Volume 2

Recherches expérimentales

02-015 - Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Classification

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 3-39), (§1-113)

Etudes et diagnostic, sur des associations de mots, avec des sujets reconnus normaux, afin de déterminer les réactions standard de ceux-ci aux stimuli verbaux et établir une comparaison avec les sujets mentalement dérangés. Un total de 38 sujets normaux furent étudiés afin de déterminer leur normes associatives et rechercher les effets de l’attention sur les associations. 9 sujets hommes et 14 femmes étaient des sujets cultivés, 7 hommes et 8 femmes non cultivés ; âgés de 2O à 5O ans, ils étaient tous jugés normaux. L’étude se limitait aux associations générées par des stimuli verbaux. Les mots inducteurs - 231 noms, 69 adjectifs, 82 verbes et 18 adverbes et nombres - appartenaient à la vie courante. Le nombre de syllabes n’était pas pris en compte. On pris soin d’éliminer tout désaccord entre les sujets parlant l’allemand et ceux parlant le suisse alémanique. Le but de la recherche devait également contrôler les différences de culture. L’étude fut partagée en 3 parties : 1) mesure du temps de réaction durant les 200 premières réactions et description de l’état psychique, 2) 100 réactions recueillies en condition de distraction intérieure, 3) une série, attendant parfois le 2è jour, pour observer sur 100 réactions les effets de la distraction extérieure . Environ 300 à 400 associations par sujet furent notées et classées, soit à peu près 12.400 associations. Utilisant le schèma de Aschaffenburg, les résultats furent divisés en 4 catégories principales : associations internes, associations externes, associations par consonnance, et une classe mixte comprenant des associations indirectes, des associations non significatives, des erreurs ou des répétitions du mot inducteur. Egalement pris en compte : les phénomènes de persévération, les réactions égocentriques, les réactions répétitives, les connexions linguistiques. En appendice, des tableaux pour les résultats hors normes (? breakdown patterns) d’associations variées. (13 références).

02-016 - Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Résultats individuels. Femmes cultivées

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 40-70).

Dans une étude d’associations de mots et d’attention sur 38 sujets normaux, 14 femmes cultivées formaient un groupe homogène de sujets normaux. Le niveau d’éducation de ce dernier groupe était en général très élevé et la plupart de ces femmes était très instruites. Leur langue courante était essentiellement le dialecte suisse-alemanique. Bien que le matériel recueilli à travers les 4.046 réactions de ce groupe fut quantitativement inégal et les résultats, présentés individuellement, différents d’un sujet à l’autre, on observa certaines constantes. Parmi les six personnes de plus de 30 ans, trois présentèrent une prédominence d’associations internes par rapport aux associations externes. Mais une seule personne parmi les huit de moins de 30 ans manifesta une prédominence d’associations internes. Sur les dix femmes soumises aux tests d’attention, cinq étaient sensibles aux distractions intérieures aussi bien qu’extérieures, deux n’étaient sensibles qu’aux distractions intérieures et trois aux distractions extérieures seulement. La distraction extérieure a agit sur quatre cas, et l’intérieure sur 3 cas. Un cas de distraction intérieure et un cas de distraction extérieure n’ont été que partiellement concluants. La distraction échoua dans quatre cas, parmi lesquels trois étaient de caractère affirmé, manifestant, par rapport aux autres sujets, une forte résistance à la distraction. (5 références).

02-017 - Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Résultats individuels. Hommes cultivés.

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 70-101)

Etude d’association de mots et d’attention sur 38 sujets normaux dont un groupe homogène de neuf hommes cultivés, âgés de 23 à 47 ans et parlant essentiellement le suisse-alemanique. Ils fournirent 3.793 associations. Cinq sujets furent soumis à des distractions internes et externes, un seul à des distractions internes, un autre à des distractions externes et deux ne furent soumis à aucun test de distraction. Cinq sujets furent également soumis, en état de fatigue, aux associations et un seul en état de léthargie. Seul un sujet était du caractère affirmé : on ne put mener à bien une expérience de distraction avec lui. La distraction extérieure fut efficace dans deux cas, moyennement efficace dans deux autres et nulle dans un autre. La distraction intérieure fut efficace dans quatre cas ; l’aspect le plus caractéristique fut une augmentation significative des associations par consonnance. Dans un autre cas, il n’y a pas eu de résultat probant. Sur trois des cinq cas, les associations données en état de fatigue ont donné des résultats similaires à ceux des distractions. Celles données en état de léthargie idem. En conditions normales, quatre sujets laissèrent apparaître des manifestations liées à des complexes. On remarqua également qu’un allongement du temps de réaction indiquait qu’un stimulus particulier avait touché un complexe à tonalité affective. ( 2 références).

02-018 - Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Résultats individuels. Femmes non cultivées.

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 101-128)

Lors d’une étude sur les associations et l’attention, huit femmes non cultivées, font partie d’un groupe homogène de 38 sujets de 18 à 21 ans, normaux, intelligents et dont la moitié avait fait des études secondaires. Elles fournirent en tout 2.4OO associations. Chacune donna 2OO associations dans des conditions normales, et 1OO associations avec des distractions extérieures. Les sujets non cultivées ne furent pas testées dans des conditions de distractions internes. Deux sujets étaient de type de caractère affirmé et l’expérience de distraction échoua. Un sujet manifesta ce caractère en ne suivant pas toujours les instructions et un autre redoubla d’effort et la phase de distraction fut un demi-échec. Quatre sujets eurent des résultats positifs durant le test de distraction bien que l’expérience leur demandait un bien plus grand effort qu’en condition normale. Dans l’ensemble, les femmes non cultivées témoignèrent une capacité bien moindre à diviser leur attention. Les résultats montrèrent des différences mesurables entre ces sujets d’une part et les hommes et femmes cultivés d’autre part, la plus significative étant que les associations par consonnance jouaient un rôle moins important, en tant que phénomène distrayant, chez les femmes non cultivées que dans les groupes d’hommes ou de femmes cultivés. Il y a en général relativement plus de réactions internes et moins de (?) chez les sujets non cultivés que chez les cultivés. (Une référence).

02-019 - Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Résultats individuels. Hommes non cultivés.

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 129-137)

Sept hommes non cultivés, parmi un groupe homogène de 38 sujets participant à une étude d’associations et d’attention, étaient tous assez intelligents, mais cinq d’entre eux n’avait fait que des études élémentaires. Cinq d’entre eux parlaient le suisse-alemanique. Ce groupe a rendu 2.O86 associations. Comme avec les femmes non cultivées, seule fut utilisée la distraction externe. Cinq ont réagi aux diversions externes. Sur les deux sujets à caractère affirmé, l’un ne réagit pas, l’autre réagit quelque peu. Comme avec les femmes non cultivées, tous ces sujets furent moins distraits par les diversions auditives que les groupes cultivés. Deux sujets qui fournirent beaucoup de (?... groupings), peu d’attributs, et beaucoup de réponses sous une forme grammaticale identique, manifestèrent également peu de réactions et de constellations égocentriques. Deux des femmes non cultivées avaient montré la même caractéristique. Dans l’ensemble, le groupe se caractérisait par le peu de complexes constellés. La subjectivité et les sentiments étaient moins prononcés chez les hommes non cultivés que chez les femmes non cultivées. Cette différence entre les sexes n’apparaissait pas chez les sujets cultivés. Autre remarque : l’incidence importante, parmi les complexes mis à jour, des complexes érotiques. Bien que significatifs chez tous les sujets, ceux-ci prédominaient chez les hommes non cultivés.

02-02 - Les associations de sujets normaux. Protocole général de l’expérience. Résultats individuels. Calcul des moyennes

(1904) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 137-196)

Observation d’associations et d’attention sur quatre groupes de 38 sujets normaux, présentation des inter-relations entre les différentes réactions . Des tableaux mettent en évidence : 1) les résultats d’expérience en conditions normales ; 2) les différences entre les sexes en conditions normales d’expérience ; 3) les moyennes des expériences d’attention ; 4) les moyennes du caractère affirmé, en conditions normales et avec distractions ; 5) l’influence du stimilus verbal sur les réactions. Des graphiques présentent les moyennes arithmétiques des associations internes et externes, les associations par consonnance et les diverses réactions de différents groupes dans des conditions variées. Les résultats de l’expérience montrent une variation normale sous l’influence de l’attention, de la culture et des caractéristiques personnelles du sujet. La baisse d’attention due à des causes internes ou externes entraîne un émoussement des réactions. La distraction cause, de surcroît, un accroissement d’associations indirectes. Les sujets cultivés manifestent en général des réactions plus émoussées que les sujets non cultivés, ce qui peut s’expliquer par une différence d’interprétation aux stimuli verbaux, mais il n’y a pas de différence notable entre sujets cultivés et non cultivés dans le degré de division de la distraction. (?) La variation d’asociations la plus spectaculaire (dramatic) était due aux différences individuelles. Aucune différence apparente entre les sexes sauf que, lors des expériences de distraction, les femmes étaient moins capables que les hommes de diviser (distraire ?) leur attention. Les résultats montrèrent également que, sous l’effet de la fatigue, de l’alcoolisme et de la manie, la baisse de réaction pouvait être due à un trouble de l’attention. (13 références).

02-021- Analyse des associations d’un épileptique

(1905) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 197-220).

Les réactions aux associations de stimuli verbaux d’un cas typique d’épilepsie sont analysées dans le cadre d’une plus vaste recherche visant à distinguer la spécificité des associations épileptiques au regard de divers cas normaux et de cas de déficiences mentales congénitales. Le cas est extrait d’études sur 158 patients de l’asile suisse d’épileptiques à Zurich et de la clinique psychiatrique du Burgholzli ; ces études se limitaient à des sujets qui n’étaient pas congénitalement déficients et qui n’avaient pas manifesté des signes d’épilepsie dans leur prime jeunesse. Les sujets avaient été soigneusement préparés à l’expérience et soumis à 2OO stimuli verbaux : 75 relatifs à des idées concrètes et 25 à des idées abstraites, 5O adjectifs et 50 verbes, tous en rapport avec la vie de tous les jours. Un homme paraissait normal jusqu’au jour où son épouse développa une psychose et décèda quand le sujet avait trente ans. Il commença alors à errer dans toute l’Europe, fut fréquemment appréhendé pour éthilisme et vol, hospitalisé pour de violents épisodes maniaques et du delirium et il se fracassa le crâne neuf ans avant cette étude. Les résultats de l’expérience montrèrent respectivement certaines similitudes avec les associations des gens normaux et celles des débiles, mais également des originalités propres. Le sujet s’adaptait au sens du stimulus verbal de la même manière que des sujets non cultivés normaux, sans association de mots superficiels. (? with no superfifial word associations). Comme avec les associations des débiles, il avait des associations sous forme de phrases ou bien des répétitions fréquentes du stimulus verbal. Il avait une grande adaptation au sens du stimulus, de sorte qu’un grand nombre d’associations n’étaient que des explications et que les temps de réaction étaient considérablement plus longs que chez les sujets normaux. Ces temps n’accusaient la plus grande variation qu’après la réaction critique, ce qui démontrait l’influence de charges émotives persistantes plutôt que la difficulté même des mots. Ce cas laisse penser que la charge émotive intervient plus tardivement et persiste plus longtemps chez un épileptique que chez les gens normaux. (12 références).

02-022- Rapport du temps de réaction dans l’expérience des associations

(1905) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 221-271).

Ce rapport fut analysée sur 26 des 38 sujets normaux, hommes et femmes, cultivés et non cultivés, soumis à une expérience d’associations verbales. Les temps de réaction supérieurs à la moyenne probable d’un sujet ont fait l’objet d’une attention particulière. En comparant la moyenne masculine, 1m.6s, à celle des femmes, 2m.9s, et la moyenne des sujets cultivés, 1m.5s, à celle des non cultivés, 2m.0s., le temps de réaction moyen, mesuré au chronomètre, s’est situé à une minute huit secondes chez les sujets cultivés et non cultivés La qualité du stimulus verbal a semblé exercer une influence sur le temps de réaction. La moyenne des temps les plus courts concernaient des mots concrèts, celle des plus longs concernaient des mots abstraits et des verbes. Faisaient exception à cette règle, les hommes cultivés dont le temps de réaction le plus long concernait des mots concrets. La qualité de la réaction a semblé également influencer le temps de réaction. Les temps les plus longs sont apparus avec des mots abstraits (1m.98s) et les plus courts avec des adjectifs et des verbes (1m.65 s). Ici aussi, les hommes cultivés firent exception : leur temps le plus long était relatif à des mots concrets. La qualité de l’association avait également de l’influence. Les associations internes demandaient plus de temps que les associations externes. De même, l’association par consonnance, normalement causée par des distractions internes (?), demandait un temps de réaction relativement long. Les temps de réaction longs étaient en général dus à de fortes émotions et pouvaient être utilisés pour mettre à jour des complexes conscients ou inconscients, ce qui est important en hystérie. Parfois la tonalité affective peut s’étendre à des réactions ultérieures. La majorité (83%) des temps de réactions prolongés suivaient certains stimuli verbaux à valeur affective alors que 17% seulement des réactions tardives étaient dues à la difficulté du mot. ( 21 références).

02-023- Observations expérimentales sur les capacités mémorielles

(1905) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 272-287).

Pour détecter les associations relevant de complexes, une nouvelle technique, la méthode de reproduction, fut utilisée afin de déterminer si les ratés de mémoire étaient accidentels ou entraient dans une catégorie. Après un test d’association, l’expérience fut renouvelée pour savoir si le sujet se souvenait de sa réaction à chaque stimulus verbal. Chez deux sujets mâles, l’un âgé de 32 ans et suivant une psychanalyse, l’autre âgé de 22 ans, personne sensible et émotive, on trouva que les réponses mal reproduites aux mêmes stimuli concernaient celles qui touchaient directement un complexe à tonalité affective ou celles qui en suivaient directement un. Ces cas de troubles de mémoire représentent une tendance générale à refouler et oublier une impression désagréable. Dans le cas d’une femme hystérique de 23 ans, les bloccages amnésiques se sont étendus à de nombreuses réactions ultérieures et furent considérés comme amnésie hystérique. La méthode de reproduction pourrait être fort utile en criminologie et dans les cas où l’analyse est difficile. (7 références).

02-024- Psychanalyse et expériences d’associations

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 288-317).

L’utilité de l’expérience d’association en psychanalyse est illustrée dans un cas de névrose obsessionnelle. Le sujet, 37 ans, femme, célibataire, enseignante cultivée et intelligente, voulait, pour cause d’insomnies, essayer l’hyponose. Elle était très nerveuse et inquiète, souffrait de tics, et avouait avoir des idées obsessionnelles. Elle sentait que, par sa faute, une voisine, récemment décèdée, était morte sans les derniers sacrements et auparavent elle avait été hantée, des années durant, par la peur qu’un garçon dont elle avait été la gouvernante soit mort parce qu’elle l’avait occasionnellement battu. L’hypnose ayant échoué, on fit l’expérience des associations et de la reproduction. La moyenne des temps de réaction (2m.4s), très élevée pour une personne cultivée, dénonçait une forte émotivité. Les associations ont mis à jour un complexe érotique que la patiente renia. Peu à peu, cependant, elle révèla une obsession sexuelle refoulée qui remontait à un traumatisme sexuel de l’enfance. Les obssessions sexuelles refoulées avaient conduit à d’autres obsessions dans sa vie. Alors qu’après 3 semaines d’analyse freudienne, le sujet souffrait encore d’insomnies, elle annonça plusieurs mois après le traitement que toutes les idées obsessionnelles avaient disparu et qu’elle pouvait à présent dormir. On conclut qu’en facilitant et raccourcissant l’analyse freudienne, les associations verbales pouvaient être d’une aide efficace dans la reconnaissance de la nature du complexe, cause de la maladie. A partir du moment où les pensées réprimées sont libérées du refoulement, elles peuvent être éliminées par un effort de volonté. Les associations aident également la recherche scientifique sur l’origine et la structure des névroses psychogènes. (?) (7 références).

02-025- Le diagnostic psychologique d’une preuve

(1905) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 318-352).

Discussion sur le fait de diagnostiquer des cas de criminalité, via l’étude du comportement de camouflage d’un témoin, à l’aide de la méthode des associations. On rappelle l’évolution historique de la méthode et on décrit l’expérience.. Lorsque un stimulus verbal est émis, la réaction du sujet est déterminée par ses idées personnelles. Un ensemble conséquent d’idées à tonalité affective constitue un complexe que l’on peut repérer par le contenu de la réponse, l’allongement du temps de réaction et les fautes de mémoire lors de la répétition du test. L’application pratique en criminologie de la méthode des associations est démontrée à propos d’un jeune homme suspecté de vol. Trente-sept stimuli verbaux significatifs énoncés parmi 63 non marquants ont entraîné des réactions, temps de réaction et fautes de mémoire dans la reproduction, si suspects que l’examinateur accusa le jeune homme qui finit par avouer. Etant néammoins possible que le sujet ait réagi plus fortement que ne l’aurait fait un criminel endurci, une contre-expérience fut menée avec un sujet averti et un sujet non averti. Les résultats décevants, montrant aux points critiques et chez ces deux sujets des symptômes de complexe, ont révèlé la faiblesse fondamentale de l’expérience, à savoir la multitude de sens que pouvait porter un mot. On devait donc utiliser bien plus de 1OO mots inducteurs. Cependant, les réactions du jeune homme ont mis à jour plus de symptômes de complexe que celles des contrôles. Bien que la méthode des associations ne devrait être utilisée que par des experts, et avec prudence jusqu’à ce qu’elle soit améliorée, elle offre néammoins beaucoup de possibilités. (9 références).

02-026- Association, rêve et symptôme hystérique

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 353-407).

Les anomalies des associations de mots en hystérie sont illustrées par le cas d’une jeune fille de 24 ans, très agitée, frénétiquement apeurée, et se plaignant de sensations intolérables de chaleur dans la tête. Les symptômes dataient de ses premières menstruations à 15 ans et avaient remplacé une chorée survenue à 7 ans. Le sujet, physiquement en bonne santé et plutôt intelligente était la cadette d’un fratrie de cinq. Sa mère était complètement estropiée par une maladie osseuse. Le test d’association fut marqué par un nombre conséquent de fautes, des temps de réaction anormalement longs et des constellations complexuelles montrant qu’elle était dominée par un certain nombre de complexes, en particulier un complexe de maladie, un complexe sexuel, et un complexe scolaire. Etant donné que la psychanalyse avançait péniblement, on analysa les rêves de la patiente. Leur analyse confirma le complexe sexuel et, en l’associant aux bloccages révèlés par le test associatif, fit penser à un possible traumatisme sexuel de l’enfance. Ce complexe érotique comportait un certain attachement romantique au thérapeute, lié à un sentiment de rejet et de dénégation. La chorée enfantine fut diagnostiquée comme symptôme hystérique évitant de faire les devoirs et d’aller à l’école ; les sensations de chaleur étaient symptômatiques du complexe sexuel aggravé, dans le cas de la patiente, par la peur d’une maladie osseuse en cas de grossesse. Malgré une amélioration par le traitement, son état s’aggrava après sa sortie. Pour être efficace, le traitement de l’hystérie devrait renforcer ce qui reste du moi normal et se parachever en introduisant un nouveau complexe pour libérer le moi. (5 références).

02-027- Le sens psychopathologique du test d’association

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 408-425).

L’importance, pour la psychopathologie, du test d’association dans lequel le sujet dit ce qui lui vient immédiatement à l’esprit en réponse à un stimulus verbal, réside dans le fait que l’association représente une séquence nécessairement soumise à certaines normes. Malgré les objections fondées sur les principes de hasard et de libre-arbitre, les travaux de Kraepelin, Aschaffenburg et autres ont établi empiriquement certains modèles et lois. Les associations ont été divisées en associations internes, dans lesquelles le lien provient du sens des mots, et les associations externes dans lesquelles le lien provient d’une contingence extérieure. Dans les associations par consonnance, la réponse est un mot qui sonne comme le stimulus verbal. On a découvert que plus l’attention du sujet décroît, plus les associations externes et par consonnance augmentent. Cette loi est potentiellement importante pour comprendre les états psychopathologiques dans lesquels la capacité de concentration est souvent perturbée. Les associations sont déterminées par l’ensemble de la personnalité et du contexte. Les temps de réaction prolongés révèlent des complexes à tonalité affective, présents chez tous les sujets normaux, mais très forts en psychopathologie. Chez les hystériques, les temps de réactions critiques sont bien plus longs et les bloccages aux souvenirs plus forts que chez les sujets normaux. Deux simples exemples de la symptomatologie hystérique montrent que le patient hystérique souffre d’un désordre affectif qu’il n’a pas pu maîtriser et que son conscient ne peut supporter. Le même mécanisme est mis à jour dans la démence précoce bien qu’il y ait d’autres éléments dans cette maladie. (13 références).

02-028- Perturbations de la reproduction dans le test d’association

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 426-438).

Présentation de statistiques accompagnant un précédent article, inachevé ("Observations expérimentales sur la faculté mémorisatrice"), à propos des critiques répétes de la méthode de reproduction. Cet article soutenait que la plupart des erreurs concernant la reproduction des premières réponses à un test d’associations relevaient de complexes. Bien que cette défaillance de la mémoire ait été relevée dans nombre de cas, elle fut étudiée de près dans deux cas seulement où elle était particulièrement prononcée. Le matériel de 28 cas est hétérogène étant donné que seuls 3 sujets étaient normaux et les autres, névrosés et psychotiques. Les résultats étaient semblables à ceux de la 1ère étude. Une corrélation fut mise à jour entre la reproduction incorrecte et le temps de réaction prolongée lors de la 1ère association. Le trouble correspond en général directement à un temps de réaction long, mais dans quelques cas, il suit un temps de réaction prolongé. L’association mal reproduite laisse apparaître en moyenne deux fois plus de signes de complexes que la correcte ; y compris si cette réponse n’est pas habituelle, la réponse par deux mots ou plus, répétition ou incompréhension du mot inducteur, langue qui fourche, ou utilisation d’un mot étranger. Les caractéristiques du complexe ont tendance à se regrouper autour de certaines associations significatives. (3 références).

02-029- La méthode des associations

(1909) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 439-465).

Description de la méthode et discussion sur ses applications pratiques. Dans le test d’association, le sujet donne une réponse spontanée à chacun des 1OO mots pré-sélectionnés qui représentent un mélange des différentes composantes du langage et sont sélectionnés afin de toucher les complexes courants. Les raactions affectivement connotées se révèlent à travers des perturbations telles qu’un temps de réaction prolongé, défaut de réponse, réponses additives, répétition du mot inducteur et persévération. Les quatre principaux types d’association sont : 1) le type objectif, aux réactions non perturbées, 2) le type complexé, révèlant de nombreuses perturbations dues à la constellation des complexes, 3) le type à définitions, trouvé essentiellement parmi les gens bêtes, 4) les personnes de caractère affirmé chez lesquels se révèle en général un déficit de sentiment. Dans le test de reproduction, le mot inducteur est répété et le sujet est invité à se souvenir de ses réactions antérieures. Les oublis sont souvent causés par des mots qui font écho à un complexe à tonalité affective ou qui suivent immédiatement un mot sensible. L’application pratique de la méthode associative est illustrée par un cas où elle fut utilisée pour détecter une voleuse parmi 3 infirmières. Dans l’entretien de la coupable, le mot critique concernant le vol entraîna le temps de réaction le plus long, les caractéristiques de complexes les plus évidents, et la plus mauvaise reproduction.

02-030- La constellation familiale

(1909) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 466-479).

Afin de mettre à jour des théories sur la famille, le test d’associations fut appliqué à 24 familles totalisant 1OO personnes qui fournirent 22.OOO associations. Les associations se déroulèrent selon les critères linguistiques logiques et on trouva que : 1) les parents avaient tendance à s’accorder sur le type de réaction, 2) les types de réaction des enfants étaient plus proches de ceux de la mère que du père, 3)le mariage semblait modifier, plus chez les femmes que chez les hommes, le type de réaction. La similitude des associations dans une parenté est souvent remarquable, comme dans le cas d’une mère et sa fille où on s’aperçoit comment des émotions malsaines, compréhensibles et désormais inoffensives chez un parent, peuvent être transmises à un enfant et être dangereuses pour lui. Les influences les plus fortes sur l’enfant sont les états personnels inconscients des parents et des maîtres. D’autres cas montrent que des vies et des mariages fondés sur un attachement trop profond aux parents peuvent dégénérer en névroses et maintenir ainsi l’enfant dans une relation infantile. L’un des objectifs les plus importants de l’éducation devrait viser la libération de l’enfant en évolution de son attachement inconscient à son premier environnement afin qu’il puisse en retenir ce qui est valable et rejeter ce qui ne l’est pas. On n’en sait pas encore suffisamment sur les processus émotionnels de l’enfant ; l’accent est mis sur la nécessité de recherches supplémentaires.

02-031- A propos des rapports psychophysiologiques dans le test des associations

(1907) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 483-491).

Discussion sur le phénomène galvanique, présenté par le Dr Veraguth de Zurich sous l’appellation de "réflexe galvano-psycho- physiologique", et son utilisation pour valider les résultats du test d’associations. Avec un galvanomètre mesurant le courant induit dans le corps humain par une tension de deux volts, on découvrit qu’un stimulus appliqué au sujet augmentait le courant. Cette augmentation n’était pas liée au stimulus mais à l’intensité de la tonalité affective qui suivait, et elle n’apparaissait pas au moment du stimulus mais après une période de latence d’1m.6s. Veraguth en conclut que, dans cette expérience, les sentiments étaient objectivement représentés. Un appareil spécial peut enregistrer de longues courbes représentant les tonalités affectives suscitées par le test d’associations. Un exemple montre comment les tonalités affectives fortes liées à une association causaient des perturbations caractéristiques et régulières dans le processus d’association, mais la méthode d’interprétation de ces perturbations n’est pas encore scientifiquement au point. Le "réflexe galvano-psycho-physiologique" peut être un moyen pour aider à définir le complexe et sa tonalité affective. Des graphiques répercutant les oscillations durant deux tests d’association ont fourni des courbes précises qui montraient la correspondance entre de fortes tonalités affectives et les perturbations dans les réponses associatives. (2 références).

02-032- Investigations psychophysiologiques avec galvanomètre et pneumographe chez des sujets normaux et aliènés.

(1907) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 492-553).

Etude pour l’évaluation, 1)par les courbes galvaniques et pneumographiques enregistrées simultanément sur le sismographe, du "réflexe galvano-psychophysiologique" et 2) de la courbe respiratoire en fonction des modifications psychiques sous l’influence de stimuli sensoriels et psychiques divers ; précision des variations normales et pathologiques, comparaison des courbes. Les temps de réaction ont été également enregistrés. 4O séries de courbes ont été enregistrées sur 8 sujets normaux et 30 sur des cas de différents types de démence précoce. Chez les sujets normaux, on trouva que tout stimulus accompagné d’émotion déclenchait sur la courbe un pic directement proportionnel à l’intensité et la réalité de l’émotion. Les informations, concernant les cas normaux et pathologiques, recueillies sur le pneumographe n’étaient pas concluantes, mais il apparut qu’il y avait très peu de rapports entre les courbes galvaniques et pneumographiques sinon une relation inverse. Des rétentions de respiration étaient dues à l’attente et à la tension plutôt qu’aux émotions inconscientes fortement enregistrées par le galvanomètre. Les courbes galvaniques de patients atteints de démence précoce étaient soit très labiles, soit semblables à celles de sujets normaux. Certains réactions de patients catatoniques n’étaient presque pas enregistrées et leur temps de latence étaient nettement allongé. Chez les sujets normaux, les associations verbales proposées à 4 sujets seulement ont révèlé un rapport entre la longueur du temps de réaction et la hauteur de la courbe galvanique ; idem pour les reproductions déformées. Ce rapport laisse supposer que les temps de réaction longs et les reproductions déformées sont des phénomènes affectifs. Seuls 2 patients atteints de démence précoce ont pu être testés par les associations. Rien d’anormal dans leur courbe galvanique durant ce test mais tous deux ont montré des associations anormales, des temps de réactions plus longs, un nombre conséquent de constellation complexuelles et un nombre anormal de reproductions déformées. On en déduit que dans la démence précoce, le fonctionnement de la pensée n’est probablement pas pathologique mais que l’anormalité réside dans la réaction du patient à ces complexes. (16 références).

02-033- Poursuite des recherches sur le phénomène galvanique et la respiration chez des sujets normaux et aliènés.

(1907) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 554-580).

On administra une série de stimuli physiques et mentaux à 15 sujets normaux et à 61 patients souffrant de divers troubles mentaux afin d’en déterminer les effets sur le phénomène galvanique et la respiration. Les variations galvaniques étaient enregistrées par un galvanomètre mesurant le courant induit dans le corps humain par une tension de faible voltage ; la respiration était enregistrée par un pneumographe mais celui-ci ne put être utilisé chez un grand nombre de sujets anormaux. Ces expériences démontrèrent ceci : la réaction galvanique dépend de l’attention au stimulus et à la capacité d’associer celui-ci à des évènements antérieurs ; associations pouvant être conscientes mais en général inconscientes. Les réactions galvaniques étaient très variées selon les individus et, dans certaines limites, indépendantes de la résistance propre du corps. Dans ces expériences, les stimuli physiques entraînaient de plus grandes fluctuations galvaniques que les stimuli psychologiques, ceci peut-être lié au fait que les premiers précèdaient les autres. Les premiers stimuli causent en général des réactions plus fortes que les derniers : elles sont dues aux paramètres de tension et d’attente. Les réactions normales varient largement mais sont presque toujours plus fortes que les pathologiques. A cause d’une attention déficiente et de l’inhibition des associations, les réactions galvaniques sont faibles dans les cas de dépression et de stupeur ; elles sont pratiquement inexistantes dans les cas de démence précoce à cause du manque d’associations. Les réactions sont élevées dans les cas d’alcoolisme et dans le stade euphorique de paralysie générale (?). Quant aux mesures pneumographiques, on conclut que la moyenne respiratoire variait d’un individu à l’autre. Il y a en général une baisse d’amplitude de la respiration durant la courbe galvanique ascendante. Cependant cette baisse est fonction du sujet et est sans relation avec la hauteur de la courbe galvanique. Dans les cas de démence où les réactions galvaniques sont absentes, il y des variations de rspiration mais elles sont très légères. (1 référence).

02-034- Détails statistiques à propos d’un enrôlement.

(1906) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 583-585).

L’étude de l’enrôlement de recrues suisses révèla un pourcentage élevé d’handicapés affectifs ou mentaux ou de toute façon inaptes au service militaire. En fait moins de la moitié furent considérés aptes. Sur 506 hommes visités, 47 (9,2%) hommes, principalement de milieu rural, étaient manifestement débiles. On constata un plus grand nombre encore d’alcooliques parmi les recrues physiquement inaptes. Sur 78 hommes entre 20 et 30 ans, 10 (12,9%) furent renvoyés pour alcoolisme chronique alors que ce genre de cas est généralement classé sous différents euphémismes médicaux. Une comparaison entre les lieux d’origine a révèlé que les déficients mentaux et affectifs, les alcooliques et autres recrues diversee, victimes de troubles de la personnalité, venaient en majorité plutôt de milieux ruraux et non de localités urbaines.

02-035- Nouveaux aspects de la psychologie criminelle : contribution à la méthode utilisée pour le diagnostic psychologique de la preuve.

(1908) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 586-596).

On examine l’application possible du test des associations pour le diagnostic psychologique d’un crime. Un cas d’étude montre comment un coupable peut être identifié, parmi d’autres suspects, à partir d’éléments réactionnels à des stimuli verbaux sensibles qui révèlent l’influence d’un complexe à tonalité affective. Ces caractéristiques comprennent : un temps de réaction prolongé au stimilus critique ou à celui qui le suit immédiatement ; une réaction non habituelle par un ou deux mots ; une répétition du mot inducteur ; un défaut de réaction, lapsus, etc. La mesure des variation de la résistance du corps au courant galvanique a procuré un support expérimental à l’identification de ces déviations en tant que caractèristiques d’un complexe. Le test ne prouve pas la culpabilité mais peut indiquer la voie d’une future procèdure d’investigation. L’analyse d’un cas où 3 infirmières étaient suspectées de vol a démontré l’usage positif du test d’association : la coupable fut identifiée à partir de ses réactions aux mots inducteurs sensibles : réactions longues, nombreuses caractéristiques de complexe et reproductions incorrectes. ( 4 références).

02-036- Utilisation de la méthode d’investigation psychologique à la clinique psychiatrique de l’université de Zurich.

(1910) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 597).

Dans ses grandes lignes, le test utilisé dans cette clinique consistait en ceci : 1) rapidité de la perceptionn : court passage de simples images ; 2) travail sur du matériel psychologique et fidélité de la reproduction : répéter 3 récits, le 1er contenant deux situations similaires simples mais différant sur une nuance importante, pareillement pour les deux autres, mais en plus compliqué pour le second et contenant toute une série de situations similaires dans le 3è. 3) Fatigabilité de la volonté : méthode de reconnaissance de Kraepelin ; 4) Contenus émotionnellement chargé (complexes) : méthode d’association de Jung ; 5) Mécanismes psychogènes et symptômes : méthode analytique de Freud.

02-037- Sur la doctrine des complexes.

(1913) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 598-604).

Résumé des approches théoriques des névroses et de la démence précoce élaborées à partir des résultats du test d’associations. Lorsqu’un sujet donne une réponse à chacune des séries de mots inducteurs, il arrive qu’il y ait des réactions retardées, et d’autres perturbations telles que lapsus, répétition du mot inducteur, etc qui révèlent une excitation émotionnelle. Ces perturbations renvoient souvent à un contenu personnel douloureux appelé complexe. Un complexe pathogène, généralement psycho-sexuel, est à la base des névroses. Le test d’associations et la méthode de reproduction, au cours de laquelle les oublis apparaissent souvent là où interviennent les complexes, sont utiles pour un diagnostic. Les associations sur les complexes sont soit d’une stabilité obsessionnelle, soit oubliées totalement. Le complexe psychogène est autonome ; possèdant toutes les caractéristiques d’un personnalité distincte et agissant contrairement à la volonté consciente, il peut remplacer temporairement le moi. Les symptômes hystériques naissent de ce conflit. En dépit des objections de certains cercles, la démence précoce est également définie comme une maladie du complexe. Dans l’hystérie, il y aen général une adaptation continuelle à l’environnement, mais dans la démence précoce, les complexes sont figés. Cependant, le processus n’est pas arrêté mais continue sous forme imaginaire. On cite de précédents ouvrages sur ces thèmes.

02-038- Sur le diagnostic psychologique de la preuve : expérience menée au procès de Naf.

(1937) In Jung, Collected Works of C. G. Jung, Vol.2, Princeton University Press, 1973. 649 p. (p. 605-614).

Détection d’un éventuel complexe de culpabilité ou d’innocence par le test de la preuve appliqué à un sujet accusé de crime. Au cours de plus de 3 heures d’un test d’association, le sujet a reçu 407 mots inducteurs, dont 271 neutres, 96 liés à la preuve et 4O relatifs à des mots personnellemnt et affectivement sensibles, choisis en vue de déterminer son camouflage émotionnel. Les mots sensibles ont déclenché des perturbations : temps de réaction prolongé, répétition du mot inducteur, défaut de réponse, lapsus, persévération, mauvaise reproduction etc. Dans le cas présent, les mots clés touchant à la preuve donnèrent des temps de réaction plus longs, des troubles de mémoire, et 4 fois plus de manifestations complexuelles qu’avec les stimuli neutres. Lorsqu’un sujet sait qu’il est coupable, il est normal qu’il réagisse aux mots sensibles, mais un innocent ne réagira pas aussi violemment à certains mots précis. Ici, le sujet a réagi plus fortement aux mots plus précisément liés à la preuve qu’à ceux plus généraux. Selon l’expert, les réactions du sujet n’étaient pas celles d’un innocent, mais l’appréciation fut laissée au juge quant à décider si ces signes révèlaient une conscience coupable.