L’idée de Dieu dans les théories de Freud et de Jung : questions épistémologiques pour la psychanalyse. Rodrigo Carlos Gewehr

Directeur de thèse : Professeur Luiz Eduardo Prado de Oliveira
Soutenue le 3 février 2012 à l’Université Paris 7 – Denis Diderot - UFR de Sciences Humaines Cliniques - Ecole Doctorale “Recherches en psychanalyse et psychopathologie” - Doctorat de Psychopathologie et Psychanalyse

Jury : professeurs Mareike Wolf-Fédida, Luiz Eduardo Prado de Oliveira, Michel Dupuis, Véronique Liard et Christian Gaillard.

Les frontières entre la recherche empirique et les constructions théoriques sont au centre de ce travail ; elles en constituent le point nodal. Nous cherchons à interroger, à travers l’idée de Dieu, les soubassements des théories de Freud et de Jung à fin de comprendre leurs présupposés sur la nature du psychisme. Malgré les siècles, voire millénaires de débat sur la psyché, ses fondements ne restent pas moins méconnus, et si l’introduction de l’inconscient a ajouté de la complexité au système, cela n’a pas apporté une résolution au problème. En effet, la psychologie des profondeurs a dû faire face à cette difficulté, et aussi bien Freud que Jung a essayé d’y répondre. Néanmoins, les différences d’approche, parfois radicales, laissent entrevoir les obstacles pour cerner l’objet et créer un langage commun. Nous allons prendre l’idée de Dieu – élément problématique par excellence, concept-limite par nature – comme un cas de figure pour nous approcher des deux auteurs en question et faire valoir leurs approches de l’inconscient et de la psyché. Tous les deux se sont appropriés de cette notion et ont essayé de trouver une solution psychologique au vécu religieux. Leurs résultats ne sauraient néanmoins être plus différents, même s’ils tiennent le discours d’un fondement empirique pour ce qui est de leurs affirmations sur l’idée de Dieu. À quoi doit-on cela ? Pourquoi la psychologie des profondeurs produit des positions si dissemblables ? Si la recherche empirique est la source de ces théories, comment se fait-il que l’on arrive à des données contradictoires, voire à des paradoxes sur le même objet ? Qu’est-ce que cela nous révèle sur la nature de la psyché ? Notre travail a essayé de montrer que la recherche en psychologie des profondeurs outrepasse souvent les limites de l’empirie, surtout quand il est question d’expériences radicales du sens, dont la psyché, et Dieu, en font partie.