Petit Journal n°14

Éditorial

Oui, vous l’avez compris, c’est bien l’année du Brésil… même à la SFPA !
Traductions, voyages touristiques ou professionnels, contacts, conférences, échanges, colloque, depuis le début de l’année, nombreux sont les membres de la SFPA qui se sont mis aux couleurs brésiliennes.
Peut-être est-ce là le signe que nous sortons de notre trop grande « discrétion » pour nous tourner enfin vers le monde extérieur ? Pour oser nous montrer aux « autres » tels que nous sommes. Oser montrer notre corps groupal à la manière des Brésiliens qui, sans complexe aucun, n’hésitent jamais à exhiber le leur.

Nouvelles couleurs, nouvelle enseigne, nouveau site Internet…bref, nouvel élan aussi j’espère, pour affirmer notre identité de psychanalystes jungiens — fiers de l’être — car ayant assurément quelque chose d’original à apporter au monde de la psychanalyse, aujourd’hui dans la tourmente. Pour témoigner aussi, à tous, de la vigueur de la pensée jungienne contemporaine dont chacun de nous est l’artisan. Mais, pour que notre pensée demeure vivante, il est nécessaire que nous continuions à affiner toujours plus notre réflexion théorique et clinique. Si ce ne peut être sans le travail personnel de chacun, c’est aussi le rôle de nos séminaires.

Viviane Thibaudier


C’est le moment d’aller à la Halle Saint Pierre !

Les Images de l’Inconscient s’y montrent, s’y dévoilent, dans leur fraîcheur, dans leur étonnant foisonnement, dans leur chatoiement coloré, dans leurs mouvements mystérieux…
Nous y sommes “invités” grâce à la créativité, à la générosité et à l’ouverture d’esprit de Nise da Silveira, psychiatre brésilienne, qui a “ouvert” les asiles, et donné la possibilité à ses patients de dessiner (avec simplement papiers et couleurs), autant de fois et aussi longtemps qu’ils le désiraient ; ce qui a permis à certains de reprendre peu à peu une vie presque normale.
Exposition étrange, qui vient solliciter des émotions complexes, émerveillement autant que crainte, chez le “passant” qui est amené à les contempler, et en particulier chez nous qui sommes psychanalystes. Car, si nous apprenons chaque jour, dans nos cabinets, à considérer avec respect l’imaginaire et les rêves de nos patients, il nous est rarement donné de les voir.
Mais si ces images étonnantes sont parfois fort belles, il m’est difficile de dire que c’est de “l’art brut”, ou de “l’art”, et je ne peux que reprendre ces mots de Jung : “Non, ce n’est pas de l’art, au contraire, c’est de la nature”(Ma vie), car pour qu’il y ait art, il faut qu’il ait un moi conscient solide qui puisse se confronter aux contenus qui surgissent de l’inconscient.
Petit clin d’œil : au premier étage a lieu une autre exposition “Les Dessins Pointus”, devant laquelle on se demande si ceux-là ne sont pas plus fous que ceux du rez-de-chaussée ? !

Karen Hainsworth


Nouvelles brèves

 Norbert Chatillon a publié en mai dans le n° 122 de la revue Approches un article intitulé “Le piétinement de Narcisse”, et en juin un article intitulé “Être victime” qui paraît dans le dernier numéro de la revue Imaginaire & Inconscient dans lequel il reprend et développe sa communication sur le harcèlement moral faite au dernier Congrès de l’IAAP à Barcelone.

 Le Jung de Christian Gaillard publié par les PUF (coll. “Que sais-je ?”, 3ème éd. française en 2001), qui est publié en italien, espagnol, portugais, serbe, suédois et russe, l’est maintenant également en grec (aux éditions Daedalus).

 Création du Cercle Francophone de recherche et d’information C. G. Jung (CEFRI-Jung). Le programme des conférences, colloques et ateliers peut être demandé 10 Villa Cœur de Vey, Paris.

 Le séminaire de Christian Gaillard à l’Ecole des Beaux-arts a pour thème cette année 2005-2006 : “Processus de création / Processus d’individuation, le sexe en question”. Le programme des séances suivantes est disponible à la rue Ganneron. Les membres, membres associés et autres analystes en formation de l’Institut y sont cordialement invités.

 La médiathèque s’enrichit d’une émission de la série “Les vivants et les Dieux” du 22-01-05 sur le thème Jung et l’Extrême-Orient, par Michel Cazenave et M.-L. Colonna.

 Reprise de la pièce de Michel Cazenave S’abandonner dit-elle au théâtre de Nesles, 8 rue de Nesles, Paris, 6ème, du mercredi au samedi, à 21h.


Parution

 A l’occasion de l’exposition, le livre Images de l’inconscient, de Nise da Silveira, a été traduit par Catherine de Lorgeril et Denise Faure, et publié par la Halle Saint-Pierre et Passage piétons Éditions, voir rubrique parution du site

 De la science à la philosophie – Y a-t-il une unité de la connaissance ? de Michel Cazenave, avec un chapitre de M.-L. Colonna : Perspectives de l’Unus Mundus.

 Un livre tout à fait passionnant, en liaison avec la pensée chinoise : L’image entre le mot et l’aiguille, essai sur l’acupuncture de Philippe Couchat, est paru aux éditions Theles. Nous avons eu la tristesse d’apprendre le décès de l’auteur juste au moment de la parution. Il était le mari de notre collègue Mireille Couchat.

 Unité du monde unité de l’être ? sous la direction de M. Cazenave, aux éditions Dervy, avec la participation de treize philosophes, physiciens, spécialistes des sciences humaines et religieuses : M. Bitbol, M.-L. Colonna, M. Dennes, B. d’Espagnat, C. Jambet, E. Klein, A. Kremski, M. Lachièze-Rey, P. Lory, C. Maillard, C. Mopsick, D. Proust, S. Vauclair.


L’IAAP (AIPA) a 50 ans !

Elle fut fondée le 26 juillet 1955 à Zurich et offerte en cadeau à Jung pour son 80e anniversaire. Il accepta d’en être le président d’honneur jusqu’à sa mort. Etaient, entre autres, présents à cet heureux évènement, CA Meier, Fordham, G. Adler…. et Roland Cahen et Ania Teillard venus de Paris pour l’occasion.

La SFPA souhaite une longue vie à l’IAAP


Quand SFPA rime avec Samba

L’appel de la samba et de la caïpirinha [[La Caïpirinha]] a retenti jusqu’au cœur du Bureau de la SFPA puisque accompagnée de notre Trésorière, Brigitte Allain-Dupré, je me suis rendue, en avril dernier, chez nos amis du nouveau monde pour peaufiner les contacts nécessaires à l’organisation du colloque. La vie est très intense sous les tropiques, malgré une certaine nonchalance affichée. Cela signifie que, pendant 15 jours, nous avons été entraînées dans un tourbillon d’invitations à rencontrer et connaître nos collègues brésiliens qui sont extrêmement demandeurs d’échanges avec la vieille Europe.

Brigitte Allain-Dupré n’était pas tout à fait en terrain inconnu puisqu’elle avait déjà animé des séminaires avec des thérapeutes d’enfants et participé à des congrès jungiens latino-américains. Elle n’a pas ménagé sa peine pour présenter à la SbrPA à São Paulo son papier du Congrès de Barcelone et animer le lendemain un groupe clinique qui fut très fréquenté à ce qu’on m’a dit. Entre les deux prestations, les collègues nous avaient prévu ce que nous pensions être un petit pot amical : non point, trois cuisinières bahianaises étaient au travail depuis deux jours pour un extraordinaire dîner qui réunissait au moins cinquante personnes. Inoubliable et délectable !
La suite se déroule à Rio de Janeiro, entre le musée des Images de l’inconscient, celui de Bispo do Rosario, le consulat et quelques escapades touristiques, toujours sur le même rythme effréné. Qui a dit que la bossa nova est la musique des paresseux ?

Viviane Thibaudier

Dans un verre à fond plat, mettre quelques dés de citron vert, 2 cuillères à café de sucre en poudre, bien écraser pour sortir le jus de citron, ajouter quelques glaçons, recouvrir de Cachaça (alcool de canne à sucre).

A consommer avec modération….


Rio de Janeiro, au Musée des Images de l’inconscient

Par ce chaud et lourd après-midi d’été de février, seul le troisième taxi accepte de nous emmener si loin des zones touristiques ; il demandera quatre fois son chemin. Gustavo nous accueille chaleureusement. Aucune langue commune entre lui et nous, que les gestes et quelques mots devinés. Il comprend qui je suis et mon intérêt pour le musée. Il nous passe deux films très intéressants (l’un doit être proche du livre sur l’œuvre de Nise Da Silveira) et nous laisse regarder l’exposition. Des photos anciennes montrent Jung au côté de Nise da Silveira ; des peintures et des sculptures sont d’un rayonnement artistique indéniable. Beauté de l’œuvre et beauté de son sens. Au fond, une porte ouverte sur deux ou trois personnes modelant de la terre. Nous respectons leur concentration. En repartant, il y a en moi comme une impression de rivière vive et tranquille.

Claire Raguet


Coup de coeur!

Quelque chose de nouveau se passe sur les scènes de théâtre et d’opéra grâce à l’introduction de la vidéographie.
Une des réalisations les plus marquantes de cette alliance féconde entre tradition et modernité est le Tristan et Isolde, présenté à l’Opéra Bastille ce printemps par Gérard Mortier, son nouveau directeur.
C’est le vidéographe Bill Viola, connu pour ses expositions à Los Angeles, Londres et Madrid sur “Les passions humaines”, qui relève le défi de mettre en images l’œuvre de Wagner. Ces “images en mouvement” ne se substituent pas à la mise en scène sobre et dépouillée de Peter Sellars mais l’enrichissent plutôt et le résultat est magnifique. Deux niveaux de lecture visuelle sont proposés simultanément : l’action telle qu’elle se déroule au fur et à mesure des actes, sur une scène “consciente” et sur celle projetée sur deux écrans géants, situés en arrière plan. Les images de Bill Viola nous invitent à une autre compréhension, à la fois figurative et symbolique, plus proche des mouvements inconscients des personnages.
Ce spectacle sera repris pendant la saison 2005-2006.
N’hésitez pas à aller vivre cette expérience totale et n’oubliez pas de vous procurer le livret et de lire les textes qui l’accompagnent. Ils éclairent l’œuvre et le travail des artistes d’une façon passionnante.

Reine-Marie Halbout


Psychanalyse au Brésil

Du 27 au 31 juillet a eu lieu à Rio de Janeiro le congrès biennal de l’API (la très freudienne Association Internationale de Psychanalyse) avec à son programme, notamment, un panel Freud-Jung. Ce panel était le deuxième de ce type, après celui du précédent congrès de l’API à New Orleans en 2003 — le premier depuis 1913 !— auquel j’avais participé avec Murray Stein. A Rio, la première contribution jungienne était présentée par notre collègue John Beebe, de San Francisco, auquel répondait Alain Gibeault, tandis que je répondais à Sonia Abadi, une très remarquable collègue d’Argentine qui, entre autres qualités, a celle d’être une excellente danseuse de tango (elle a d’ailleurs écrit un livre sur la question). Le thème du congrès était Trauma. Celui de notre panel Trauma et symbolisation. De quoi bien marquer à la fois les convergences et les divergences entre les démarches jungienne et freudienne. On peut trouver nos communications sur le
site de l’API
Nos débats ont été vifs, serrés, et très amicaux. Cette collaboration se poursuit et se précise, toujours plus stimulante, à chaque étape.
Par la même occasion, je suis intervenu dans plusieurs groupes appartenant à nos deux Sociétés brésiliennes et dans différentes universités, successivement à Rio, Sao Paulo, Belo Horizonte et Campinas. Lors de telles visites, je suis en effet attendu au titre de l’AIPA et aussi comme universitaire. En fonction de l’auditoire, je présente à chaque rencontre une conférence plus théorique ou un exposé clinique, ou, le plus souvent, les deux. J’ai été très frappé par la qualité des discussions qui ont suivi, tant avec nos collègues analystes que dans les universités. Le Brésil est pour moi un pays – en fait un continent – de plus en plus attachant, impressionnant par sa diversité et ses contrastes, souvent violents, et imprévisible dans son devenir. Que peut être aujourd’hui et que deviendra la psychanalyse dans un tel contexte en transformation, c’est une question et un défi auxquels, jungiens et freudiens, nous sommes tous confrontés. Je suis persuadé que l’avenir de la psychanalyse dans ses différentes orientations se joue largement dans ces parties du monde où jusqu’il y a peu nous ne pouvions être présents.

Christian Gaillard

Ceux qui ont participé aux années héroïques du Workshop International des Thérapeutes d’enfants se souviennent certainement de Jackie Shectmann. Elle nous a quitté le 15 septembre 2005.
Avant sa maladie qui l’avait rendue aveugle, Jackie était une analyste d’enfant active à l’Institut Jung de Boston.
Elle a publié un livre sur la figure de la belle-mère dans les contes de fées. Jackie était joyeuse, créative, elle aimait la vie ; à certains d’entre nous, dont j’ai l’honneur de faire partie, elle a offert son livre de cuisine jungienne : un mélange de recettes de cuisine des pays où se tenaient les Congrès de l’IAAP et de réflexions théorico-cliniques issu de ces mêmes congrès, un vrai régal d’humour et de gastronomie !

Brigitte Allain-Dupré


Afin que l’on arrête de crier au sacrilège

A la suite du séminaire de Strasbourg, et pour permettre une approche plus objective et nuancée que celle qu’il m’a été donné d’entendre à propos des méthodes qui permettent d’aborder les Types Psychologiques, je propose, à ceux qui le souhaitent, une réunionc pour appréhender les Types psychologiques, à travers l’outil MBTI (Myers Briggs Typology Indicator) que j’utilise, et avoir l’occasion , pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, de clarifier leur type psychologique. L’intérêt pour les Types Psychologiques est très important dans le monde de l’entreprise, où il est indispensable de mieux comprendre son mode de fonctionnement et celui des autres, ne serait ce que pour mieux travailler en équipe. Un article de John Beebe : Understanding consciousness through the theory of psychological types, m’est tombé récemment sous les yeux. Il montre que cet intérêt pour les Types Psychologiques et l’utilité de l’outil MBTI commence à apparaître aussi aux yeux de certains analystes jungiens. Dans cette perspective, je vous propose de vous faire part de mon expérience sur ce sujet au cours d’une réunion, à mon cabinet parisien :mardi 20 décembre, au matin par exemple.Merci d’annoncer votre participation en me téléphonant au 04 45 08 88 71.

Flore Delapalme


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 GRAND DESTOCKAGE de revues et livres jungiens à l’occasion de la rentrée de l’Institut CG JUNG. Samedi 3 décembre à partir de 13h, tout à 1 euro ! Se munir de monnaie et de sacs pour emporter vos emplettes !

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Novembre 2005
Le Petit Journal n’a pas pu paraître en juin, faute d’un nombre suffisant d’articles. Il ne peut vivre qu’avec la collaboration de tous. N’hésitons pas à participer. pour partager nos centres d’intérêt, non seulement notre travail, mais aussi la musique, la peinture, le cinéma… enfin tout ce qui donne de la couleur à nos vies.

Les articles (1300 caractères au plus) sont à envoyer à Brigitte Allain-Dupré, à Nicole Mordelet ou à Suzanne Krakowiak.