Petit Journal n°29

P.J.n°29Comment chacun de nous avance-t-il sur son chemin de vie ? Ces
derniers temps, la question est revenue, s’imposant à moi de
façon lancinante et un terme allemand qui « n’est guère traduisible
en une autre langue » nous dit Jung, l’accompagnait :
Weltanschauung. Je suis allée relire cet article de Jung, de 1931, que
l’on trouve dans Problèmes de l’âme moderne. En voici quelques
passages que j’ai souhaité partager avec vous.

« … la notion de Weltanschauung, se rapproche beaucoup de la
notion « d’attitude » ; on pourrait donc dire que la Weltanschauung
est une attitude exprimée, … » (p. 96).

« …l’attitude psychique a elle aussi une idée directrice générale
soutenue et fondée sur un matériel abondant : les expériences
faites, les principes, les affects, etc. » (p. 97).

« Nous ne devrons parler de Weltanschauung qu’à partir de l’instant
où quelqu’un aura vraiment fait un effort sincère pour donner
une formule conceptuelle ou intuitive à son attitude, autrement
dit, à partir du moment où il verra clairement les raisons et
intentions qui le font agir et vivre de telle ou telle façon. » (p. 99).

« S’il me faut donc désigner l’essentiel que la psychologie
analytique puisse ajouter à notre conception du monde, je dirai
que c’est la reconnaissance de l’existence de contenus
inconscients dont les exigences sont indéniables et qui émettent
des influences avec lesquelles notre conscience devra, nolens, volens,
s’expliquer. » (p. 113).

« Ainsi se trouve aussi posée la question de la conception du
monde, cette conception qui doit nous aider à nous harmoniser
avec l’homme de l’histoire qui est en nous, de sorte que ses
accords profonds ne soient pas dominés par les bruits aigres de la
conscience rationnelle et qu’au contraire l’inappréciable lumière
de l’esprit individuel ne soit point noyée dans l’obscurité infinie
de l’âme naturelle. Mais à peine sommes-nous parvenus à cette
question qu’il nous faut quitter le domaine de la science ; il nous
faut maintenant recourir à la décision créatrice de confier notre
vie à telle ou telle hypothèse ; en d’autres termes, c’est ici que
commence le problème éthique sans lequel il est impossible
d’imaginer une conception du monde. » (p. 128-129).

Elisabeth Conesa
Mars 2011