recourir aux associations ou questionner le sujet sur ses associations à propos des points marquants du rêve. Il est difficile, sans faire surgir des résistances, d’amener le sujet à associer librement. La méthode pour vaincre peu à peu les résistances en mettant à jour, une à une, des associations mineures est illustrée par l’analyse du rêve d’un jeune homme dînant avec le pape et de séduisantes jeunes femmes : il était constamment obligé de quitter la réunion pour aller uriner. L’analyste posa des questions sur le dîner, la place des convives, l’ensemble du rêve, etc., sur lesquels le sujet associa jusqu’à ce que l’analyse d’éléments plus importants puisse avoir lieu. L’étude de la méthode psychanalytique est recommandée non seulement aux psychiatres et aux neurologues, mais aussi aux psychologues.

000057 – Contribution à la psychologie de la rumeur. (1910)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 35-47), (§95-128), & Jung, PSYCHOLOGIE ET EDUCATION, Paris, Buchet Chastel, 1963, (p.179-205)

Le cas d’une enfant de 13 ans, renvoyée de l’école pour avoir lancé une rumeur sordide à propos de son professeur mâle, éclaire la psychologie de la rumeur et montre comment celle-ci figure dans l’interprétation d’un rêve. La petite avait tout simplement raconté un rêve à ses compagnes. Dans ce rêve, elle et sa sœur avaient mis, faute de place, leur maillot de bain en présence de gar-çons puis étaient allées nager avec leur professeur, avaient fait du bateau, participé à un mariage et étaient allées en voyage « comme un voyage de noce » ; elles avaient passé la nuit, toujours par manque de place, dans une grange et à la fin, le maître devenait le parrain de l’enfant d’une dame. Les versions de la classe, qui s’était identifiée au sujet et à son désir refoulé de relations sexuelles avec le maître, ont fonctionné comme des interprétations du rêve. Certaines sont plus explicites que d’autres. Certaines de ces versions font nager la fillette sur le dos du professeur au lieu de faire du bateau ; d’autres introduisent deux gros hommes inconnus (le maître était grassouillet) dans le bain ; les élèves auraient entendu de la bouche du sujet d’autres versions qui font référence à des séquences « indécentes » du rêve et que les enfants ont refusé de décrire. La fillette a porté pré-ju-dice au professeur dont elle était précédemment amoureuse. Après une mauvaise note et pour com-penser le sentiment conscient de haine, le rêve a agi dans un premier temps comme expression d’un désir refoulé d’union sexuelle puis, par sa narration, comme un moyen de le retrouver.

000058 – Sur la signification des rêves de nombres. (1910)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 48-55), (§129-153), & Jung, L’ENERGETIQUE PSYCHIQUE, Genève, Georg librairie de l’université, 1973, (p.107-117)

Les exemples montrent que dans les rêves les nombres révèlent les racines inconscientes du symbolisme des nombres plutôt que les spéculations conscientes sur les relations symboliques entre les nombres. Exemple d’un homme d’âge moyen impliqué dans une relation extraconjugale : un rêve faisait état de plu-sieurs chiffres qu’il analyse comme la somme des âges et des dates importantes de sa famille. Manifestement, il y avait un conflit sévère entre l’attachement familial du patient et son amour pour sa maîtresse. Un autre rêve avec des nombres montrait la tendance refoulée de ce même patient à reconnaître le prix de son aventure. Consciemment, le patient donnait libre cours à des fantasmes impliquant des chiffres, par ex. à 35 ans, il s’imaginait célébrer leurs cent ans avec sa mère qui en avait 65. Il jouait avec les chiffres apparus dans ses rêves et les associait à des envies et à l’accomplissement de désirs. Autre exemple : le rêve de l’épouse du patient. Tout son rêve était : Luc 137, et faisait référence aux passages de cet ouvrage en mélangeant chapitres et versets. Ce nombre avait un double sens : il rappelait le nombre d’enfants vivants qu’elle aurait eus sans ses fausses couches et le souhait refoulé de la mort de son mari. Bien que la patiente ne pratiquât pas la Bible, les passages 1,37 – 13,7 et 7,13 de Luc peuvent être interprétés comme le désir d’avoir plus d’enfants, le rejet de son mari, la rancune contre son impuissance et le souhait qu’il en soit guéri.

000059 – Morton Price «le mécanisme et l’interprétation des rêves» compte rendu critique. (1910)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 56-73), (§154-193)

L’article de Morton Prince sur l’analyse de six rêves d’une patiente est jugé non scientifique, bien que l’intérêt de Morton pour le sujet controversé de l’analyse des rêves soit reconnu. Prince est de l’avis de Freud : les rêves ont un sens, ce sens est caché par des symboles et on doit faire appel aux souvenirs pour le trouver. Mais il est en désaccord avec Freud pour qui chaque rêve est l’accomplissement d’un désir ; il trouve que certains rêves expriment la peur ou l’anxiété. Les rêves que rapporte Prince expriment manifestement le transfert sur l’analyste d’une patiente d’âge moyen souffrant de dissociation hystérique, mais il ne les interprète pas en ce sens. Le rêve numéro1 n’a pas été suffisamment analysé parce que Prince n’a attaché de l’importance à un homme en robe de chambre apportant du bois de chauffage. Le rêve numéro 2, que Prince interprète comme la crainte de la patiente de tomber à nouveau malade, peut être compris comme le désir de retomber malade pour retenir l’attention de l’analyste. Dans le 3ème rêve, le médecin assomme la patiente en lui enfonçant une pierre dans la tête pour lui signifier qu’elle ne le trouble pas ; Prince y voit la non réalisation du désir de la patiente de capter l’attention de l’analyste, mais en fait ce rêve représente un désir érotique. Le 4ème rêve a été censuré par Prince, gommant de façon non scientifique, « l’intimité ». Au lieu d’analyser le 5ème rêve dans lequel la patiente est obligée de marcher sans faire de bruit parmi des chats, Prince n’en a fourni qu’une impression générale. Bien que le sujet ait la phobie des chats, ceux du rêve représentent son amour et l’aphonie qui persista après le rêve était un symptôme pour attirer l’attention de l’analyste. Prince n’a vu ni désir refoulé ni conflit dans le 6ème rêve, et pourtant il s’agit de tortures que la patiente souhaite infliger à l’analyste en représailles de son abandon. Ces rêves sont insuffi-samment analysés ou mal inter-prétés parce que certains éléments sont laissés de côté et que le sens est trop souvent pris à la lettre et non symboliquement. On conclut qu’une critique sérieuse de la théorie des rêves de Freud n’est pas fondée de la part de Prince puisque ses propres méthodes manquent à ce point d’appro-fondissement scientifique. 1 référence.

000060 – Sur la critique de la psychanalyse. (1910)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 74-77), (§194-196)

Un commentaire à propos des critiques contre la psychanalyse montre que la plus forte opposition vient des médecins et des psychologues. La plupart des profanes saisissent les vérités de la psychanalyse et comprennent qu’une preuve psychologique et une preuve matérielle doivent nécessairement être différentes. La violente résistance des professionnels provient en général des préjugés scienti-fiques fondés sur une façon différente de penser. Ces critiques attaquent la méthode psychanalytique comme si elle était fondée sur des principes a priori alors qu’elle est en réalité pure-ment empirique. Parfois, cependant, l’attitude critique du scientifique est faussée par ses propres sentiments. Compte-rendu exhaustif d’un commentaire ironique de Kurt Mendel qui exprime sa répugnance à l’égard des derniers travaux sur l’érotisme anal, la sexualité infantile et l’exposé des aspects vulgaires du sexe en général. Mendel croit que l’enseignement de Freud a ouvert bien des perspectives nouvelles mais il les trouve exagérées et fantaisistes et il questionne l’idée de l’universalité des sentiments sexuels. On estime qu’une telle critique est scientifiquement valable et que son ouvrage mérite la lecture. 2 références.

000061 – A propos de la psychanalyse. (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 78-81), (§197-202)

Une lettre à un éditeur défend la psychanalyse contre certaines attaques. Refus de répondre a) aux critiques qui prétendent que la théorie est fausse parce qu’ils pensent qu’elle est moralement dangereuse et b) à ceux qui affirment que les faits découverts par les freudiens n’existent pas ; personne ne peut en effet affirmer a priori que certains faits n’existent pas. Les sujets sexuels osés, évoqués dans la littérature psychanalytique, ne doivent pas être reprochés à la psychanalyse en soi. Ce sont les travaux de la médecine qui ont découvert les fantasmes, et les repro-ches dont ils sont l’objet viennent de notre morale sexuelle. La formation psychanalytique ne concerne pas seulement le sexe mais toutes les facettes de la vie et son but n’est pas de délivrer l’homme de ses passions mais de l’aider à les maîtriser. Le concept de libido est pris dans un sens large, comme l’instinct de conservation de l’espèce ; il ne signifie pas « excitation sexuelle localisée ». On ne peut blâmer la psychanalyse en soi parce que certaines personnes bornées et irresponsables l’utilisent à leurs propres fins. 1 référence.

000062 – La théorie de la psychanalyse, préface (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 83-87).

Préface à une série de conférences sur la théorie de la psychanalyse afin de faire valoir la ligne directrice des principes élaborés par la longue expérience de Freud. En dépit de lourdes critiques souvent prématurées, la psychanalyse a continué à s’étendre en Europe et en Amérique. En tant que discipline scientifique, la psychanalyse a besoin de se renforcer ; cette attitude a été faussement interprétée comme une « scission » dans le mouvement psycha-nalytique. Bien que l’expérience d’aujourd’hui n’atteigne pas la perspicacité et l’expérience extraordinaire de Freud, certaines formulations modernes semblent mieux exprimer les faits observés que la version de Freud. Cette critique modérée cherche à poursuivre la croissance du mouvement psychanalytique. 1 référence.

000063 – La théorie de la psychanalyse,
1.Un tour d’horizon des premières hypothèses. (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 88-101), (§203-229) & Jung, LA THEORIE PSYCHANALYTIQUE, Paris, Montaigne, 1932.

Un exposé des premières hypothèses psychanalytiques montre l’évolution des concepts au fil des années. La théorie du traumatisme développée par Breuer et Freud soutenait que les névroses provenaient d’un traumatisme de la prime enfance. Normalement, l’excitation est abréagie mais elle est refoulée dans l’hys-térie. Le devoir de la thérapie consiste à libérer l’accumulation de l’excitation. La méthode « cathartique » était intimement liée aux symptômes, contrairement aux techniques psychanalytiques utilisées actuellement. Le concept de refoule-ment, i.e. le mécanisme grâce auquel un contenu conscient passe dans l’inconscient est basé sur la capacité névrotique à oublier des faits significatifs. Le concept de refoulement est en quelque sorte en contradiction avec la théorie du traumatisme car il suppose une théorie étiologique de l’environnement alors que le concept de traumatisme est une théorie de la prédisposition. La recherche de la solution du problème a débouché sur la théorie selon laquelle le traumatisme infantile était sexuel. Freud a abandonné, depuis, l’idée que tous les traumatismes infantiles étaient réels et on pense actuellement qu’une bonne part de ces traumatismes relèvent de l’imagination enfantine. Le facteur sexuel du trauma-tisme est, selon Freud, le principal responsable de son effet pathologique. Les manifestations précoces des fantasmes sexuels et leur effet traumatisant semblent aujourd’hui être à la source des névroses, une opinion qui a soulevé opposition et indigna-tion. Décider de la vérité doit être laissé à l’observation et à la recherche. 3 références.

000064 – La théorie de la psychanalyse.
2. La théorie de la sexualité infantile. (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p.102-110), (§230-250) & Jung, LA THEORIE PSYCHANALYTIQUE, Paris, Montaigne, 1932.

Commentaires sur la théorie de la sexualité infantile de Freud ; on fait état des dernières divergences à ce sujet. La découverte de fantasmes sexuels précoces a amené Freud à affirmer l’existence d’une sexualité infantile richement développée. Une conception biologique de la sexualité inclut la grossesse, la naissance, la sélection naturelle et une série de fonctions psychologiques et physiologiques. La sexualité peut être identifiée à l’instinct de préservation de l’espèce, en quelque sorte opposée à l’instinct de conservation. On considère que certaines conclusions de Freud sont indéfendables. Freud a même tendance à voir une sorte d’acte sexuel lorsque le bébé tète sa mère. Cela suppose que, comme chez les adultes, la sexualité (préservation de l’espèce) est dissociée de la fonction de nutrition (conservation), mais il n’est pas possible de séparer à ce stade ces deux modalités de l’instinct de vie : les périodes intra et extra-utérine de la petite enfance appartiennent toutes deux à un stade asexué de nutrition et de croissance. Des comportements comme celui de sucer son doigt, manifestement agréable pourtant, relèvent plutôt du registre de la nutrition. Ces comportements peuvent mener à des actes sexuels précis puisque l’enfant fait dériver son plaisir de son corps. Freud pense que la sexualité infantile, centrée sur son propre corps, est perverse parce qu’elle ressemble aux perversions futures. Il émet alors l’hypothèse que la sexualité est partagée en une pluralité de pulsions, ce qui donne naissance au concept de « zones érogènes », telles que la bouche, la peau, l’anus, etc. La sexualité « monomorphe » ulté-rieure est ainsi conçue comme un ensemble de composantes. Les perversions existent au détriment de la sexualité normale ; l’habitude d’une forme particu-lière de sexualité entraîne la limitation d’une autre forme. L’exemple d’un jeune homme qui était homosexuel vers 10 ans, hétérosexuel vers 20 ans et qui est retourné à l’homo-sexualité après avoir été trahi, illustre la mobilité des composantes sexuelles. Jusqu’à présent, la théorie n’explique pas comment surviennent de telles transformations. La conception freudienne des composantes a été modifiée pour être remplacée par la conception de la libido comme énergie.

000065 – La théorie de la psychanalyse.
3. Le concept de libido. (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 111-128), (§251-293) & Jung, LA THEORIE PSYCHANALYTIQUE, Paris, Montaigne, 1932.

Large exposé sur la libido pour clarifier la définition freudienne courante de ce concept (un besoin sexuel fondamental, un désir ardent) et pour formuler une théorie globale intégrant les recherches et concepts modernes. Considérée comme un tout dynamique, la libido est analysée en fonction de la théorie énergétique et elle est mise ainsi en rapport avec les lois de la conservation d’énergie. Les systèmes imaginatifs inconscients ne deviennent objets de la libido que dans les névroses. La conservation de la libido inclut la nature de la libido infantile et aussi la théorie selon laquelle les anomalies et les perversions existent sous forme latente dans l’enfance. Brève différenciation des manifestations variées de la libido dans les trois phases de la vie – pré sexuelle, pré pubertaire et adulte -. Les réflexions sur la terminologie sexuelle mettent en évidence la difficulté à ap-pli-quer celle-ci aux enfants pré pubertaires chez qui l’intensité de la libido n’est pas moindre que chez les adultes mais peut être différemment localisée. L’analyse du problème de la libido dans la démence précoce fait apparaître que le manque d’adaptation du patient à la réalité est compensée par un surcroît progressif de fantasmes. Une conception génétique considère la libido comme un type d’énergie psychique qui se manifeste dans le processus de vie et est perçue subjectivement comme élan et désir. Les perversions infantiles en tant que concept libidinal tournent autour de la théorie de la sexualité qui, à son tour, est impor-tante pour la théorie des névroses. La fonction nourricière de la libido (celle de sucer) est une des phases transitoires de l’enfant et se développe en sexualité normale à l’âge adulte. 2 références.

000066 – La théorie de la psychanalyse.
4. Névrose et facteurs étiologiques dans l’enfance (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 129-138), (§294-313) & Jung, LA THEORIE PSYCHANALYTIQUE, Paris, Montaigne, 1932.

Les rôles de la prédisposition sexuelle, le complexe parental et les influences parentales en général sont analysés pour éclairer les évènements de l’enfance qui deviendront le terrain de névroses futures. On considère que la prédisposition sexuelle à la névrose ralentit la libération de la libido attachée aux activités du stade pré sexuel. La maturité accentue ce retard qui mène à la dissociation de la personnalité. La réaction hystérique d’une patiente face à des chevaux emballés montre que la théorie traumatique n’est pas appropriée. La responsabilité des affects ultérieurs incontrôlables relève d’un système imagina-tif précoce, plutôt que des évènements traumatiques de l’enfance. Cette implication de la libido dans l’imaginaire, et non dans la vie réelle, démontre une introversion partielle. Le complexe parental, dans lequel les émotions sont encore liées aux images parentales, contribue à freiner la libido. La tendance à l’imitation des enfants, qui vont jusqu’à s’identifier aux parents, et des primitifs, explique la force des influences parentales. Beaucoup de névrosés, enfants gâtés, attendant de rece-voir de l’extérieur la même tendresse familiale, se rendent compte de la diffé-rence entre le passé et le présent mais sont incapables de s’adapter à cause du retard émotif par rapport à la pensée. 1 référence.

000067 – La théorie de la psychanalyse.
5. Les fantaisies de l’inconscient. (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 139-150), (§314-339) & Jung, LA THEORIE PSYCHANALYTIQUE, Paris, Montaigne, 1932.

Analyse du concept d’inconscient, des fonctions du rêve, de l’analyse des rêves et du test des associations pour atteindre l’inconscient. On considère que l’inconscient et son imaginaire infantile représentent la clé de l’étiologie des névroses. Bien que le patient puisse ne pas connaître la mythologie, il existe des parallèles évidents entre les contenus imaginaires de l’inconscient et ceux de la mythologie. Le rêve est un effet de l’inconscient exprimé en termes symboliques conscients. L’analyse des rêves recherche des associations aux images du rêves susceptibles de montrer l’origine de celles-ci dans un passé récent. Le matériel du rêve est fait d’un mélange de souvenirs conscients et d’associations ou analogies significa-tives. L’expérience des associations est un simple test à l’aide duquel on peut explorer l’influence de l’inconscient et identifier certains signes de complexes qui trahissent des disfonctionnements potentiels. L’accumulation de ce type de phén-omènes déclenche une névrose, effet d’une constellation inconsciente.

000068 – La théorie de la psychanalyse.
6. Le complexe d’Œdipe. (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 151-156), (§340-352) & Jung, LA THEORIE PSYCHANALYTIQUE, Paris, Montaigne, 1932.

Analyse et explication du développement du complexe d’Œdipe, le fantasme le plus courant des enfants. Ce complexe, qui peut être simplement considéré comme une demande d’amour aux parents, peut provoquer un affect très fort chez les enfants, moindre cependant qu’une émotion d’adulte. Etant donné que le premier amour de l’enfant s’adresse à la mère, une fille peut également avoir un complexe d’Œdipe. Ce complexe peut entraîner un désir inconscient chez l’enfant de tuer le père afin de garder la mère pour lui tout seul. Le facteur érotique s’intensifie avec l’âge et le complexe prend ainsi sa forme classique à la maturité. Si l’enfant n’arrive pas, après la puberté, à s’affranchir de son milieu familial le complexe va activer le conflit avec de possibles perturbations névrotiques. A ce stade, la libido prend la forme du « moule » œdipien et provoque des fantasmes qui trahissent l’existence du complexe jusque-là inconscient. Les fortes résistances contre ces pulsions « immorales » peuvent se manifester soit par une violente résistance au père et un amour pour la mère, soit par une soumission compensatrice au père et une opposition à la mère. Parfois ces attitudes alternent. Normalement, la libido s’oriente vers des objets extérieurs, aidée en cela par la religion qui l’éloigne des objets infantiles pour l’orienter vers des représentations symboliques du passé. Selon Freud, le complexe d’Œdipe est refoulé par une répression morale appelée la « barrière de l’inceste ».

000069 – La théorie de la psychanalyse.
7. Ætiologie des névroses. (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 157-180), (§353-406) & Jung, LA THEORIE PSYCHANALYTIQUE, Paris, Montaigne, 1932.

Analyse du développement des névroses afin de rechercher l’importance étiologique de l’action de l’inconscient, des conflits actuels, de la régression de la libido, et de l’impact relatif des évènements traumatiques et des caractéristiques innées. Le cas de la réaction hystérique de la jeune femme face aux chevaux emballés illustre l’influence de l’inconscient. La théorie freudienne de la sexualité infantile est considérée comme une mauvaise explication des névroses d’adulte et la doctrine de la « période de latence sexuelle » est rejetée. Cette période est véritablement le début de la sexualité et tout ce qui précède est considéré comme un stade préliminaire sans réel caractère sexuel. Il n’y a pas d’étiologie significative dans le parcours infantile ; la cause du conflit pathogène est le plus souvent actuelle. Les expériences de l’enfance ne sont significatives de la névrose que s’il y a une régression de la libido au cours de laquelle le souvenir détermine la forme tandis que le présent apporte l’élément dynamique. Le retour au stade infantile est illustré par le cas de deux sœurs qui réagissent aux conflits générés par un mariage imminent. On conclut que ce n’est ni un évènement traumatique, ni une prédisposition qui peut être l’unique cause de la névrose, mais que les deux la conditionnent. Les fantasmes régressifs ne sont pas seulement utilisés comme substituts de l’action mais, aussi bien chez les personnes normales que névrosées, comme des tentatives inconscientes pour trouver de nouvelles voies vers une adaptation au réel.

000070 – La théorie de la psychanalyse.
8. Principes thérapeutiques de la psychanalyse. (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368p. (p. 181-203), (§ 407-457), (§407-457) & Jung, LA THEORIE PSYCHANALYTIQUE, Paris, Montaigne, 1932.

Analyse de quelques techniques thérapeutiques et accent sur les dangers et avantages du transfert comme outil du traitement des névroses. La présence de l’analyste dans les fantasmes du patient sert à faire émerger de l’inconscient ces fantasmes et à libérer la libido qui y est attachée. Ceci a souvent pour effet de reporter sur l’analyste les fantasmes précédemment liés aux images parentales. Bien que ce transfert puisse constituer une passerelle vers la réalité, le hasard veut qu’il soit parfois trop avantageux pour le patient. Parallèle entre la psychanalyse et la confession, mais de rôle de l’analyste n’est pas de diriger mais de former ses patients à l’indépendance. L’analyse du transfert doit être alors mise en œuvre pour libérer la libido de tous les fantasmes et maîtriser les demandes d’attention du patient équivalentes à la demande infantile d’amour. L’analyste doit avoir été lui-même analysé pour qu’il n’identifie pas ses propres demandes infantiles à celles de son patient. La technique de l’analyse du transfert n’a pas varié depuis le début de l’analyse mais on y a ajouté l’utilisation des rêves non seulement pour comprendre l’investissement de la libido dans les fantasmes, mais égale-ment pour savoir comment réinvestir la libido libérée. Les rêves peuvent être considérés comme des agencements subliminaux de faits à venir ; ces tendances ont à être élaborées pour libérer le patient de son transfert semi-infantile et mettre fin au traitement. Un court commentaire sur l’usage futur de la psychanalyse prédit que celle-ci ne sera jamais réservée aux seuls médecins et il est fait mention des parallèles entre les symboles des individus d’aujourd’hui et ceux découverts dans l’histoire de la espèce humaine.

000071 – La théorie de la psychanalyse.
9. Un cas de névrose chez un enfant. (1912)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 204-226), (§458-522) & Jung, LA THEORIE PSYCHANALYTIQUE, Paris, Montaigne, 1932.

Exposé du cas d’une fillette de 11 ans pour illustrer la technique de psychanalyse et la régression de la libido. La fillette avait des nausées et des céphalées qui l’empêchaient de fréquenter l’école et elle avait été également l’objet d’un chantage de la part d’un petit garçon qui l’accusait d’avoir dit du mal de son maître. Dix séances avaient fait découvrir le plaisir de rester à la maison, son amour pour le maître et sa tristesse d’avoir perdu l’estime de celui-ci. On découvrit également son questionnement sur la grossesse et l’accouchement, la peur de son père, ses expériences de masturbation et son désir d’avoir un bébé. Compte-rendu de la façon dont ces contenus furent mis à jour, de l’utilisation des rêves pour les éclairer et aider l’enfant à les comprendre, de l’interprétation de l’analyste et de la façon dont il en faisait part à l’enfant. En outre, commentaires approfondis sur le symbolisme mis à jour dans les rêves de l’enfant et sur les aspects philosophiques de l’analyse qui n’ont jamais été rapportés aux parents. Mis en parallèle entre la mythologie et l’individu d’aujourd’hui. On pense que bien des difficultés de l’enfant auraient pu être évitées si sa famille l’avait clairement informée des choses sexuelles.

000072 – Aspects généraux de la psychanalyse. (1913)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 227-242), (§523-556) LA THEORIE PSYCHANALYTIQUE, Paris, Montaigne, 1932.

En partant de l’exposé des principes de la psychanalyse, on pense que celle-ci est à présent une science qui pourrait s’appeler, à partir de ces techniques, psychologie analytique. Travaillant sur l’inconscient plutôt que sur le conscient, la psychanalyse tente de maîtriser les désordres névrotiques en se basant sur les données fournies par le patient. L’analyse débute par une anamnèse consciente et le test des associations est utilisé pour étudier l’activité diurne et consciente ; exemples de ce type de séances. L’analyse des rêves est un outil appréciable pour la psychanalyse, mais en début de traitement, la plupart des patients ne peuvent pas fournir suffisamment de détails pour une analyse efficace et exhaustive. Les patients qui ne rêvent pas ou qui ne peuvent se souvenir de leurs rêves font état en général de contenus conscients. Les images des rêves sont interprétées sexuellement mais aussi comme symboles d’autre chose ; ainsi un rêve fran-chement sexuel peut avoir d’autres connotations. La conception freudienne du rêve comme expression de désirs refoulés est caduque : il représenterait plutôt l’expression subliminale de la situation psychologique effective de l’état cons-cient. Le choix du contenu onirique que Freud appelle le désir refoulé est essentiellement considéré comme un moyen d’expression. Limites pratiques de l’analyste au regard de son patient et aspect philosophique général de la psychanalyse.

000073 – Psychanalyse et névrose. (1913)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 243-251), (§557-575) &.in l’Encéphale, VIII, Paris, 1913, (p.263-266)

Compte-rendu de la théorie freudienne des névroses, des questions qu’elle soulève et remplacement de son approche sexuelle exclusive par un concept énergétique. L’observation de l’évolution étiologique depuis le traumatisme sexuel infantile jusqu’à l’activité sexuelle de l’enfant, a abouti à la dernière théo-rie de Freud : le névrosé est fixé à un certain stade précoce et le rôle essentiel du traitement réside dans la résolution de cette fixation infantile. Ce point de vue est néanmoins contestable car dans bien des cas il n’y a aucun signe de névrose jusqu’au moment de la crise. Il semble plutôt que le névrosé possède une sensibilité congénitale responsable d’une résistance précoce à l’adaptation et que la névrose survient lorsque se présente la nécessité d’une nouvelle adaptation psychologique. Lorsque la libido rencontre un obstacle qui paraît insurmontable que l’individu renonce à surmonter, la libido accumulée régresse vers une adaptation anormale. Il est certes important d’interroger les fantasmes sexuels infantiles, mais ils doivent être considérés comme des symptômes et non comme des causes. Le but du traitement est d’affranchir la libido qui y est fixée et de la soumettre à la volonté.

000074 – Quelques points cruciaux en psychanalyse. Correspondance entre le Dr Jung et le Dr Loy. (1914)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 252-289), (576-669) & Jung, LA GUERISON PSYCHOLOGIQUE, Librairie de l’Université-Georg, Genève 1970, (p.131-179)

Les questions soulevées au cours de l’analyse du Dr. Loy, entreprise pour l’aider dans sa pratique psychanalytique, sont discutées dans une correspondance. Les thèmes portent sur les raisons de l’abandon de la méthode cathartique et de la suggestion sous hypnose, sur la relation entre ces méthodes et le phénomène du transfert, et également sur les questions éthiques en comparant les conflits rencontrés par une personne en même temps chercheur et médecin. La psycha-na-lyse est considérée comme un traitement plus scientifique, mais en pratique, la technique choisie est celle – hypnose ou vraie analyse – que le médecin estime la plus adéquate au malade Les questions posées par Loy sur le rôle d’éducateur qu’aurait le psychanalyste dans la société sont reportées à « un stade ultérieur de son analyse » et il lui est recommandé d’accroître ses lectures. Dr Loy évoque d’éventuelles diffé-rences de visée pour le patient, le besoin de celui-ci de comprendre la méthode psychanalytique et les limites de la responsabilité du psychanalyste quant à son avenir. La nature et la fonction du transfert est expliquée pour critiquer toute interférence de la part de l’analyste sur l’évolution du patient. La valeur du transfert est affirmée à nouveau dans le sens d’une « obligation biologique » et la question est discutée quant à l’aide apportée au patient pour qu’il s’adapte à la double demande interne et sociale.

000075 – Préface à «Articles sur la psychologie analytique». (1916)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 290-297). (§670-692)

Préfaces des première et seconde éditions des « Collected Papers on Analytical Psychology » se rapportant aux différentes façons de voir des écoles psycha-nalytiques de Vienne et de Zurich. L’école de Vienne se fonde sur une base exclusivement sexuelle et interprète sémiotiquement le symbole comme un signe du processus de la sexualité primitive ; sa méthode est analytique et causale. Le point de vue de Zurich est symbolique, ajoutant une visée positive et prospective au symbole ; sa méthode est synthétique et prospective. Le principe freudien de plaisir et la théorie adlérienne de puissance ne sont pas nécessairement infondés car ces deux principes agissent en tout un chacun, mais ils sont incomplets. En plus de la causalité, la finalité est présentée comme un principe psychologique et on souligne que la vie ne permettrait pas la manifestation incontrôlée d’une recherche infantile de plaisir ou de puissance. La causalité freudienne (de Vienne) est mécaniciste ; la finalité jungienne (de Zurich) est téléologique et fonctionnelle. Toutes deux sont nécessaires pour comprendre le fonctionnement psychologique et elles ne sont pas antagonistes si on les considère comme des principes régulateurs de pensée et non comme principes constituants du proces-sus naturel. 2 références.

000076 -. De l’importance du père pour la destinée de l’individu. (1909)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 301-323), (§693-744) & Jung, PSYCHOLOGIE ET EDUCATION, Paris, Buchet Chastel, 1963, (p.205-240)

Quatre cas illustrent l’influence de « l’imago » du père dans la vie des enfants. La personnalité du père est toute-puissante dans chacun de ces cas ce qui suppose que le pouvoir ne provient pas de l’homme en tant qu’individu mais de ce qu’il représente un modèle instinctuel inné (ou « pattern of behavior »), un archétype. Il s’agit d’une imago chargée d’un dynamisme qui ne peut être attribué à un être humain. Le cas d’une femme, épouse d’un homme qui ressemblait fortement à son père et restée veuve pendant des années, montre qu’elle reproduisait ainsi sa propre vie de jeune fille. Un second cas concerne un homme dont la vie a répété sa relation masochiste homosexuelle avec son père. Le 3è cas présente une femme qui sacrifie chaque évènement heureux sur l’autel de la fidélité à un père mort. Le dernier cas évoque un garçonnet de 8 ans qui se sert de l’énurésie nocturne pour séparer la mère du père. Ces cas montrent que l’influence parentale, même refoulée, contrôle l’esprit adulte. Le rôle de l’imago paternelle est ambigu, ce qui est propre à l’archétype dont les potentialités excèdent dans l’inconscient les capacités humaines. 4 références.

000077 – Introduction à Kranefeldt «Les chemins secrets de l’esprit». (1930)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 333-340), (§768-340) & Jung, LA GUERISON PSYCHOLOGIQUE, Librairie de l’Université-Georg, Genève 1970, (p.180-190)

Les différences entre les conceptions jungienne et freudienne relèvent des différences entre leurs principes de base. Jung estime que Freud s’est trompé en tournant le dos à la philosophie tandis que Jung apprécie autant la religion que la biologie ou les sciences naturelles et il peut intégrer d’autres approches dans sa propre façon de voir. Jung rassemble toutes les forces et pulsions dans le concept d’énergie, contrairement à Freud qui admet de mauvaise grâce tout autre pulsion que celle de la sexualité. L’attention portée par Freud aux faits biolo-giques contraste avec la considération qu’a Jung pour la vie de l’esprit, ce pourquoi il a été accusé de mysti-cisme. Le surmoi de Freud peut être, en l’occurrence, considéré comme un Jéhovah affublé d’un terme psychologique. L’étude de la religion relève de l’étude de l’homme, car l’histoire humaine comprend le développement des fonctions religieuses ; des milliers d’années de rites initiatiques ont enseigné la renaissance par l’esprit.

000078 – L’opposition entre Freud et Jung. (1929)

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.4. Princeton University Press, 1970. 368 p. (p. 333-340), (§768-340) & Jung, LA GUERISON PSYCHOLOGIQUE, Librairie de l’Université-Georg, Genève 1970, (p.180-190)

Les différences entre les conceptions jungienne et freudienne relèvent des différences entre leurs principes de base. Jung estime que Freud s’est trompé en tournant le dos à la philosophie tandis que Jung apprécie autant la religion que la biologie ou les sciences naturelles et il peut intégrer d’autres approches dans sa propre façon de voir. Jung rassemble toutes les forces et pulsions dans le concept d’énergie, contrairement à Freud qui admet de mauvaise grâce tout autre pulsion que celle de la sexualité. L’attention portée par Freud aux faits biolo-giques contraste avec la considération qu’a Jung pour la vie de l’esprit, ce pourquoi il a été accusé de mysti-cisme. Le surmoi de Freud peut être, en l’occurrence, considéré comme un Jéhovah affublé d’un terme psychologique. L’étude de la religion relève de l’étude de l’homme, car l’histoire humaine comprend le développement des fonctions religieuses ; des milliers d’années de rites initiatiques ont enseigné la renaissance par l’esprit.

05. Métamorphoses de l’âme et ses symboles

Volume 5

000079 – Symboles de transformation.
Partie I. Introduction.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 3-6), (§1-3) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.47-51)

L’exposé de Freud sur le fantasme sexuel, qu’il fait dériver de la légende d’Œdipe, est proposé comme un exemple de légendes classiques exprimant des concepts psychologiques fondamentaux ; elles pourraient être encore mieux comprises et appréciées en analysant ces concepts. Les travaux de Riklin, Rank, Abraham, Maeder, Jones, Silberer et Pfister sont des contributions éclairantes dans les recherches historiques sur l’inconscient de l’homme moderne. De même que l’étude de l’activité de l’inconscient de celui-ci peut s’appliquer à la compréhension de la psychologie des problèmes historiques et symboliques, ainsi l’inverse, càd l’étude comparative du matériel historique, pourrait éclairer les problèmes psychologiques individuels d’aujourd’hui. C’est précisément dans la perspective d’acquérir de nouvelles connaissances sur les fondements de la psychologie qu’est proposée l’étude du matériel historique.

000080 – Les deux modes de la pensée.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 7-33), (§4-46) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.52-87)

Le principe de la répétition ontogénétique de la psychologie phylogénétique est expliqué en montrant la relation entre l’inconscient humain, ou pensée non dirigée, et la mythologie et les légendes. Description des deux types de pensées : la pensée dirigée dont la science est la forme supérieure et qui est fondée sur le discours, et une pensée non-verbale, indirecte et associative, appelée communément rêve. Ces deux formes de pensées se rapportent à deux activités humaines : l’adaptation à la réalité extérieure et le retour vers des intérêts subjectifs. La pensée indirecte caractérise les anciennes cultures, l’homme primitif et les enfants. Le parallélisme entre la pensée mythologique des anciens et celle des enfants et des primitifs, ou encore celle que l’on retrouve dans les rêves, laisse supposer qu’il existe une correspondance entre le développement ontogénétique de l’individu et la phylogenèse du développement psychologique du genre humain. L’examen de certains contes et mythes illustre l’idée que ce qui représente chez l’homme moderne un fantasme secret était, jadis, une coutume ou une croyance parfaitement acceptées : l’origine du fantasme individuel est considéré comme une compensation, celle par exemple de l’adolescent qui rêve d’être issu de parents sains et importants, fantasme que l’on retrouve dans les légendes de Remus et Romulus ou de Moïse. La pensée dirigée entre en contact avec les contenus de l’inconscient mais pas avec ses motivations. Dans le conte d’Anatole France, par exemple, le désir inconscient de l’abbé Œgger de devenir un « Judas » le pousse à l’étude de la légende de Judas et à l’idée d’un Dieu miséricordieux, puis à lui faire quitter l’église catholique. On conclut que les fantasmes de l’adulte ne reflètent pas seulement des conflits individuels mais également des thèmes archaïques et que toute interprétation de fantasme devrait être éclairé par ces deux aspects du mécanisme imaginatif. 33 références.

000081 -. Les fantaisies de Miss Miller : anamnèse.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p.34-38), (§47-55) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.88-93).

La publication par Flournoy des fantasmes écrits par une certaine Miss Miller montre le caractère influençable et auto-suggestif de cette jeune femme. Quelques exemples précis, tirés de l’ensemble présenté, illustrent la façon dont ces fantasmes expriment des conflits immédiats. On estime que ceux-ci, ajoutés à l’énergie psychique libérée par la perte de la réalité, sont à l’origine de son caractère influençable et de sa propension à ressentir de façon inhabituelle certaines impressions. 2 références

000082 – L’hymne à la création.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 39-78), (§56-114) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.94-155).

L’analyse du conflit inconscient à l’origine du poème onirique de Miss Miller, « L’hymne à la création », et la recherche du but de ce rêve conduisent à une interrogation sur la place de Dieu et de la religion dans l’adaptation psychique de l’homme. « L’hymne à la création » écrit par Miss Miller à son réveil, représente la projection des conflits refoulés nés de son attirance amoureuse pour un marin à peine entr’aperçu, tandis que sa propre interprétation du rêve dénote son identification à la protestation d’innocence de Job et rejette tout le « mal » sur les autres. Le rôle de Dieu, archétype paternel projeté et dépositaire des problèmes humains, est abordé par rapport à une demande religieuse de confession ; cette dernière maintient la conscience des conflits – ce que recherche la psychothérapie. Analyse de l’amour, caractéristique de Dieu, et des difficultés à distinguer l’amour spirituel et l’amour humain. On pense que le prêtre est un représentant de l’archétype. Le christianisme est une réaction inévitable à la barbarie grâce à son contrôle moral sur les bas instincts et au fait qu’il détourne de la réalité et encourage l’abstraction ; en tant que tel, il est mis en opposition avec le culte mithriaque de la nature. Analyse du rôle du christianisme, libérant l’énergie humaine au profit de la civilisation (ce que le christianisme a rendu possible par sa foi en la souveraineté de la pensée) et questionnement consécutif sur la réalité des concepts subjectifs chrétiens, tel que celui de « l’âme ». 40 références.

000083 – Le chant de la mite.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 79-117), (§115-175) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.156-220).

Analyse détaillée du symbolisme sous-tendant le poème, « Le chant de la mite », de Miss Miller et tentative pour décrire l’état psychologique de l’auteur, en fonction de ce symbolisme mais aussi des explications qu’elle en donne. Il s’agit d’un poème onirique comme « L’hymne à la création » et il révèle les mêmes complexes. Miss Miller interprète elle-même le désir de la mite pour le soleil comme le désir de l’homme pour Dieu, et les recherches sur le symbolisme du soleil confirment ce thème. On considère que le poème traduit l’intention de transformer son désir pour l’homme, son objet d’amour (le chanteur), en un désir pour Dieu. L’énergie psychique (la libido) crée l’image de Dieu en utilisant un modèle archétypique et conséquemment en vénérant comme divine cette même force psychique ; ceci permet à l’homme de sentir en lui la divinité et d’augmenter son sentiment d’importance et de puissance. Un grand nombre de textes et de références confirment le symbolisme du soleil, de la lumière et du feu comme représentants du divin. On considère que ces concepts récurrents représentent un archétype, càd non pas une idée héritée mais une disposition de l’homme à produire des idées similaires. En évoquant les précédents historiques des symboles de la mite et du soleil, c’est pour le héros solaire que brûle l’âme/mite de Miss Miller. Les fantasmes morbides de Miss Miller sont représentatifs de l’ambivalence de l’amoureux vis-à-vis de sa passion dont le pouvoir est en même temps bénéfique et destructeur. 32 références.

000084 – Symboles de transformation.
Partie II. Introduction.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 121-131), (§176-189) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.221-237).

En référence au concept psychologique de libido, développement des références classiques relatives au symbolisme concerné dans le poème onirique « Le chant de la mite » et au symbolisme du phallus dans les légendes. On cite les références au soleil comme image de Dieu, le soleil représentant le pouvoir créateur de l’âme (la libido). On fait remarquer que le culte du soleil est logique si on considère la dépendance physique de l’homme par rapport au soleil. Des extraits du Shvetashvatara Upanishad et du Kasha Upanishad présentent comme divins des symboles phalliques, tels que les poucets ou les nains mais aussi le soleil, aussi puissants que la clé offerte par Méphistophélès à Faust. Tous ces symboles représentent le pouvoir de la libido, le phallus en particulier représentant la divinité créatrice. Ces exemples servent à montrer que la « libido » de Freud n’est pas uniquement sexuelle, bien que la sexualité soit un composant de sa force. Il est fait appel à la définition de la libido par Cicéron : une « cupidité effrénée » opposée à la « volonté », et à celle plus large de St. Augustin, pour appuyer une utilisation plus étendue de ce concept. 19 références.

000085 – Le concept de libido.

In Jung,Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 132-141), (§190-203) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.238-252).

Discussion sur la première définition de la libido par Freud et sur les raisons d’une modification de cette définition. Bien qu’à une époque Freud ait considéré la libido équivalente à un intérêt en général, il est finalement retourné à sa première définition d’une libido comme énergie sexuelle inondant les autres instincts et il a pensé que la paranoïa pouvait s’expliquer par la perte de l’intérêt libidinal. Ce qui disparaît dans la schizophrénie est bien plus qu’un intérêt érotique : ce qui est perdu est toute la relation à la réalité et la libido est identique à ce qu’on appelle l’énergie psychique, l’appétit à son état naturel. La différenciation, dans le psychisme humain des besoins et pulsions élémentaires liés à l’instinct de reproduction, a créé des fonctions psychiques complexes qui sont à présent indépendantes de la sexualité. Cette conception de la libido, plus large et énergétique, explique le fait patent qu’un instinct peut être dépotentialisé en faveur d’un autre ; c’est ainsi que les perturbations sexuelles de la névrose sont des phénomènes secondaires et non primaires. La perte de réalité dans la schizophrénie n’est donc pas causée par une libido incontrôlée, mais provient de l’investissement de l’énergie psychique dans des fantasmes archaïques. On considère que dans les névroses, la réalité est plutôt faussée que perdue et que le fantasme est plutôt d’origine personnelle qu’archaïque. On pense que le bénéfice pour l’homme de cette énergie psychique investie dans des formations analogiques se trouve dans le développement général de l’esprit humain, de la préhistoire à nos jours. 14 références

000086 – La métamorphose de la libido.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 142-170), (§204-250) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.252-294).

On analyse, chez une patiente schizophrène, les modèles de réactivation régressive au stade pré-séxuel et on les compare à la transformation de la libido liée à la préparation du feu et au mouvement rythmique des premières étapes du développement humain. Ce cas fait apparaître une régression vers les mouvements rythmiques précoces, tels ceux que l’on observe dans la succion rythmée des bébés, lorsque la libido est encore investie dans la zone nutritionnelle. Avec la transformation de la libido au cours du développement de l’enfant, ce modèle est transféré vers d’autres fonctions et ultimement vers la fonction sexuelle. On appelle cependant « période pré-sexuelle », la période allant de la naissance aux premières manifestions sexuelles patentes. La littérature et les légendes fournissent des exemples de la relation entre la lassante activité rythmique observée dans la régression des patients et la préparation du feu. On cite des exemples provenant des différentes périodes de l’histoire et de peuples variés pour confirmer l’existence d’une ressemblance générale entre la préparation du feu et la sexualité. Etant donné que la sexualité est la composante psychique dotée de la plus forte tonalité affective, les régressions, comme les rituels primitifs, manifestent une analogie avec elle bien qu’ils dérivent en fait d’un stade libidinal pré-sexuel. On considère également comme pré-sexuelle la transformation de la libido. Bien que la peur ne soit incontestablement pas à écarter, le refoulement de la libido est plutôt fondé sur des facteurs externes et internes que sur le tabou de l’inceste proposé par Freud. La force d’un tel refoulement provient d’images primordiales et archétypiques à effet numineux spécifiques. La littérature indoue sur la préparation du feu, les légendes du feu né de la bouche, les références bibliques du feu sortant de la bouche et la poésie de Goethe confondant le son, la lumière, la parole et le feu, sont donnés en exemples de la conversion d’une libido originellement investie dans la sphère nutritionnelle et non dans la sphère sexuelle. Le symbolisme du feu est analysé en référence au Livre de Daniel, au Bhagavad Gita et à Platon, mais aussi à la pyromanie et à la préparation du feu. Les cérémonie du feu sont analysées comme un exemple de la canalisation progressive de l’énergie psychique en action. 32 références.

000087 – La naissance du héros.

n Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 171-206), (§251-299) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.295-346).

Analyse du héros, appelé « le plus beau symbole de la libido », tel qu’il apparaît dans la mythologie, les légendes et le rêve dramatique d’une patiente, Miss Miller. L’origine de la vision de Miss Miller est une introversion passive qui rejette l’objet d’amour au profit d’un investissement de la libido sur un substitut intérieur créé par l’inconscient. Pour l’humanité en général, cette introversion de l’attention libidinale est patente dans le culte du héros symbolisant une puissance psychique archaïque refoulée par la pression sociale. Ce besoin humain, la recherche d’un surhomme qui symbolise l’idée, les formes et les forces de l’âme est reconnu par l’église catholique qui présente Jésus comme un héros visible. Analyse des prolongements de la signification du sphinx qui apparaît dans le rêve de Miss Miller et l’on en déduit que pour elle, il représente ce qu’il était pour Œdipe : une menace d’inceste. Un Aztèque, image masculine surgissant de l’image du sphinx, confirme cette interprétation ; analyse du sens symbolique des vêtements et de l’apparence de ce personnage. On explique le processus de refoulement et de régression qui mène au surgissement inconscient de ce genre de personnages archétypiques. Dans la mesure où les contenus issus de l’inconscient proviennent du matériel infantile refoulé, on analyse entre autres significations symboliques, la psychologie de l’intérêt de l’enfant pour ses excréments, ce qui touche à l’analité et la confusion qu’il fait entre création et défécation. La création de la personnalité inconsciente est abordée à travers la légende du juif errant, autre figure du rêve de Miss Miller. On cite les légendes et la tradition de l’histoire chrétienne, juive et mithriaque qui renvoient au symbolisme du soleil et où l’on trouve le poisson comme symbole de régénération et de renaissance. Dans ces textes, les héros sont en même temps mortels et immortels. La force psychique vitale, la libido, se symbolise régulièrement par le soleil ou se personnifie dans des figures de héros solaires, autres images de mortalité et d’immortalité. Brève analyse des motivations inconscientes, comme le problème de l’inceste et celui des désirs cherchant à se faire reconnaître. 28 références.

000088 – Les symboles de la mère et de la renaissance.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 207-273), (§300-418) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.347-454).

A l’occasion de l’exposé des symboles de mère et de renaissance, interprétation du dialogue imaginaire de Miss Miller avec un héros/dieu et démonstration de l’importance culturelle attachée à la canalisation de la libido par des symboles. Dans la vision de Miss Miller, la cité est un symbole maternel comme dans le mythe d’Ogygès, la mythologie indoue ou dans la Bible. Dans ces mythes et dans ceux qui font allusion à une navigation (également présente dans la vision de Miss Miller), on trouve la nostalgie du retour dans le ventre de la mère et celle de renaître immortel. Ce processus créateur symbolique analyse la libido et lui permet de progresser à nouveau vers un plus grand degré de conscience. Etude et analyse d’autres symboles de l’imago maternelle : l’eau, la forêt ou l’arbre de vie. Ces exemples prouvent que l’objet du désir est la renaissance et non la relation incestueuse. Le tabou de l’inceste est un barrage qui canalise la libido et la spiritualise. La religion est, en ce sens, un adjuvant. On considère que le symbolisme et la symbolisation sont civilisateurs et naturels ; le symbole représente une vérité psychologique et ne provient pas de l’extérieur. Dans de nombreux symboles maternels, récurrence des thèmes de manducation et d’enlacement comme dans celui de l’arbre entouré d’un serpent. Ce symbole, tel qu’il apparaît ici et dans bien d’autres mythes, est interprété comme un exemple du père archétypique s’opposant à l’instinctualité pure. On conclut que l’inceste est une explication brute et limitée de la symbolisation ; la loi qui s’exprime comme « prohibition de l’inceste » devrait être interprétée comme tendance à la domestication, les systèmes religieux organisant les forces instinctives de la nature humaine afin de les rendre disponibles pour des visées supérieures. 65 références.

000089 – La lutte pour se délivrer de la mère.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. -274-305), (§419-463) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.455-507).

En considérant la vision millérienne du cavalier (Chiwantopel) menacé par la flèche d’un indien, on cherche à déceler le sens symbolique de ce fantasme et l’on interprète la vision comme l’expression de l’impérieuse nécessité pour Miss Miller d’abandonner sa dépendance infantile à la mère. Le héros de la vision exprime la demande infantile de son auteur ; il se comporte même de façon féminine en reflétant l’infantilisme persistant de Miss Miller et de son identification aux parents. L’analyse se prolonge par celle du symbolisme du cheval et de la flèche tels qu’ils apparaissent dans la mythologie, le théâtre et la poésie. La blessure du héros est considérée comme la percée symbolique du soi à travers laquelle la libido se replie sur elle-même comme si elle retournait dans le ventre de la mère. Cette intériorisation survient chaque fois que l’homme a à faire face à un moment difficile de sa lutte pour l’indépendance (dégagement de la mère et de toute l’atmosphère de son enfance). Analyse de l’imago de la mère et des archétypes maternels et distinction entre les attitudes prises à leur égard au cours de la première et seconde partie de la vie. Dans la vision de Miss Miller, la flèche n’atteint pas le héros, ce qui montre que Miss Miller n’est pas prête à renoncer au lien à la mère. 29 références.

000090 –The dual mother

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 306-393), (§464-612) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, Le sacrifice (p.508-647).

La vision de Miss Miller du héros Chiwantopel et le lien qu’elle-même propose avec les légendes de Hiawatha, Siegfried et autres héros religieux et mythologiques sont repris dans le prolongement de la théorie héroïque. Chiwantopel à la recherche de « celle qui comprend » est l’archétype même de l’inconscient gouverné par l’imago de la mère. Le combat de Miss Miller vise à l’indépendance : le héros apparaît alors comme un sauveur qui réalise tout ce qu’elle est incapable de faire elle-même. Les analyses détaillées de Hiawatha et de Siegfried confirment la théorie du héros comme symbole du soi. Les circonstances extraordinaires de la naissance du héros sont dues au fait qu’il est né d’une mère/ épouse ; ce thème de la double mère produit une double naissance : l’une mortelle, l’autre quasi divine. Dans ce combat entre mort et renaissance, on peut voir le symbole de la lutte du soi contre le désir d’un retour dans l’inconscient (la mère). Tandis que la religion et la société condamnent et font barrage à cette démarche régressive, il est au contraire fortement recommandé à la thérapie de l’encourager, car il ne s’agit pas d’un retour incestueux à la mère, mais une régression vers la totalité présexuelle de l’inconscient. Ce conflit entre le moi conscient et l’inconscient est à la source de la représentation classique du héros en train de combattre indéfiniment des forces menaçantes et démoniaques. Le fait que souvent le héros et son adversaire se ressemblent est considéré comme un symbole de leur lien en tant que double élément d’un même tout. De même, le trésor que recherchent tant de héros légendaires est considéré comme la vie elle-même, la solution du conflit entre le conscient et l’inconscient ; à travers l’introversion, càd l’entrée dans la grotte, le trésor/soi est reconquis càd renaît. On propose une interprétation similaire des rêves, car le mythe du héros en tant que drame inconscient est en fait une sorte de rêve.

000091 -Le sacrifice.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 394-440), (§613-682) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.648-716).

On déduit le sens de la mort du héros Chiwantopel en comparant l’attitude de Miss Miller à celle du poète Hölderlin et à des nombreuses sources religieuses, légendaires et mythologiques. Le conscient de Miss Miller est menacé d’invasion par l’inconscient ; si cette invasion échouait, le conscient serait libre de briser l’inertie et pourrait avancer. Une situation similaire est analysée dans la poésie de Hölderlin, en particulier son désinvestissement progressif de la réalité. Ces références servent à présenter la régression comme une introversion volontaire dont la dépression serait une compensation inconsciente. Les poèmes de Hölderlin sont également cités comme exemples de la régression en tant que mise en relation avec les contenus originaires ; ceux-ci doivent être assimilés par le conscient faute de quoi leur forme chaotique engendrerait la schizophrénie. Les références à la mort sacrificielle et à la résurrection du Christ illustrent la similitude de la pensée du poète avec les thèmes mythologiques de la mort ou de l’auto-sacrifice du héros ouvrant les portes de l’immortalité. Le sacrifice de Chiwantopel par Miss Miller est interprété comme l’insistance apportée par l’inconscient pour qu’elle renonce à aspirer au retour dans les abîmes maternels. Le problème de Miss Miller est bien plus qu’un cas de psychologie individuelle : il reflète celui de l’humanité en général. Les symboles utilisés dans ces visions sont des images mythologiques nées de l’inconscient ; ce n’est pas le tabou de l’inceste qui a contraint l’humanité à l’évolution mais la tendance instinctive à l’évolution dont ce tabou et les autres sont issus. On évoque la philosophie indoue, sorte de mythologie purifiée traitant du sacrifice, ainsi que d’autres symboles sacrificiels légendaires ou mythologiques, et on compare la différence entre les sacrifices mithriaque et chrétien. En fonction de cette différence, le fantasme de Miss Miller, qui tue aussi bien le héros que son cheval, est interprété comme l’insistance de l’inconscient à la faire renoncer non seulement aux pulsions représentées par le cheval, mais également au moi représenté par le héros. Le drame joué par Chiwantopel et son cheval doit être à présent agi dans la vie de Miss Miller elle-même. 31 références.

000092 – Symboles de transformation. Epilogue.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 441-444), (§683-685) & Jung, METAMORPHOSES DE L’AME ET SES SYMBOLES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1973, (p.717-721).

Développement de la conception du rôle de la psychothérapie dans des cas comme celui de Miss Miller. On pense qu’à la fin des visions de celle-ci, la menace de l’inconscient était manifeste mais, étant incapable de saisir le sens des symboles de ses visions, Mis Miller ne pouvait ni comprendre ce qui se passait ni intégrer le héros dans sa personnalité consciente. La production imaginaire est une énergie qui échappe au contrôle conscient et elle est considérée comme précurseur de perturbations psychiques. Le rôle du psychothérapeute consiste à aider le patient à assimiler une partie de son inconscient et à supprimer la dissociation en intégrant les tendances inconscientes au conscient. Le cas particulier de Miss Miller est considéré comme un exemple des manifestations inconscientes précédant un désordre psychique, ce qui nous a mené à l’exploration de problèmes plus vastes ; c’est ainsi qu’en tant qu’expression de la situation psychique du patient, les fantasmes, rêves et hallucinations représentent le matériel grâce auquel un scientifique accroît le savoir humain.

000093 – Symboles de transformation.
Appendice : Les fantaisies milleriennes

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.5. 2nd. Ed.,Princeton University Press, 1967.557 p. (p. 445-462).

Les fantasmes millériens qui composent le matériel de base des « Symboles de Transformation » sont reproduits tels que les a écrits Miss Frank Miller. Ce matériel comprend également des remarques ou des suggestions, deux poèmes oniriques et la vision hypnagogique de l’histoire de Chiwantopel. Sont données de brèves informations sur ce qu’elle faisait ou pensait avant les poèmes et sa vision. Miss Miller affirme que toutes les personnes de nature sensible sont, comme elle, influençables et s’autosuggestionnent. Elle explique ses poèmes oniriques comme un mélange d’impressions nées de la littérature, de pièces de théâtre et de la philosophie. Miss Miller analyse la vision de Chiwantopel qui a surgi au cours de ce qu’elle décrit comme un état anticipatoire avant le sommeil. Cette vision comprend l’apparition de l’aztèque, la bataille hippique, la ville imaginaire, le changement de décor en une forêt dans laquelle Chiwantopel échappe à la menace de la flèche de l’indien, sa quête de l’âme sœur, son désespoir, l’apparition d’une vipère et la mort de son cheval et de lui-même. Miss Miller appelle Chiwantopel, héros de l’histoire, son « guide spirituel » et analyse la vision ; elle en trouve les sources quotidiennes (par exemple, pour le nom de son héros ou l’apparition du volcan) dans Shakespeare, Hiawatha, d’autres textes littéraires ou philosophiques ou encore dans sa propre expérience. Elle pense également que, précédant sa vision, la recherche quotidienne d’une idée originale aurait pu précipiter son fantasme hypnagogique. Elle considère en général ses visions de façon littéraire et superficielle sans se demander s’il n’y a pas eu une intervention de forces psychiques plus profondes.

06. Les types psychologiques

Volume 6

000094 – Les types psychologiques. Introduction.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 3-7), (§1-7), & Jung, TYPES PSYCHOLOGIQUES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1977, (p.5-10)

A partir de l’observation clinique de patients, deux grands types de personnalité sont distingués – l’introverti et l’extraverti. L’introduction de l’ouvrage comprend la présentation de la théorie, la description de la méthodologie à suivre pour comprendre les types psychologiques, ainsi qu’un résumé de leur définition, de leurs caractéristiques et de leurs corollaires. Pour la personnalité introvertie, les processus subjectifs et psychologiques constituent le centre d’intérêt : toute l’énergie vitale est tournée vers le sujet lui-même, l’objet étant relégué à un niveau inférieur (déprécié) par rapport au sujet. La personnalité extravertie est quant à elle, attirée prioritairement par l’objet : la valeur suprême réside dans l’objet et le sujet subordonne sa propre subjectivité à l’objet. La conséquence psychologique de ces deux attitudes se traduit par deux orientations radicalement différentes : l’une considère tout en terme d’événement objectif (l’extraverti), l’autre envisage tout en fonction de sa propre position (l’introverti). A côté de cette classification assez large, existe une deuxième série de types psychologiques déterminés par quatre fonctions psychologiques fondamentales : la pensée, le sentiment, la sensation et l’intuition, que l’on peut trouver chez l’introverti comme chez l’extraverti. A partir de là, les types psychologiques sont étudiés sous les deux angles : celui de l’introversion (sujet) et de l’extraversion (objet), d’une part et celui des quatre fonctions fondamentales, d’autre part.
1 référence.

000095 – Le problème des types dans l’histoire de la pensée antique et médiévale.
1. Psychologie de l’antiquité. Les gnostiques. Tertullien et Origène.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 8-20), (§8-30), & Jung, TYPES PSYCHOLOGIQUES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1977, (p.11-21)

Plus on remonte dans l’histoire plus l’attitude collective prédomine sur l’individu. Les types psychologiques postulés par la philosophie Gnostique sont représentés par Tertullien et Origène, et l’évolution des rapports entre le Christianisme et la pensée et le savoir sont discutés. La philosophie Gnostique distinguait trois types correspondant à trois fonctions psychologiques fondamentales : le pneumatique pourrait correspondre à la pensée, le psychique au sentiment, et le hylique à la sensation. Dans le Gnosticisme, le sentiment est dévalorisé au profit de la pensée, à l’inverse du Christianisme. Tertullien, fanatique qui créa le latin d’église est décrit comme un exemple classique d’introversion, qui fit le sacrifice de son intellect. Origène, autre figure marquante du Christianisme, véritable érudit, est présenté comme l’exemple de l’extraverti ; en s’émasculant, il sacrifia sensation et sentiment au profit de l’intellect ou du monde objectif.
3 références

000096 – Le problème des types dans l’histoire de la pensée antique et médiévale.
2. Les controverses théologiques de l’Eglise antique.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 20-23), (§31-34), & Jung, TYPES PSYCHOLOGIQUES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1977, (p.22-25)

Les premiers schismes religieux issus de tentatives pour définir la nature du Christ sont envisagés comme des illustrations de l’opposition entre les types psychologiques extraverti et introverti. L’opposition entre Ebionites et Docètes, le débat arien sur l’homoousie et l’homoiousie, tout comme la querelle entre Monophysites et Diophysites, révèlent une importante scission psychologique sous-jacente à ces querelles. Pour les uns la valeur ultime/suprême résidait dans la perception sensorielle, tandis que pour les autres l’essentiel résidait hors de l’humain, dans l’abstrait. Ce conflit a ressurgi au Vème siècle dans la controverse entre Pélagiens et Augustiniens. Pelagius et Celestius défendaient la valeur humaine face à la position héritée de Saint Augustin, pour qui l’homme dévalorisé ne pouvait trouver de salut hors l’Eglise en tant qu’institution divine. Nestorius et Cyrille, par leur définition respective de Marie en tant que mère du Christ ou mère de Dieu, illustrent également l’opposition entre le sensoriel et l’abstrait.

000097 – Le problème des types dans l’histoire de la pensée antique et médiévale.
3. Le problème de la transsubstantiation.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 23-26), (§35-39), & Jung, TYPES PSYCHOLOGIQUES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1977, (p.25-28)

000098 – Le problème des types dans l’histoire de la pensée antique et médiévale.
4. Nominalisme et réalisme.
a.Le problème des universaux dans l’antiquité

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 26-38), (§40-55), & Jung, TYPES PSYCHOLOGIQUES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1977, (p.29-38)

La définition, l’historique, les caractéristiques et l’importance du nomalisme et du réalisme sont étudiés. Les nomalistes soutenaient que les universaux – la beauté, la bonté, l’animal, l’homme, etc. – ne sont rien d’autre que des noms ou des mots ; pour les réalistes, les universaux existent en eux-mêmes, ante rem, avant la chose. L’ origine de l’opposition entre ces deux philosophies remonte au conflit qui opposait Platoniciens et Mégariens. Gromperz a décrit ce contraste fondamental en termes d’inhérence et de prédication. En prenant comme exemple le processus qui nous fait passer de la perception du « chaud » à l’identification de la notion d’énergie, le mécanisme de l’abstraction – passage de la perception « réelle » au concept, est démontré. Chez le primitif, la réalité de la perception sensorielle est telle, que l’imago, dont elle est l’empreinte psychique, réapparaît telle une hallucination. L’homme moderne ayant, quant à lui, ôté tout caractère sensible à l’image psychique et pense de manière abstraite, on ne retrouve cette réalité de la perception sensorielle que dans les rêves ou les visions mystiques. Chacun de ces exemples corrobore la théorie de l’existence a priori du prédicat, dans la mesure où elle a toujours été présente dans l’âme humaine.
6 références

000099 – Le problème des types dans l’histoire de la pensée antique et médiévale.
4. Nominalisme et réalisme.
b. Le problème des universaux dans la scolastique.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 38-46), (§56-67), & Jung, TYPES PSYCHOLOGIQUES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1977, (p.39-47)

La question de la définition de la nature des universaux et leur relation avec l’idée de Dieu est passée en revue. Porphyre pose le problème de la manière suivante : soit les universaux sont substantiels, corporels et existent dans l’objet, soit ils sont intellectuels, incorporels et sont distincts de l’objet. D’un côté, on trouve le point de vue platonicien considérant que l’idée (des universaux) préexiste à la chose, universalia ante rem, et de l’autre, les nomalistes pour qui les concepts génériques ne sont que des mots, universalia post rem. Entre les deux, l’attitude réaliste d’Aristote soutient que forme et matière coexistent, universalia in re. Au Moyen Age, cette controverse devint l’essence de la scolastique. Jean Roscelin représentait le point de vue nomaliste, face à l’attitude réaliste d’Anselme de Canterbury. Pour celui-ci, la preuve qu’il donne de l’existence de Dieu, si importante au plan psychologique est appelée la preuve « ontologique » : l’idée même de Dieu prouve son existence. La psychologie se doit de maintenir distinctes ces deux approches, car elles influencent encore l’opposition actuelle entre idéalisme et réalisme, entre spiritualisme et matérialisme. Les arguments d’autres personnages tenants de l’une ou l’autre position sont analysés. Dans ce contexte, l’argumentation de Kant allait devenir définitive et concluante. En accord avec les arguments kantiens, l’idée de Dieu est abordée sous l’angle de la psychologie analytique : elle coïncide avec un complexe idéationnel particulier qui concentre la plus haute somme de libido ou énergie psychique.
5 références.

000100 – Le problème des types dans l’histoire de la pensée antique et médiévale.
4. Nominalisme et réalisme.
c. Essai de conciliation d’Abélard.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 47-64), (§68-95), & Jung, TYPES PSYCHOLOGIQUES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1977, (p.48-64)

L’analyse de la tentative d’Abélard de concilier en une position intermédiaire le nomalisme et le réalisme, débouche sur une discussion du rôle de la psychologie et de la fantaisie créatrice dans la recherche d’une conciliation entre l’idée et l’objet, et conclut sur une discussion des théories de Freud et d’Adler. Au nomalisme, Abélard emprunte l’idée que les universaux sont des mots, des conventions intellectuelles exprimées par le langage. Au réalisme, il emprunte la notion que les « genera » (genres) et les « species » (espèces) sont des ensembles de faits et d’objets individuels réunis par simple analogie. Sa position intermédiaire, le conceptualisme, en soutenant que les objets individuels sont perçus et classés en genres et espèces par analogie, réduit leur multiplicité absolue – pour les nominalistes – en une relative unité. Abstraction et empathie sont présentées comme les fonctions de base du conceptualiste. Si la psychologie avait existé du temps d’Abélard, sa position aurait été celle du « esse in anima » (être dans l’âme). Cependant, comme sa conciliation visait à réduire les différences au niveau de l’expression logique-intellectuelle, elle était insatisatisfaisante et manquait de clarté ; en effet, le problème, d’ordre psychologique, requiert la prise en compte de la réalité concrète. Pour sa part, la psychologie, dans la mesure où elle admet l’existence de l’idée et de l’objet dans la psyché, parvient à une véritable conciliation. Le processus de conciliation et le rôle de la fantaisie créatrice dans ce processus, sont décrits. La fantaisie créatrice est définie comme l’expression la plus évidente de la psyché, l’activité créatrice qui apporte les réponses, le seul mécanisme qui unit introversion et extraversion. Certaines des difficultés qui empêchent de reconnaître le rôle de la fantaisie sont étudiés. L’influence du christianisme qui, en réprimant l’inconcient de l’individu, paralyse l’activité créatrice, est analysée, ainsi que le rôle de la science. La psychologie, en tant que science abstraite, a également tendance à exclure la fantaisie. Seule la psychologie pratique traîte la conciliation dans sa totalité. Freud considérait la fantaisie comme un processus causal, élémentaire ; pour lui les problèmes de la psyché résultaient du refoulement de désirs inconciliables. Pour Adler, le fait de croire en la supériorité de l’ego interdit à l’homme d’être subordonné à l’objet. Par conséquent, la théorie de Freud était extravertie, celle d’Adler introvertie. L’activité créatrice est considérée comme la clé de la synthèse entre ces mécanismes opposés. (5 références).

000101 – Le problème des types dans l’histoire de la pensée antique et médiévale.
5. La contreverse de la communion entre Luther et Zwingli.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 64-66), (§96-100), & Jung, TYPES PSYCHOLOGIQUES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1977, (p.65-67)

000102 – Les idées de Schiller sur le problème des types.
1. Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme.
a.Des fonctions supérieures et inférieures.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 67-96), (101-151), & Jung, TYPES PSYCHOLOGIQUES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1977, (p.5-10)

La distinction consciente que Frédéric Schiller introduit dans les attitudes typiques entre fonctions supérieures et inférieures, sert de base à une analyse du conflit caractéristique du type de pensée introvertie, qui s’appuie sur les lettres de Schiller sur l’éducation esthétique de l’homme, « Uber die asthetische Erziehung des Menschen » (1795). Pour Schiller l’œuvre de civilisation (collective) était à l’origine de cette différenciation des fonctions, opposant l’importance du développement de l’individu dans l’antiquité, à la civilisation collective prônée par le christianisme ; l’état actuel du développement de l’individu est analysé par rapport aux fonctions collectives. Schiller admettait que certaines fonctions avaient été réprimées (fonctions inférieures) et sa crainte qu’un conflit intérieur n’apparaisse chez l’individu libéré, sert de point de départ à une analyse des effets d’une fonction « malformée », opérant inconsciemment et de manière autonome sur la conscience. Comme Rousseau, Schiller surmonta cette peur en reliant son conflit intérieur à la scène contemporaine. Tous deux cherchèrent une solution dans l’histoire ancienne. Les inconvénients de la démarche rétrospective sont décrits et un début de solution est proposé, qui résiderait dans l’acceptation des fonctions inférieures, ce qui leur fournirait une issue et leur permettrait de devenir actives. La manière dont les fonctions inférieures « remontent » à la surface est décrite en détail. L’approche du problème par Schiller est celle d’un introverti, la démarche de Goethe relève de l’extraversion. Cette position s’appuie sur des exemples tirés de la manière dont Schiller définit Dieu et sur une citation dans laquelle Schiller exprime l’attitude consciente de l’introverti : « Extérioriser tout ce qui est à l’intérieur, donner un contenu à tout ce qui est à l’extérieur ». (12 références)

000103 – Les idées de Schiller sur le problème des types.
1. Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme.
b. Des instincts fondamentaux.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 96-129), (§152-212), & Jung, TYPES PSYCHOLOGIQUES, Genève, Librairie de l’Université Georg 1977, (p.5-10)

Schiller identifie deux fonctions de base sentiment-sensation et pensée, il fait état de leur opposition et de la nécessité d’une troisième fonction médiatrice : l’instinct de jeu. Les idées de Schiller sont étudiées à la lumière de la théorie du rôle de la fantaisie créatrice et du symbole dans la résolution du conflit entre les deux instincts. Les théories de Schiller reflètent sa propre personnalité et sa forme de pensée introverties. Néanmoins, Schiller avait conscience de la pluralité de la réalité psychologique : eg. les deux fonctions de base peuvent se subtituer l’une à l’autre, il peut se produire une identification avec une fonction différenciée; la sensibilité comme la spiritualité se battent pour exister et les symboles émergent de la mise en jeu simultanée des deux instincts. Schiller a également discerné l’existence d’un noyau particulier dans lequel les deux instincts coexistent, sans qu’il y ait pour autant identification avec aucun des deux. Ces découvertes de Schiller servent de tremplin pour une description de la fonction transcendante du symbole, le rôle de l’inconscient dans la fantaisie créatrice et les mécanismes par lesquels les instincts de base sont susceptibles d’être désamorcés. La « condition esthétique » de Schiller est comparée à l’état produit par certaines pratiques comme le yoga, le tapas ou le brahmanisme et autres. La solution de Schiller est analysée et ses limites interprétées comme le reflet de son propre idéal inconscient. Hommage est rendu à Schiller pour sa compréhension intuitive de ses observations et pour avoir compris que la position intermédiaire produit quelque chose de positif : le symbole. La conclusion met l’accent sur l’importance du symbole qui réunit des éléments antithétiques par nature, conscient-inconscient, réel-irréel, psychique-physique.

000104 – Les idées de Schiller sur le problème des types.
2. Le « traité de la poésie naïve et sentimentale »
a. L’attitude naïve.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 130-132), (§213-216).

Schiller définit le poète naïf comme celui qui « est agi par la nature et la sensation et se contente de copier la réalité ». Les caractéristiques du poète naïf tel que le décrit Schiller, sont étudiées sous l’angle des types psychologiques. Le poète naïf est déterminé par l’objet, dans la mesure où sa relation à l’objet est une introjection, une identification a priori fondée sur une analogie entre l’objet et un contenu inconscient. De ce fait, le poète prête sa fonction expressive à l’objet, dont la représentation se fait en lui. En conclusion, le poète naïf de Schiller est extraverti, puisque la primauté revient à l’objet.

000105 – Les idées de Schiller sur le problème des types.
2. Le « traité de la poésie naïve et sentimentale »
b. L’attitude sentimentale.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 132-133), (§217-219).

Suite du commentaire de Schiller sur les poètes avec le poète sentimental, dont les caractéristiques sont analysées comme relevant de l’attitude introvertie. L’attitude de réflexion et d’abstraction du poète sentimental – face à l’objet – est conditionnée une séparation a priori d’avec l’objet. D’où la dualité du poète sentimental dont la créativité puise à deux sources, l’objet ou sa perception et lui-même. Il se place au-dessus de l’objet et lui confère valeur ou qualité. Son attitude est donc introvertie. Toutefois, les attitudes introvertie et extravertie n’excluent pas la compréhension des types de poésie. Des éléments supplémentaires sont apportés concernant les fonctions sensation et intuition, afin de préciser les types introverti et extraverti. Le poète naïf se caractérise par une prépondérance de la sensation, le poète sentimental par une prépondérance de l’intuition. (1 référence)

000106 – Les idées de Schiller sur le problème des types.
2. Le « traité de la poésie naïve et sentimentale »
c. L’idéaliste et le réaliste.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 133-135), (§220-222).

La répartition des poètes en types naïf et sentimental amène Schiller à distinguer deux types psychologiques fondamentaux qui sont dans son système, l’équivalent des types introverti et extraverti. En extrayant le génie créatif de chacun d’eux, Schiller en arrive à isoler leurs deux réciproques : le type réaliste et le type idéaliste. Le premier, dérivé du poète naïf, dépendra du témoignage de ses sens, assujetti à un objet resté autonome à l’intérieur du sujet ; le second, issu du poète sentimental, restera détaché de l’objet et sera mû par un esprit de spéculation poussé jusqu’à l’absolu. L’analyse des observations de Schiller s’arrête là, car ensuite ses considérations ont trait à des caractéristiques connues du type réaliste ou idéaliste. (1 référence)

000107 – L’Apollinien et le Dyonisien.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 136-146), (§223-242).

000108 – le problème des types dans le caractère humain.
1. Généralités sur les types de Jordan.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 147-152), (§243-254).

Les deux types caratérologiques proposés par Furneaux Jordan dans « Character as Seen in Body and Parentage » sont étudiés. La typologie de Jordan témoigne de sa perception intuitive des types introverti et extraverti. Son analyse des types est compliquée par l’introduction d’un facteur « activité », ce qui introduit un côté plus « passionné » mais moins actif chez l’introverti et moins passionné mais plus actif chez l’extraverti ; toutefois, l’intérêt du travail de Jordan réside dans sa caractérisation des types en termes d’affectivité. La nature réfléchie, contemplative de l’introverti est compensée par une vie inconsciente archaïque instinctuelle et sensorielle ; la nature active, tournée vers l’extérieur de l’extraverti est compensée par une pensée et une sensibilité archaïques inconscientes. Ainsi, le comportement de l’introverti est influencé par ses passions et l’extraverti par sa vie intérieure. La comparaison de l’analyse intuitive de Jordan et de l’analyse rationnelle montre que les deux aboutissent aux mêmes conclusions. La catégorie intermédiaire de Jordan est analogue aux types sensation et intuition. (1 référence)

000109 – le problème des types dans le caractère humain.
2. Détails critiques sur les types de Jordan.
a. La femme introvertie.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 152-156), (§256-259).

Un portrait de la femme introvertie est dressé à partir de l’analyse que Jordan fait de son affectivité et de la description qu’il donne de sa vie intérieure consciente et de sa relation avec cette affectivité. Le point de vue de Jordan insiste un peu trop sur la tendance de la femme introvertie à l’aversion profonde, l’amour, la compassion, la jalousie, l’exaltation et la familiarité. Cette restriction est compensée par une analyse de ses capacités de logique et d’analyse. Sa vie intellectuelle bien ordonnée est perçue comme une défense contre une vie affective élémentaire, confuse et ingouvernable. En conséquence, l’esprit de la femme introvertie est plus fiable que son affectivité indomptée.

000110 – le problème des types dans le caractère humain.
2. Détails critiques sur les types de Jordan.
b. La femme extravertie.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 156-160), (§260-264).

La description de la femme extravertie – ou moins passionnée – par Jordan, est rapportée avec des commentaires sur la manière dont pensée et affectivité se manifestent. Jordan décrit la femme extravertie comme « sans idées, agitée, dépourvue d’émotions et irréprochable ». En accord avec Jordan, la tendance à l’incohérence et à la critique inconséquente est interprétée comme une absence de réflexion autonome. Cependant, il semble que Jordan mésestime l’affectivité de la femme extravertie. L’accent est donc mis sur la différentiation de l’affectivité : bien que superficielle, elle est orientée socialement, favorisant de ce fait la vie de la communauté et l’intérêt de la société. Aucun des deux types n’est supérieur à l’autre, l’introverti comme l’extraverti étant nécessaire à l’individu et à la société. (1 référence).

000111 – le problème des types dans le caractère humain.
2. Détails critiques sur les types de Jordan.
c. L’homme extraverti.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 160-163), (§265-268).

La description de l’homme extraverti selon Jordan est présentée avec une critique de son approche d’intellectuel, jugée inadéquate pour évaluer l’homme extraverti. L’image qu’il en donne est une caricature de l’homme pragmatique (concret). Cela tient vraisemblablement à la difficulté qu’il a, en tant que penseur, à saisir la valeur de la relation vivante et réciproque de l’extraverti avec l’objet. Le penseur introverti voit l’ombre projetée par l’inconscient de l’homme positif. Bien que son appréciation de l’attitude inconsciente de l’extraverti soit juste, elle néglige son attitude consciente. Les psychologues sont appelés à bien différencier l’homme conscient de l’homme inconscient, s’ils veulent parvenir à une véritable compréhension de l’homme et éviter de le réduire à son seul arrière-plan inconscient. (1 référence).

000112 – le problème des types dans le caractère humain.
2. Détails critiques sur les types de Jordan.
d. L’homme introverti.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 163-165), (§269-274).

La brève description faite par Jordan de l’homme introverti – ou plus passionné – est accompagnée d’une explication de ses insuffisances. La brièveté de la description et l’absence totale de mention de la passion attribuée à ce type, s’expliquent en admettant l’hypothèse d’un Jordan lui-même introverti et de ce fait incapable de percevoir et d’expliquer son propre inconscient. Ceci mène à la conclusion suivante : ni l’extraverti ni l’introverti ne sont capables de décrire leur propre inconscient de manière adéquate, pas plus qu’ils ne peuvent expliquer le rapprot de l’autre à la réalité. On notera l’importance de l’observation de Jordan à propos de l’authenticité de l’amour du plaisir chez l’introverti, car elle éclaire la nature profonde de l’introverti. Les commentaires sur les travaux de Jordan s’arrêtent là en raison des erreurs induites par la notion de « facteur activité », mais tout en créditant Jordan d’avoir donné une description appropriée du caractère des types émotionnels. (1 référence)

000113 – Le problème des types dans la poésie. Carl Spitteler : Prométhée et Epimétée.
1. Préliminaire à l’étude des types d’après Spitteler.

n Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 166-173), (§275-287).

La lutte menée par les tendances introvertie et extravertie pour la possession du moi au cours du développement de l’individu, est illustrée par le travail poétique de Carl Spitteler. Prométhée, exemple d’introversion, se soumet à sa fonction psychique interne. Il perçoit l’âme comme un objet séparé du moi individuel, rejette la tendance à s’adapter au réel et en conséquence, endure moult souffrances. Cette soumission témoigne de la nature diabolique de l’âme en ce qu’elle reflète tous les engrammes ou traces des fonctions de la psyché humaine tels qu’ils apparaissent dans l’inconscient depuis des temps immémoriaux. Pour sa part, Epiméthée l’extraverti, abandonnant son âme, est happé par les désirs et les aspirations du monde et, avec sa conscience comme seul rempart contre une reddition totale à l’objet, se soumet à la société. Il réalise les désirs de tous avec autosatisfaction et assurance, atteignant ainsi le succès. La confrontation entre Prométhée et Epiméthée illustre le conflit de l’homme Epiméthéen d’apparence et Prométhéen en son for intérieur. (3 références)

000114 – Le problème des types dans la poésie. Carl Spitteler : Prométhée et Epimétée.
2. Comparaison du Prométhée de Spitteler avec celui de Gœthe.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 173-188), (§288-317).

La comparaison du Prométhée de Goethe avec celui de Spitteler éclaire le combat entre fonctions différenciée et indifférenciée, qu’il s’agisse d’introversion ou d’extraversion. Les tentatives de solution telles qu’observées chez Schiller, Spitteler et Goethe, sont étudiées. C’est avec le Faust de Goethe que l’on saisira le mieux les étapes nécessaires à la réconciliation. Le Prométhée de Spitteler, introverti, retiré dans les profondeurs de son âme, représente le principe psychologique de compensation. L’intermède de Pandore décrit intégralement le processus compensatoire ; le bijou de Pandore devient le symbole du travail de rédemption de Prométhée. Epiméthée, avec son attitude rationnelle, ne peut comprendre la signification du bijou, le travail de l’inconscient, qui se trouve ainsi perdu. Chez Spitteler, cet épisode marque le début de la chute d’Epiméthée. L’attitude collective indifférenciée étouffe les plus hautes valeurs humaines, obligeant Prométhée à se mettre au service de l’inconscient. Le Prométhée de Goethe est un artiste créatif, qui travaille dans le monde tourné vers l’extérieur, extraverti, tandis que son Epiméthée est l’introverti mélancolique. Prométhée représente la fonction collective, Epiméthée, la fonction pensée et sentiment indifférenciée. L’âme – Pandore – est associée à la fonction indifférenciée, produisant un égocentrisme pathologique. La solution proposée par Goethe est le mariage de Phileros, la tendance érotique compulsive inconsciente de Prométhée, avec Epimeleia (le souci), fille d’Epiméthée. Prométhée et Epiméthée sont donc réconciliés grâce à la reconnaissance du fait que l’activité de Prométhée n’est rien d’autre que de l’érotisme refoulé et le côté mélancolique d’Epiméthée, un souci rationnel visant à maîtriser la productivité incontrôlée de Prométhée. La mythologie antique sert à illustrer le conflit qui émerge à chaque changement de comportement qu’il concerne l’individu ou l’histoire du monde : face à cet obstacle qui se dresse, la libido se retire vers l’inconscient (régression) où un analogue primitif de la situation consciente apparaît. Le choix d’une figure antique est classique au 19ème siècle, en réaction contre la scission chrétienne de l’homme en deux moitiés, l’une précieuse, l’autre méprisable. Mais cette renaissance régressive du paganisme restera lettre morte, l’antiquité s’effaçant au profit du Moyen Age : le « Faust » de Goethe, qui intègre l’héritage chrétien de l’époque, apporte une meilleure solution au conflit. (6 références)

000115 – Le problème des types dans la poésie. Carl Spitteler : Prométhée et Epimétée.
3. Signification du symbole d’union.
a. Conception brahmanique du problème des opposés.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 189-199), (§318-330).

La signification du symbolisme religieux utilisé par Spitteler dans la résolution du conflit entre les types psychologiques opposés est discutée et mise en rapport avec la résolution brahmanique. Les solutions religieuses de Spitteler, Nietzsche, Schopenhauer, et Goethe expriment le travail de l’inconscient collectif : l’image de la divinité est le symbole de l’inconscient tandis que le renouvellement de la divinité est étroitement lié à l’opposition des types et des fonctions. Le renouvellement de la divinité est une image primordiale, universelle, de transformation du comportement. Son point de départ psychologique est une scission de la libido (Prométhée et Epiméthée), l’inconscient, troisième terme entre les deux opposés, est projeté en tant que dieu médiateur ou messie. Dans les religions occidentales, ce porteur de vie est perçu comme le Dieu ou le Sauveur qui met un terme à la division, en son temps et selon sa volonté. Un certain nombre de citations en sanscrit indiquent que, dans les religions orientales, cette position intermédiaire rédemptrice peut être atteinte par un processus conscient. La solution brahmanique et sa signification sont expliquées : la participation à la psyché est refusée aux opposés extérieurs, émotionnels et intellectuels, afin de libérer le soi pour une nouvelle vie dans Brahma. Ainsi, Brahma est à la fois l’état irrationnel d’union des opposés et le processus qui mène à cet état. Cette union irrationnelle est exprimée dans les Upanishads par des symboles de la libido. (19 références).

000116 – Le problème des types dans la poésie. Carl Spitteler : Prométhée et Epimétée.
3. Signification du symbole d’union.
b. Conception brahmanique du symbole d’union.

In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.6. 2nd ed.Princeton University Press, 1971. 608 p. (p. 199-208), (§331-347).

Des exemples de symboles brahmaniques servent de base à une discussion sur le rôle de la libido dans la création des symboles, le phénomène psychologique de personnification et les effets de l’unilatéralité de l’introversion ou de l’extraversion. Les symboles du Brahman, généralement des paires d’opposés, montrent la conception orientale de Brahman : à la fois entité divine et état psychologique. Ces symboles de pouvoir dynamique ou créateur sont liés au concept de libido et dans cette optique, la méthode de méditation Yogi vise à produire une concentration de la libido en la soustrayant aux deux fonctions d’extraversion et d’introversion. Extraits du Rig Veda et du Çapatha Brahmanam, la Vâch (parole) et le Manas (entendement) sont des symboles représentant l’appariement des opposés, interprétés comme les principes des fonctions psychologiques d’extraversion et d&rsq